Un frisson me parcourut l’échine. Pour la première fois, depuis la maladie d’Horo, je déployai mes ailes. J’étais devant un miroir. J’entrouvris les yeux et un cri m’échappa. Je tombai à genoux, et pleurai à chaudes larmes. J’entendis un bruit de course. La porte s’ouvrit, et mes compagnons entrèrent.
Le miroir me les montra stupéfait. Carrément horrifié pour le cas de Ren. Je croisai mes bras sur ma poitrine et posai les mains sur mes épaules. Comme pour me protéger de la vérité ou de mon reflet.
Mes ailes de plumes blanches avaient laissé place pour des membranes noires sur lesquelles tranchaient des motifs de flamme ou de feu couleurs rouge et jaune.
Je baissai la tête. Horo se laissa tomber à mes côtés et passa son bras sur mes épaules.
-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-Ça n’a rien à voir avec la mue, n’est-ce pas ?
-Oui. C’est… c’est une prophétie, une malédiction…
-Comment cela ?
-A ma naissance, les étoiles dévoilèrent une prophétie, à mon sujet, à ma famille.
-Tu… tu sais lire les étoiles ?
-Bien sûr ! C’est facile.
-Que disait cette prophétie ?
-En gros, quand le « mal » me séduira je perdrai ce qui fait de moi un ange. C’est aux ailes que je serais touchée et qu’à jamais je serais damnée.
-Le mâle ? Un homme ?
-Non, le mal. Le mauvais. Mais c’est plus ou moins la même chose.
-Pourquoi ?
-Parce que le mal sera personnifié. Et pour me séduire, ce sera un homme.
-Tes parents n’ont rien fait ?
-Si. Ils m’ont élevé dans la crainte du contact qui n’est pas animal et dans l’absence de plaisir. Et aussi de n’avoir confiance qu’en moi seule.
-Moi qui croyais que j’étais seul !
-Ça n’a pas fonctionné, n’est-ce pas ?
-En effet.
-Mais, si le mal t’a séduis, qui est-ce ?
-Ça, c’est personnel, par contre.
-Yoh ! Comment peux-tu oser poser une telle question à une jeune fille !
-Ça va, Ryo ! Je sais me débrouiller toute seule…
-Bien Kyoko-sama.
Je levais les yeux vers le plafond. Ce garçon était vraiment un cas… Puis je remarquai que mon ami aux cheveux bleus ne m’avait pas lâché. C’était encore pire, j’étais à demie allongée sur lui. Moi qui avais tant fuie le contact humain, je me laissai faire.
De toute façon, la prophétie s’était réalisée… Trop tard pour reculer… Puis je pensai à Hao. Il n’était pas au courant de la prophétie ! Pire, encore, Hao adorait mes ailes et le soyeux de mes plumes.
Sans le vouloir, les larmes me revinrent.
Horo me serra plus fort dans ses bras. Je fis disparaître ces odieuses membranes qui paraient mon dos. L’Aïnou peigna mes cheveux. Ce geste redoubla mes pleurs. Alors il me tapota, maladroitement, le dos et je me calmai. Je frottai mes yeux rougis et le lâchai.
-Je vais faire un tour.
-Seule ?
-Non, j’emmène mon oreiller !
-C’est vrai ?
-Non. Crétin.
-Je la note celle-là !
PDV NORMAL
Kyoko se leva et aida Horo à faire de même. Elle tira ses cheveux en arrière et les laissa retomber sur son épaule droite. Tous étaient redescendus. Kyoko alla se promener pour se calmer. En revenant, elle avait pris une décision : parler à Hao de tout ça.
Elle remonta dans la chambre et ouvrit en grand la petite fenêtre. Elle s’y accouda et ferma les yeux, usant du diadème et de ses pouvoirs télépathiques. Rien. Elle réessaya mais n’eut pas plus de chance. La jeune fille vérifia qu’elle n’était pas surveillée, puis finit par sortir la petite coquille d’argent massif. En l’ouvrant, la bulle n’était pas là, mais elle entendit comme un bruit de ressac.
PDV KYOKO
Je suivis ce drôle de bruit, qui m’amena devant une porte de chambre. Je refermai et rouvris la coquille pour vérifier. Oui, pas de doute, cela correspondait. J’ouvris d’un coup la porte.
Hao était dans un futon et semblait malade. Je m’agenouillai à ses côtés et posai ma main sur son front. Il était brûlant. À la fraicheur de ma main, il tourna la tête vers moi et ouvrit des yeux fiévreux. Il sourit un peu et se rendormit.
Aucun doute : même grippe qu’Horo-kun. Je courus demander de la glace en cuisine. Ils n’en avaient pas. J’attrapai Corée et la suppliai de m’en faire. Elle accepta.
Je renforçai un peu la résistance du glaçon pour faire durer la consistance de glaçon. Je plaçai directement le bloc de glace sur le front moite du brun.
Il faisait peine à voir ! Ses cheveux étaient sales et collaient à ses tempes, son corps poissait et il sentait mauvais.
Je partis chercher un seau et une carafe d’eau. Ainsi qu’un verre et un gant.
Mais en revenant dans sa chambre, il n’était plus seul : sa bande l’avait rejoint. Je ne cillai pas et remontai la tête de leur chef pour lui faire avaler une gorgée d’eau. Il était assoiffé. Il finit son verre d’eau.
Je plongeai le gant dans le seau et passai l’eau fraîche sur son corps brûlant. Son visage, ses bras, son torse… Ce qui pouvait être accessible.
À l’heure du repas, je lui fis boire une soupe miso et partis manger et me coucher.
Durant deux jours, je livrai des « soins intensifs » au malade. Je ne le quittai guère et dormais, en boule, à ses côtés. Son groupe n’avait rien à redire et me laissai faire. La petite africaine me donnait des petits coups de main, parfois. Hao commençait à émerger. Sa fièvre était quasi-nulle.
Le troisième jour, il était guéri.
PDV NORMAL
Le grand brun étendu ouvrit les yeux et papillonna des yeux.
-Kyoko ?
-Oui ?
-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-Je ne sais pas. Je ne te soigne que depuis 2 jours.
-Qui me soignait avant ?
Silence. Personne n’osa regarder leur chef menaçant.
-Personne ?
-Hao.
Il se tourna vers la jeune fille aux cheveux noirs.
-Tu avais une maladie bizarre qui nécessite du savoir-faire. J’ai pu te soigner car j’avais déjà soigné ce type il y a peu.
-D’accord.
Le garçon aux yeux marrons foncés se leva et chancela un peu. Kyoko le rattrapa avant qu’il ne retombe.
-Qu’est-ce que tu comptes faire ?
-J’ai besoin de faire un tour.
-Appuie-toi sur moi, alors. Mais avant, va prendre une douche, par pitié !
Hao grommela et, aidé par son amie, alla se doucher.
En sortant de la pièce d’eau, Hao remarqua que son amie l’attendait.
PDV HAO
Je finis de sécher les cheveux en sortant, accompagné de la vapeur d’eau. Une main s’empara de la serviette et s’occupa de me sécher les cheveux. Je levai les yeux vers elle.
-Sortons.
-Oui.
Toujours docile, mais capable de me tenir tête au cas où.
Celle qui se tient devant moi, elle est à moi, et je l’aime.
Elle me tenait par le bras.
-Tu n’as pas l’air de bien aller…
-J’ai des choses importantes à te dire. Mais nous devons être seul.
-Tu me fais peur…
-Ne t’inquiète pas ! Tiens, là ! C’est parfait !
Elle me montra du doigt un coin de prairie verte avec des arbres. On s’assit à terre et elle regarda le sol.
-Je t’écoute.
Elle inspira.
PDV KYOKO
J’observe mes pieds, tripote mes mains : je suis nerveuse, il le sait.
-Est-ce que je t’ai parlé de la prophétie des étoiles ?
-Pas que je sache…
-À ma naissance, les étoiles ont annoncé une mauvaise nouvelle…
-Laquelle ?
-Quand le mal me séduira, mon angélisme je perdrai, aux ailes je serai touchée, à jamais, je serai damnée.
-Pa… pardon ?
-Regarde par toi-même !
Je déployai ce qui me servaient d’ailes. Des larmes coulèrent le long de mon nez.
PDV HAO
Mon Dieu ! Ces ailes que j’aimais tant !
Je remarquai alors qu’elle pleurait. De mon pouce, j’essuyai ces perles égarées.
-Pourquoi tu pleures ?
-Tu les aimais tant !
-Celle-ci aussi. Elles montrent mon appartenance !
-Tu… tu les aimes ?
-Bien sûr !
-Tu ne les regrettes pas ?
-Si, bien sûr, mais, on ne peut plus rien faire, non ?
-Mmh…
-Avais-tu autre chose à dire ?
-Oui.
Elle fit disparaître ses ailes et la serrai dans mes bras.
-Hao…
-Oui ?
-Je… je suis…
-Tu es ?
Mon cœur se mit à battre. Fort. Je lui serrai les mains. Des larmes « éclataient » sur nos doigts joints.
-Je suis enceinte.
Explosion de bonheur !
Je la pris par le cou et la serrai. Je l’embrassai. Passionnément.
-Je n’ai jamais été aussi heureux !
-C’est vrai ?
-Pourquoi je te mentirai ? Je t’aime ! Tu m’offres la plus belle chose au monde !
-C’est un garçon.
PDV NORMAL
Hao pleura, lui aussi, de bonheur. Tout lui arrivait en bonne nouvelle.
-Oh ! Kyoko ! Je n’ai jamais été aussi heureux de toutes mes vies !
-Tu… tu veux le garder ?
-Pourquoi je ne le garderai pas ? Un fils ! C’est une bonne chose !
-Oh ! Hao ! Je t’aime ! J’avais tellement peur de ta réaction !
-Es-tu rassurée maintenant ?
-Oui.
-Rentrons. Sauf si tu as quelque chose d’autres à me dire ?
-Non. J’ai tout dit.
-Alors, rentrons.
Ils se levèrent et Hao prit Kyoko dans ses bras. Ils rentrèrent, tout en parlant.
-Quand partiras-tu ?
-Demain, normalement. Et toi ?
-Je ne sais pas encore.
-Disons-nous au revoir maintenant, alors.
Ils s’embrassèrent. Kyoko entra dans sa chambre et s’y enferma, tandis que Hao rejoignait son groupe.
PDV KYOKO
Je referme la porte derrière et m’écroulai dans mon futon. À demie endormie, je sentis une paire de bras me serrer et une respiration me chatouiller l’oreille.
Je sombrai dans le sommeil le plus total.
Au réveil, je reconnu le visage d’un certain shaman du nord. Ses yeux étaient ouverts, mais je le trouvais tout de même un peu trop près de moi. Je remarquai que j’étais prise dans un étau au niveau de la taille.
En voulant le desserrer, je compris que c’était les bras du garçon aux cheveux bleus. Je réussis à sortir de cette étreinte et de mon futon. J’allai me laver, le cerveau encore pris dans les brumes du sommeil. Après la douche, j’entrai dans la chambre et me changeai. Je descendis manger avec les garçons. Je me servis de lait et allai m’emparer d’une délicieuse tartine de beurre qu’une main obtura la vue.
-Qui c’est ?
La voix était nasillarde, donc contre-faite.
-Chocolove.
-J’y suis pour rien.
-Yoh !
-Non plus !
-Euh… Ryo.
-Je n’aurais pas osé Kyoko-senseï.
-Ren ?
-Pas que ça à faire !
-Amidamaru ?
-Aucun des esprits n’oseraient faire ça.
-Ben je vois pas alors !
Je souriai en entendant les ricanements des autres.
-Ça commence par un h.
-Hao !
-Raté !
-Bon, bah… Horo, alors !
Il grommela et me rendit la vue. Je mordis avec plaisir dans le pain beurré.
-Pourquoi t’as parlé d’Hao ?
-Pour embêter Horo.
Heureusement qu’ils ne posèrent plus de questions. J’avais réellement espéré que c’était Hao. Je tournai la tête à gauche.
-Ça va faire une dizaine de minutes que tu me fixes.
-…
-Y’a un problème ?
-T’as du beurre.
Avec son pouce, il ôta le morceau de beurre. Je retournai à mon petit-déjeuner.
-Merci.
-De rien.
Il avait rougit et piqué du nez dans son bol. Yoh et Choco, en face, se donnaient des coups de coude. Je levai les yeux vers le ciel.
-Tu t’en vas ?
-J’ai fini de manger.
Je remontai à l’étage.
PDV HORO
Je la suivis des yeux alors qu’elle gravissait les marches de son pas un peu sautillant.
-Elle est plus là, tu sais ?
-Hm…
-Horo ! Elle a disparu des escaliers ! Plus besoin de les regarder avec cet air imbécile qui te va si bien et cette bouche ouverte !
-Hein ?
Je me tournai vers eux. Ren était rouge d’avoir hurlé. Yoh et les autres tentaient de se faire oublier derrière les bols.
-Un problème, roi de pique ?
-T’as l’air d’un abruti, cheveux bleus !
-Euh… les gars ?
-Quoi ?
Yoh se recroquevilla encore plus sur sa chaise, sous l’union de nos voix.
-Elle peut vous entendre.
-…
-Euh, sinon, t’as bien dormi Ryo ?
-Choco bouge dans son sommeil.
-Et toi Choco ?
-Ryo ronfle.
-Menteur.
-Euh, et toi Ren ?
-Oui, merci. Je t’ai à peine entendu quand tu t’es mis à ronfler.
-Merci. Et toi Horo ?
Je regardai la fenêtre et cru apercevoir tomber une plume blanche. Mais une colombe qui s’envola me fit comprendre son appartenance.
-Horo ?
-Quoi ?
-Tu as bien dormi ?
-Mmh… Kyoko s’est mise à parler.
-Elle parle en dormant ?
-C’est pas la première fois, pourtant.
-Quand on dort dehors, elle parle pas.
-Elle dort pas, non plus.
-Euh… ah ouais. Logique.
-Elle disait quoi ?
-… « Maudite », « étoiles », « prophétie », « je t’aime », « Hao », « Horo », « toi »…
-…
-Et tous nos prénoms. En fait, elle parle pas vraiment, seulement des mots.
-Elle a dit Hao ?
-Bah… ouais.
-T’es sûr ?
-Euh…
-Je me demande bien pourquoi !
-T’as qu’à lui demander.
-Et lui avouer qu’on l’écoute !
-Vous vous intéressez beaucoup à cette jeune fille, on dirait, maître Yoh.
Amidamaru venait de parler.
-Je me demande juste pourquoi elle a prononcé le nom de mon frère…
-Vous savez où elle était durant les deux derniers jours ?
-Elle soignait quelqu’un, si j’ai bien compris…
-Tu sais pas qui c’était ?
-Elle l’a pas dit.
-Et cette histoire de prophétie ? Vous y croyez ?
-Moi, ce qui m’étonne, c’est les motifs de ses ailes.
-Tu parles des flammes ?
-Ouais.
-Pourquoi ?
-T’en connais beaucoup des gens symbolisant le mal avec un esprit de feu ?
-Tu… tu veux dire…
-Hao. Ouais.
-Et comment ?
-Ren a raison ! Comment l’aurait-elle rencontré ? Elle ne nous a pas lâché !
-Elle devrait se réchauffer. Avec une grande chaleur.
-Merde. Spirit of Fire.
-Exactement.
-Ce n’est pas son genre…
-On ne sait rien d’elle.
La vérité, douloureuse, me perça le cœur.
-Vous avez des doutes sur elle ?
-Oui, désolé.
Je me levai.
-Au moins, c’est clair.
Je sortis de la salle à manger et montai.
PDV KYOKO
Je les entendais que trop bien… L’oreille collée au plancher de ma chambre suffit. Je me relevai et époussetai mon jean. Pour une fois, j’avais un T-shirt normal. J’ai remarqué que de nouveaux tatouages sont apparus.
Je m’agenouillai et terminai mon sac, alors que la porte s’ouvrit, laissant passer Horo.
-T’as tout entendu, j’imagine ?
-Oui. La chambre est au-dessus de la salle à manger. De plus, vous étiez pas discret.
-Je suis désolé…
-De quoi ?
-D’avoir dit aux autres ce que tu avais dit…
-T’inquiètes !
-Je peux te poser une question ?
-Oui…
-Pourquoi tu as dis Hao ?
-Comme vous, en entendant la prophétie, j’ai pensé à Hao. Mais il ne m’a, pour le moment, jamais approché.
C’est vrai. Je mens. Mais je sauve ma peau tout de même !
-De quoi avais-tu rêvé ?
-J’ai revécu ma naissance, l’annonce de la prophétie, le passé et le futur.
-Tu as quel âge ?
-Seulement 15 ans. Comme toi. Pourquoi ?
-Je me le demandai. Tu sais voir le futur ?
-Oui.
Il me regarda, baissa la tête et rougit. La voix de Ren se fit entendre.
-« On y va !
-J’arrive ! »
Union de nos deux voix.
J’enfilai les lanières de mon sac et descendis, suivis de près par Horo. Ils nous attendaient en bas. Chacun arborait une expression différente. Yoh était calme, Ryo était nerveux, Chocolove était soucieux et Ren avait croisé les bras et ne disait mot.
Je ne disais rien et sortis.
On repartit. On parlait peu. Deux jours passèrent ainsi. Les X-laws se ramenèrent et nous cassèrent les pieds.
-C’est pour quoi ?
-Si c’est encore pour nous menacer ou pour qu’on vous rallie. Laissez tomber !
-Ce n’est pas pour ça.
Le blond, il s’appelle Marco. C’est écrit dans sa tête.
-C’est pour supprimer une menace. À jamais.
-Laquelle ?
-Celle-là !
Il me montrait du doigt, avec la tête de quelqu’un montrant un moucheron sur le pare-brise.
-Qu’est-ce que j’ai fait ?
-Vous êtes bien Kyorakao Shanita Reshinata ?
-Je préfère Kyoko Reshi, si ça vous dérange pas.
-Tu es accusée de réincarnation et de passion charnelle avec Hao Asakura.
-Pardon ?
-Tu attends aussi un enfant de lui.
-Qui… qui vous a dis ça ?
-Notre Sainte Iron Maiden !
-Ah ! Vous travaillez pour Jeanne ! Elle a jamais réussi à me piffrer.
-Avoues-tu tes crimes, démon ?
-Pour la réincarnation, oui. Pour le reste, non.
Horo prit la parole.
-Mais… Quel âge as-tu à la fin, Kyoko ?
-324 ans… Je crois.
-Avoueras-tu avoir été séduit pas ce démon d’Hao ?
-Hao n’est pas un démon !
Yoh et moi avons crié.
-Tu avoues donc ton crime ?
-Non.
-Montre le démon que tu caches en toi !
À ces mots, j’eus l’impression d’être en feu. Par instinct, je me pliai en deux.
PDV NORMAL
La jeune fille était à genoux et haletait. Elle avait mis ses mains sur ses oreilles. Ses yeux étaient entièrement rouge avec une pupille orange. D’un coup, ses ailes surgirent, éclatant ses vêtements. Elles étaient très grandes et noires sur lesquelles tranchaient les éclatantes flammes oranges, rouges et jaunes, semblant dévorer les membranes de chauve-souris.
Sa peau se couvrit de tatouages noirs, un peu comme quand Choco fusionne avec Mick.
Elle se releva et parla d’une voix rocailleuse.
-Qui es-tu pour choisir si je meurs ou si je vis ?
-Euh…
-Tu n’es rien qu’un moucheron sur mes 400 années d’existence !
-Je suis la justice !
-Tu n’es pas la justice. Tu n’en est qu’un faux-semblant !
Des flammes sortaient de sa bouche par intermittence. Ses doigts étaient des griffes brunes.
-Tout comme ta fausse Sainte en fer-blanc !
-N’insultez jamais l’Iron Maiden devant moi !
Il sortit un petit pistolet, d’où sortit un ange, vite suivit par ceux des autres.
Kyorakao se mit à rire. Ce rire glaça le sang de tous. Il ressemblait à celui de Hao quand il savait sa victoire proche.
-Êtes-vous sûr de toujours vouloir vous battre ?
-Plus que jamais !
-Vous avez choisi votre mort. Over Soul géant !
Une ombre ailée parue derrière elle. C’était un phénix blanc avec des yeux de flamme jaune et une flammèche en guise de langue.
-Fusion !
Une tornade blanche les enveloppa. Quand elle disparut, il y avait un dragon à deux ailes.
-Veux-tu toujours te battre ?
-Oui ! Jamais je ne reculerai devant le mal !
Une flamme entoura les X et s’éteignit.
-Oups ! Ça m’a échappé !
Une lueur narquoise brillait dans les yeux devenus vert émeraudes.
-Toujours partant ?
-Toujours !
-Commençons, alors.
PDV KYOKO
Du bout de la gueule, je lâchai un nouveau jet de flammes. Il brûla cruellement deux équipiers en blancs. Un coup d’aile et je me débarrassai de leurs anges. Avec des attaques minimes, je réduisais leurs furyokus.
Il ne restait plus que Marco et ce gamin aux cheveux verts du nom de Lyserg. Je baillai, et m’assis. Distraitement, je mettais à nul leurs attaques tout en réfléchissant à ce qui s’était passé et dis.
Comment connaissait-il mon prénom et mon nom ? Comment savait-il ça de moi ? Et surtout : comment savait-il que j’étais enceinte ?
C’est la première fois que ces métamorphoses se produisaient. Tout ce pouvoir était… grisant.
D’un coup de patte, j’écrasai les anges des deux guignols.
-Je vous laisse la vie sauve à tous deux et à vos compagnons. Partez ou je vous tuerai. Tous.
-Nous nous reverrons ! Sale monstre ! Et notre Sainte Jeanne t’annihilera !
-Ou alors, ce sera l’inverse !
Ils disparurent, sans un mot.
Je repris ma taille et mon aspect normal. Je me tournai vers mes amis et baissai la tête et les yeux. Je m’agenouillai et attendis.
-Je ne sais pas quoi te dire. Kyoko ou quelque soit ton nom. Tu nous as caché trop de choses.
-Je m’appelle Kyorakao Shanita Mariane Naomé Reshinita Shaozi. Mes parents sont morts à mes vrais dix ans. J’ai connu Hao peu de temps après. Nous devînmes de bons amis. Il m’avait sauvé la vie. Il ne pouvait pas s’occuper de moi, et je ne le voulais pas. Il m’apprit quelques un de ses secrets dont celui de la réincarnation. Je fus recueillis par une jeune femme du nom de Naomé Shaozi. Par respect et par devoir envers elle, je porte son regretté nom. Elle est morte dans un incendie alors que j’étais à l’école.
Une cousine voulut me recueillir à son tour mais je refusai. J’ai fais une croix sur ma famille. Je suis partie et ai visité de nombreux pays avant de me fixer en Italie. Je décidai d’essayer de vivre normalement, oubliant mes pouvoirs shamaniques. J’avais une vie heureuse. J’étais mariée et étais mère d’un garçon bien bâti et d’une fille magnifique.
