Kyoko Reshi

Kyoko Reshi – 5/13

Yoh venait de prendre la parole. Horohoro n’arrêtait pas de me regarder.

-Ça fait combien de temps que tu nous attends ?

-À peine un jour.

-Qu’est-ce que t’as fait durant ces 5 derniers jours ?

-Je me rétablissais, Ren.

-Kyoko ?

-Oui ?

-Que ce serait-il passé si tu n’étais pas partie ?

-Je ne sais pas au juste, mais… je serais sûrement morte, les poumons et le corps gelés.

-Brr…

Tous, on se retourna vers Horohoro.

-Bah quoi ? C’est une horrible mort !

-Baka.

-Baka toi-même espèce de…

-Horo et Ren ! Vous vous disputerez plus tard. Nous avons du chemin à faire.

-Déjà ?

-Yoh a raison. D’après le soleil, il est bientôt midi.

-Et alors ?

-A midi, l’heure est trop ensoleillée pour marcher.

-En route ! Maître Yoh et maîtresse Kyoko ont toujours raison !

-Ryo ?

-Oui, maîtresse Kyoko ?

-Ne m’appelle pas maîtresse. Je suis juste Kyoko Reshi, d’accord ?

-Bien Kyoko-senseï.

-Je laisse tomber.

En me retournant, je fusillai du regard Choco qui ricanait. Il s’étrangla et l’Aïnou dut lui taper dans le dos.

Puis nous partîmes.

PDV NORMAL

Le groupe de garçons accompagné de la jeune fille partaient, sans se douter qu’ils étaient surveillés.

Une haute silhouette était debout, dos au vent. Ses longs cheveux bruns flottaient et claquaient sur son visage où glissaient des larmes. La cape qui cachait sa silhouette volait elle-aussi. Il ouvrit la bouche et les mots s’envolèrent.

« Kyoko. Ky-o-ko… Porte-toi bien… »

Nul n’entendit ces mots où se mêlaient l’amour et l’inquiétude…

Puis Hao disparut, après avoir laissé tomber quelques dernières larmes.

PDV KYOKO

Le vent m’apporta un message d’amour. Les larmes me vinrent aux yeux. Je reniflai et baissai la tête vers le sol.

Je sentis un bras autour de mes épaules et une main dont les doigts effleuraient ma joue.

-Ça va ?

-… Dans le genre questions stupides, t’as pas mieux ?

-Si, bien sûr ! Par exemp…

-Horo, la ferme.

-Mais, Kyoko…

-S’il-te plait… C’est pas l’moment…

-Bien Kyo-chan.

-Mmh… Horo ?

-Quoi ?

-Ôte ton bras de là, vite.

-D’accord.

Le voyage continua en silence. Une semaine s’était écoulée… Puis deux.

Je crois que je suis malade. J’ai des nausées continuellement et énormément au ventre. J’ai peur de savoir…

je ne suis pas la seule à ne pas aller. Horo-kun va mal, lui aussi. Il a de la fièvre et ne peut rien avaler. Il est vraiment malade !

Un matin, il n’avait plus le force de se lever.

-Horo-kun ! Réveille-toi !

-Mal… partout…

-Il est brûlant de fièvre ! Horo ! As-tu mal à la gorge ?

-Oui, et à la tête…

-Dors. C’est tout ce que tu peux faire…

Mon inquiétude devait se sentir, car Ryo posa sa main sur mon épaule.

-Tu sais ce qu’il a ?

-Il a réussi à attraper une grippe, une insolation et une angine.

-Dans un endroit où il fait 20°C à l’ombre ?

-Les nuits sont très froides et je n’ai pas déployé mes ailes.

-Ne pleure pas. Tu n’as pas à t’en vouloir.

-Quand même ! J’aurais dû y penser !

-Kyoko.

-Oui, Yoh ?

-Ne t’en veux pas.

Je ravalai mes larmes et m’essuyai les yeux.

-Il faut penser à y aller.

-Avec ce baka inanimé, ça va être mission impossible !

-Non Ren, c’est méga simple.

-Ah bon ?

-Oui. Je vais lui construire un sorte de mélange entre un brancard et un sac à dos.

– ?

-C’est une technique amérindienne.

-On regarde.

Je pris ma couverture et cousus les bords entre eux. Je rabattis un des morceaux qui devient le fond. Je pris deux cailloux que je sculptai en poignées. Je les accrochai au bord de la couverture.

-Voilà. Ça ressemble un peu à rien, mais bon…

-C’est génial, tu veux dire !

-Tu as fait tout ça à partir de rien !

-Bon, Ryo, tu peux mettre Horo dans la couverture, s’il-te plait ?

-Tout de suite, Kyoko-senseï !

-Cas désespéré…

-C’est fait !

-Aide-moi à le poser sur mes épaules.

Ryo prit le paquet et dou-ce-ment, posa les poignées de pierre sur mes épaules. Mes jambes plièrent sous le poids et je tombai… dans les bras de Ryo.

-Merci.

-De rien.

-Tu peux me lâcher, maintenant ?

-Hm…

-Ryo…

-Bien, Kyoko-senseï !

Il m’aida à me remettre droite. Ren ouvrit la bouche :

-Ce baka immobilise tes ailes.

-Non. Regarde !

Je les déployai. Je savais comment faire. Je tendis les mains et Corée s’y déposa. Je regardai les autres.

-Est-ce que… Qu’est-ce que vous avez ?

-Qu’as-tu fait à tes ailes ?

-De quoi ?

Je tournai la tête et pris peur. Mes ailes devenaient noires et les plumes tombaient. Dessous, on apercevait des motifs de flammes.

-C’est la mue, ne vous inquiétez pas !

Ma voix était assurée, mais ma peur était réelle.

Le motif n’était pas apparue par hasard. Mes ailes de plumes se changeaient en ailes de peau. De blanches, elles viraient en noirs.

Je ne voyais qu’une seule personne responsable.

« Hao »

-Pardon ?

Je remarquai que je l’avais dit à haute voix.

-Non, rien.

-Ah bon.

Je repliai mes ailes et elles disparurent.

-Il faudrait que quelqu’un porte les affaires d’Horo-kun… et les miennes.

-Je m’en occupe maîtresse Kyoko !

-Je vais prendre les tiennes, Kyoko.

-Merci Yoh.

-Bah… Et moi ?

-Merci Ryo.

Yoh mit en bandoulière mon sac, tandis que Ryo se chargeait des paquets de l’inanimé. Je chuchotai à l’oreille de Corée qui hocha la tête en laissant quelques notes sortir de sa bouche. Elle ferma les yeux et l’air se mit à scintiller. Un bloc de glace apparut. Je sortis un morceau de tissus de ma poche et l’y enfermai. Avec son bandeau, je le lui fixai cette compresse de fortune sur le front. Corée s’installa sur mon épaule et s’abrita sous son nénuphar.

Elle gazouilla un peu et agitait ses petits pieds.

Et le voyage reprit. Il nous restait un peu moins de deux semaines.

C’était assez quotidien et répétitif. Nous étions plus ou moins silencieux. Je veillai le malade. Il guérit vite de son insolation. Sa grippe m’inquiétait. Il avait de la fièvre et, durant ses moments d’émergences, délirait.

Je lui enroulai le cou sous des écharpes et eu raison de l’angine.

Heureusement, Yoh choisit de faire halte dans une auberge pour 5 jours. La distribution des chambres fut rapide : Yoh et Ren, Ryo et Choco, Horo et moi.

Si je dormais « avec » Horo, c’est jute pour la facilité des soins. Il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour que la fièvre disparaisse et que la guérison soit affirmée.

Durant les veillées, je remarquai l’absence de Hao. Sinon, je me répétai la prophétie qu’avaient dévoilé les étoiles, à mon jour de naissance.

« Quand le mal te séduira,

Ton angélisme tu perdras.

Aux ailes tu seras touchée,

À jamais, tu seras damnée ! »

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