Sang, sueur et sexe [Twilight]

Sang, sueur et sexe – Cartes sur table 3/9

Aujourd’hui c’était mercredi. J’avais à peine deux heures d’histoire et une de langue étrangère et ce serait tout pour moi.

Malgré ça, je réussis à arriver presque en retard. Je courus comme une dingue, m’asseyant in extremis alors que résonnait la cloche du début de cours. J’avais sauté sur la première chaise disponible, sans me soucier de la personne avec qui je devrais partager le pupitre.

Le souffle court, j’entrepris de remettre à leur place mes cheveux tout en essayant de trouver un endroit où poser mon casque. Heureusement pour moi, j’avais pris mes affaires d’histoire la veille.

-Bien, maintenant que tout le monde est là, commença la professeure, je vais peut-être pouvoir débuter mon cours ?!

Cette femme, je la classai directement dans la catégorie « peau de vache ». J’écoutai distraitement la leçon, ma main prenant des notes toute seule, chantonnant mentalement.

C’est fou ce que deux heures peuvent s’écouler lentement quand on s’em*****…

La dernière heure fut rapidement expédiée et je pus rentrer bien tranquillement chez moi. Il me restait encore au moins une heure à tuer, étant donné que j’avais décidé de manger dehors avec un ami. Et quand je parle de dehors, je parle du monde magique.

Je décidai de m’occuper du ménage. Un ménage rapide, bien évidemment. Je n’avais pas non plus assez de temps pour tout nettoyer et me préparer après. J’optai alors pour ouvrir mes derniers cartons, le plus simple, quoi… Il me fallait faire de la place dans mon futur dressing, de toutes façons. Rosalie et Alice semblent aussi fana de shopping que moi, et il me fallait vraiment des fringues. Et beaucoup. Je n’avais plus que le minimum vital vestimentaire pour paraître agréable à l’œil… Et encore.

Je me mis donc à la tâche, cherchant à faire durer l’activité pour ne pas à être désœuvrée encore un moment. Heureusement, je n’eus pas à faire semblant longtemps, tant c’était prenant. Lorsque l’heure que je m’étais fixée vint, je filai sous la douche et me préparai avec soin, ne négligeant aucun détail. Bien que Jesse soit mon meilleur ami, je devais être à la hauteur de ma réputation. C’est pour cette raison que j’arrivai au lieu de rendez-vous pile à l’heure, lui m’attendant déjà.

-Hey Jesse ! Le saluai-je avant de lui faire la bise.

-Ah ! Salut ma belle ! Ça faisait longtemps qu’on s’était pas vu !

-Hé hé hé ! Gloussai-je. C’est pour ça l’invitation mon vieux !

Il me prit par le bras et nous nous promenâmes tranquillement jusqu’au restaurant où j’avais réservé.

Jesse, ou plutôt Joachim Esteban Septimus, était un garçon que je connaissais depuis mon enfance, nos mères étant voisines. Nous avions grandi ensemble, jusqu’à ce qu’il parte à la recherche de son âme-sœur.

-Et avec Lilia, tout se passe bien ?

-Je vais être papa, m’annonça-t-il avec son plus large sourire.

-Ah bah enfin ! Je me demandais ce que vous faisiez ensemble à la fin, moi ! Félicitations !

Il me donna une -gentille- tape sur la tête.

-Et ton respect envers les aînés, d’abord ?

-J’suis née avant toi triple idiot ! Et on ne frappe pas les filles !

-Et de ton côté, pour la recherche de tes compagnons ?!

Je haussai les épaules sans rien répondre.

Le déjeuner se déroula sans heurt et s’acheva de la même manière. Ayant fait part à Jesse de mon besoin d’en savoir plus sur les Cullen, on se dirigea tous deux vers la bibliothèque où nos recherches pourraient se faire en toute légalité. On avait ce point commun de la curiosité, et je savais toujours trouver les mots justes pour l’attirer à moi.

Il nous fut très rapide de trouver les informations correspondantes. Preuve que c’était bien des créatures magiques, sinon on n’aurait rien trouvé.

Mais je vais vous parler un peu plus de cette bibliothèque, parce que vous devez sûrement vous poser des questions dessus. Ce n’était pas une bibliothèque de livres à proprement parler, c’était une bibliothèque généalogique. En fait, toutes les familles apparentées à une créature magique et les familles de ces dernières y étaient suivies. Ainsi, l’arbre généalogique des Ithil y figurait en bonne place. Et il me suffisait de réclamer le livre correspondant à la biographie de mon ancêtre pour en savoir plus sur lui. Évidemment, les créatures ayant des vies à rallonge (comme certains garous) possèdaient plusieurs noms dans leur vie, et ceux-ci étaient rajoutés au fur et à mesure.

-Hey, ma petite lune, viens voir, je les ai trouvés tes amis !

Je rejoignis Jesse qui disparaissait derrière quelques ouvrages. Qui auraient cru que tant de Cullen et de Hale coexistaient avec diverses races ? Me penchant par-dessus son épaule, je lus la ligne qu’il me montrait.

-Les Cullen sont donc des…


-Vous êtes des vampires végétariens ?

On était samedi, je n’avais pas vu les Cullen ces derniers jours à cause de quelques rayons de soleil. Résultat, je ne pus faire mon coup d’éclat que avec Alice et Rosalie, elles deux à l’avant et moi derrière. Leur surprise fut telle que la voiture fit une embardée soudaine avant de s’arrêter brutalement. Rosalie tourna la tête vers moi, plissant les yeux, alors que Alice semblait effrayée.

-Je ne vous veux aucun mal. Entre créatures magiques on se serre les coudes. Surtout entre créatures de la nuit. De plus, par mon statut, vous n’aurez aucun compte à rendre avec les Volturi.

J’avais pu mûrement réfléchir à tout cela depuis la découverte de leur statut.

-Tu es une créature magique ? Répéta Rosalie en plissant un peu plus les yeux.

Je me fis la réflexion que si elle était humaine, elle finirait ridée. C’est dingue les remarques stupides qu’on peut se faire parfois…

-Bien sûr.

-À qui tu as dit pour notre… Statut ? Demanda Alice alors que Rosalie redémarrait.

-Seul mon meilleur ami est au courant. C’est une créature magique lui aussi.

-Et comment l’as-tu deviné ?

J’écarquillai les yeux sous la surprise. Je n’avais rien deviné du tout. En tant que être magique, il m’était plus facile de reconnaître ceux ayant un statut différant des humains. Alors, pourquoi n’avait-elle rien remarqué ? Je croisai le regard ocre de Alice. Il transpirait la sincérité. Elle ne savait vraiment pas. Je soupirai et m’installai plus confortablement.

-Je l’ai lu. Vous avez un chef de famille, j’imagine ?

Je savais qui remplissait ce rôle, mais c’était une manière de les rasséréner un peu.

-Bien sûr.

-J’aurais besoin de lui parler… C’est possible ?

Elles se contentèrent de hocher la tête. Pressentant que l’atmosphère deviendrait de plus en plus lourde, je décidai de changer de sujet.

-Sinon, vous m’emmenez où ?

Ce fut Alice qui me répondit.

-À Port Angeles, il n’y a aucun magasin à Forks.

-Ah d’accord, merci !

Que faire, que faire, que faire ?

-Sinon, vous vivez depuis combien de temps dans le coin ?

-Depuis quelques années… Trois, tout au plus, me sourit Alice.

-Vous savez, vous pouvez me poser des questions sur moi, si vous voulez… Je pense que j’en aurais ma part lorsque je rencontrerai votre chef de famille, alors une de plus ou de moins… Soupirai-je en haussant les épaules et en me rencognant un peu plus dans le siège.

Alice sembla frétiller sur place d’un coup et Rosalie se mît à sourire doucement. Je pouvais sentir comme des sueurs froides parcourir mon échine. Oh oh…

-Pourquoi tu as choisi Forks comme destination ?

-Alice, Carlisle risque de le lui demander. Quel genre de vêtements préfères-tu ?

Je remerciai la vampire blonde du regard. Je n’étais pas vraiment prête à parler de cette quête dans laquelle je m’étais lancée corps et âme. Surtout corps.

-Les plus indécents possibles, ronronnai-je, tout en restant éloignée du vulgaire… Décolletés, fentes, volants, tissus moulants… La totale, quoi !

-Wah ! Eh bien on risque de trouver ce qu’il te faut ! Tu es sûre de vouloir être aussi peu couverte avec ce temps froid ? En plus tu risques d’être le point de mire de la plupart des garçons du lycée… Fit remarquer Rosalie en me regardant.

Son regard pétillait de malice. L’idée ne semblait pas lui déplaire. Mademoiselle serait-elle une dominatrice, comme moi ?

-C’est exactement ce qui me plait, répondis-je en souriant un peu plus, découvrant ainsi le bout de mes canines plus tranchantes que la normale.

Le trajet se poursuivit sur cette note assez joyeuse. Nous échangions nos avis sur les derniers potins, n’épargnant rien ni personne, comparant des tenues…

La séance shopping se déroula avec un certain plaisir. Combien de couples se promenaient dans le coin, comblant ainsi quelque peu ma faim ? Suffisamment pour me rassasier un peu en tout cas. On fit le tour de tous les magasins, même ceux dont on n’avait aucune utilité. Alice avait retrouvé encore plus de vigueur lorsque je lui avais avoué être pourvue d’un budget quasi illimité pour ce style d’achats. Après tout, j’étais une créature pour laquelle tout se jouait sur les apparences, quand les pouvoirs ne rentraient pas en compte, bien évidemment. Passant chez l’apothicaire, je me fis le plaisir de partager mes connaissances sur certaines plantes. Qui aurait cru que de si innocentes herbes pouvaient rendre un homme complètement fou de désir ? Moi, bien sûr. Ainsi qu’une quantité incroyable de ceux de ma race et de celle de Jesse. Je crois que ces petites informations ont étonnamment intéressé Rosalie qui semblait prête à prendre des notes.

Lorsque les innombrables sacs furent chargés dans la voiture de Rosalie, je soupirai un coup et m’affalai sur la banquette arrière. J’étais assez crevée par cette journée. Je ne rêvais plus que de mon lit lorsque j’entendis la proposition de notre pixie hématophage :

-Ce soir, tu dors à la maison ! Carlisle veut bien te rencontrer, et ce sera plus pratique pour aller au centre commercial demain !

En fait de proposition, mon avis n’était même pas réclamé. Je soupirai en toute réponse et me calai un peu mieux. Je ne pouvais rien répondre, toute objection pouvant aisément être contrée.

-On fait un crochet par chez toi, rassures-toi ! On va en profiter pour récupérer Roméo qui roucoule chez Juliette tandis que le Comte Capulet a les yeux fixés sur le même match que mon idiot de mar… petit-ami.

-Merci et j’avais bien deviné que vous étiez mariés, avant même de vous savoir vampire, tu sais…

-Comment tu fais ça ?

-Je suis sensible à certaines « auras », si on peut dire. Les vôtres se mêlent ensemble, preuve de relations sexuelles, et sont de la même couleur, à quelques tons près.

-Wahoo… S’exclama Alice.

-Comme tu dis !


-Bon, j’imagine que vous voulez rentrer ? Leur demandai-je innocemment.

Alice trépignait sur place alors que Rosalie maltraitait le volant. Toutes deux avaient le regard fixé sur ma demeure. Je refoulai discrètement l’éclat de rire qui menaçait de sortir. Ça aurait fait tache, je crois bien… Non ?!

Elles m’aidèrent à transporter mes achats dans ce qui allait devenir une penderie digne de ce nom. Je les laissai errer où bon leur semblait, voyant à quel point elles avaient du mal à contenir leur impatience.

Une fois seule et bien seule, je fis un rapide tri entre les vêtements, les chaussures, les accessoires et le reste. Rangeant tout vite fait dans aux bons emplacements, j’en profitai pour préparer un sac pour cette nuit et le lendemain. Je n’avais pas de souci à me faire pour le dîner, Rosalie m’ayant assurée du bon plaisir de Esmée pour me le faire.

Je m’installai dans mon canapé préféré pour pouvoir mieux patienter. Vu comment c’était parti, même en vitesse vampirique elles prendraient une bonne heure !

Je soupirai d’aise en m’affalant un peu plus et soufflai sur la tasse brûlante que je tenais entre mes mains. Un bon chocolat chaud, il n’y a rien de meilleur ! Saviez-vous d’ailleurs que le cacao fait produire une hormone nommée endorphine qui vous fait vous sentir comme quand vous êtes amoureuse ? Le chocolat est donc un élément plus qu’indispensable à ma race. Non sans oublier ses vertus aphrodisiaques ni toutes les formes sous laquelle on peut le trouver !

-J’adore ta maison ! S’écria notre lutin.

-Moi aussi je l’adore, riai-je. C’est pour cela que j’y vis, d’ailleurs…

-Elle est parfaite en tout point, mais il lui manque quelques meubles des plus essentiels !

-Ah bon ? Et lesquels ? M’intéressai-je.

J’étais pourtant persuadée d’avoir au moins le nécessaire…

-Une coiffeuse ! Énonça-t-elle joyeusement.

J’éclatai de rire suite à cette phrase.

-Effectivement, vu sous cet angle ! Mais je te rassure de suite, Alice, la coiffeuse arrive bientôt, il y a eu quelques retards dans la livraison, rien de plus !

-Une vraie coiffeuse vraie de vraie ? Me demanda-t-elle, toute excitée.

-Oui, une digne de ce nom, pas une de ces camelotes dont s’entichent les mortels.

Rosalie sourit en entendant cela. Toutes les deux avaient connu les coiffeuses comme il fallait, et elles étaient souvent déçues des pâles copies humaines.

-Comment as-tu fait pour en trouver une ? Demanda Rosalie.

-Les Elfes sont très habiles de leurs mains. Et les Alfes noirs font fureur dans mon monde, heureusement que l’une de mes amies est apparentée à un représentant de cette race, ça m’a permis de passer comme quasi prioritaire. Les Alfes et les Elfes -surtout les Elfes, en fait- ne sont pas sensibles à nos charmes. Ce qui est bien dommage… Soupirai-je.

-Wahoo… Murmura Alice, des étoiles plein les yeux. Tu nous y emmèneras un jour, dis ?

-Bien sûr, répondis-je, quand vous voulez ! Par contre, seuls les être magiques peuvent y accéder. Donc vous ne pouvez pas inviter un mortel…

-Pourquoi aurait-on envie de se coltiner un crétin d’humain ? Grogna Rosalie.

-Tu n’as pas l’air de beaucoup les apprécier, notai-je.

-C’est le cas.

-Donc, Bella ne pourra pas nous accompagner ? Fit Alice d’une voix triste.

-Exactement. Étant donné son statut 100% mortel, elle est dans l’impossibilité de s’y rendre.

Rosalie haussa les épaules, pas affectée pour un sou, tandis que Alice soupirait. Choquant ma tasse sur le rebord de la table en verre, je me relevai.

-Bon, maintenant que la visite de mon chez-moi est achevée, on peut peut-être y aller, non ? L’heure tourne, et si pour vous le sommeil est inutile, le mien me reste salvateur.

-C’est parti ! S’exclama Alice en partant la première.

Rosalie la suivit alors que j’allai poser la tasse dans la cuisine avant de m’emparer de mon blouson et de fermer la porte à clé.

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