Kyoko Reshi

Kyoko Reshi – 4/13

PDV KYOKO

Mensonge, bien sûr ! Je sais qui c’est, et j’en suis triste… en arriver là ! Mais le SoF se mit à descendre et me tira de mes pensées. On était arrivé.

-On se pose là ? Sur la surface rocheuse ?

-Oui. C’est caché, c’est plat et on a la vue dégagée.

Je posai mes affaires à terre, tandis que Hao congédiait son gardien protecteur. D’un geste de la main, mon compagnon alluma un feu, puis il s’asseya à mes côtés. Je m’allongeai sur les coudes pour mieux observer le ciel et, surtout, les étoiles. Chacun de ces minis-diamants représente une vie.

-Quelles sont les nouvelles ?

-Il va faire beau demain. Et un, non, cinq bébés sont nés.

-Génial. Sinon ?

-Dix morts.

-Tout va donc bien.

-Idiot.

-Oui.

Il s’allongea à mes côtés et passa son bras droit autour de ma taille et posa la main sur ma joue. N’importe qui se ferait des idées de nous voir ainsi entrelacés. Mais nous ne sommes que amis. Enfin, je crois…

PDV HAO

Comment le lui faire comprendre ? Comment lui annoncer qu’elle est tout pour moi ? Je l’aime, je t’aime Kyoko Reshi… Dusses-je vivre encore mille ans que je t’aimerai encore… Tu es la femme de ma vie. Oh ! J’en ai eu beaucoup, au bout de mille ans d’existence, mais pas une ne t’égale Kyoko.

-Ky-o-ko ?

-Oui, Ha-o ?

-Tu te rappelles de notre rencontre ?

-Bien sûr ! Comment ne pas l’oublier ? Tu m’as sauvé la vie ce jour-là !

-Je n’ai fait qu’allumer un feu et te couvrir.

-Imagine si tu n’avais pas été là.

-Hm… Mouais.

-T’as pas l’air convaincu.

Elle avait parfaitement raison. Je me collai à elle, lui transmettant un peu de la chaleur qui me courre dans les veines et sous la peau, et plongeai le nez dans sa chevelure, m’y frayant un passage jusqu’à sa nuque où j’y blottis de nouveau ma tête.

« Je t’aime, lui murmurai-je à l’oreille »

C’était plus simple que n’importe quelle autre phrase. Je déteste tourner autour du pot. Je la sentis se tourner vers moi. Je reculai mon visage, au cas où. Les flammes du feu éclairent son visage par intermittence. Elle avait les yeux écarquillés. Était-ce de la surprise ou avait-elle dû mal à me voir ?

Je sentis des doigts se poser sur ma bouche, dessiner le contour de mes lèvres, celui de mon nez, puis, de mon visage. Les doigts enroulèrent une mèche de mes cheveux, puis la relâcha pour dessiner le contour des muscles de mon torse. Finalement, après être arrivés au nombril, les doigts remontèrent et partirent dessiner le contour des mes bras.

Ce genre de parcours, on l’avait déjà fait, depuis tout petit. Mais jamais je ne ressentis pareil sensation auparavant. Comme si nous étions au cœur d’un puissant brasier. Moi, pourtant si habitué à la chaleur, moi, j’étouffais. J’étais consumé de l’intérieur. Quand elle ôta finalement sa main, la température descendit, d’un coup.

PDV KYOKO

Éberluée. C’est la situation dans laquelle j’étais. Puis, par un mécanisme quelconque, des gestes qu’on partageait petits refirent surface face et je les refis. Sa bouche aux lèvres douces, son nez droit, ses cheveux longs et soyeux, et ses abdominaux durs. Sans oublier ses bras musclés.

Je n’ai pas osé aller plus bas que son nombril. Nous avons grandi. Un peu trop vite, certes, mais grandi quand même.

Sa peau était brûlante. Ou alors avais-je la main froide ? J’arrêtai de le toucher, comme si je m’étais brûlée. De toute façon, j’avais caressé ce qu’il y avait caresser, sans trop l’embarrasser.

Puis trois mots me martelèrent l’esprit : »je t’aime ». Serait-ce possible ? Hao… Plus qu’un ami… un frère. Serait-il… encore plus que ça ?

Moi aussi, Hao, je t’aime. Mais je n’ai pas ton courage pour te l’avouer. Je ne suis pas aussi à l’aise malgré mon expérience de vie. Je ne suis qu’à ma 3° réincarnation et tu en es à plus de 5…

Je ferme les yeux. Je veux éviter de te voir, de voir ton visage, quand je te le dirai.

« Hao… Moi aussi… moi aussi, je t’aime. »

PDV NORMAL

Hao en eut le souffle coupé et demeura bouche bée.

Puis il prit le menton de la jeune fille dans le creux de sa main et le releva. Elle entrouvrit les paupières et Hao posa sa bouche sur les lèvres de Kyoko. Il ferma les yeux et sa main partit dans les cheveux noirs de Kyoko, tandis que la droite de son épaule pour la taille. Elle passa les bras autour du cou du grand brun et ferma complétement ses paupières.

Une litanie de : »je t’aime, Hao, Kyoko, mon amour, Asakura, Reshi, ma chérie » passait par leurs lèvres et dans leurs esprits.

PDV HAO

Kyoko… Je t’attendais depuis si longtemps… Avant la vision de l’ange que j’ai eu de toi. Avant n’importe laquelle de mes réincarnations… Dès mon enfance, j’avais sentis qu’une femme digne de moi m’attendrai. Et quand je t’ai trouvé, je t’ai aimé et désiré de tout mon cœur.

Mais… sauras-tu oublier ou endormir le monstre qui se trouve au fond de mon être ? Nous nous ressemblons avec tant de différences !

Kyoko. Poupée de porcelaine offerte à mes mains malhabiles… J’ai si peur de te perdre, de te briser ou te faire du mal.

Ô Kyoko ! Tu es le feu éternel de la vie. Seul feu où la combustion est secrète et la composition, ainsi que la recette, est tabou. Laisse-moi me brûler à toi, à ta peau, à tes lèvres tièdes. Tu es mon soleil. Ma vie. Tu es à moi.

PDV KYOKO

Hao… Toi… Est-ce possible ? Tu es le mal, mais je t’aime parce que tu m’envoûtes avec tes manières, ton corps et tes paroles vieux de mille ans.

Finalement, l’aigle et la colombe peuvent s’aimer. Mais… Est-ce de l’amour, ou du désir que je lis dans la prunelle de tes yeux sombres ? Quel est-ce sentiment qui me fait voler plus haut que je n’ai jamais volé dans un ciel sans nuage ? Tes mains me brûlent là où elles passent.

Elles se croisent dans mon dos, directement sur la peau, dépourvue du T-shirt que tu m’as doucement enlevé et qui fut rejoint par tes ceintures et ta cape beige. Ta langue est douce, sensuelle et violente à la fois, comme si c’était notre première et dernière fois. Comme si demain nous serons mis à mort et que nous profitons de nos dernières minutes d’existence.

Tes mains hésitent au niveau de mon pantalon. Je te serre plus fort. Tu me fais languir. Tes doigts frôlent mes flancs et détachent mon soutien-gorge. La mienne descend jusqu’à ta taille. Tu ôtes tes gants.

PDV HAO

Kyo-ko… Nous deux ne faisons qu’un. Nous nous complétons mutuellement. Ky-o-ko, tes cheveux sont aussi noirs que mon âme et ta bouche a la couleur d’aimer. Tes yeux, à demi-cachés par tes paupières, ont la couleur de l’onyx le plus pur. Ta peau a la douceur de la soie et l’odeur des fleurs.

Tout chez moi n’est que violence, je ne peux t’aimer qu’en étant un peu bestial dans mes gestes et actions. Pardonne-moi si mes gestes sont brutaux.

J’ai peur d’aller trop loin avec toi, et qu’on regrette tout ça.

Le feu brûle toujours en moi. Il ne s’arrêtera pas de brûler avant longtemps. En plus, je deviens romantique ! Tu le mérites, en fait…

Ky-o-ko… Je t’aime.

PDV KYOKO

Tu n’oses toujours pas… Pour une fois, je vais prendre initiative.

Ma main droite vole jusqu’à la fermeture éclair et l’ouvre doucement. J’ôte le bouton. Ma main gauche rejoint la droite.

Toutes deux passent sous le tissus et le fait glisser. Je retire mon pantalon après. Puis je te regarde et te frôle la bouche de mon index.

Tes doigts empoignent ma coiffure et la peigne délicatement. Mes mains glissent du haut de tes épaules jusqu’à ta taille. Et de là, elles glissent avec ton boxer. J’en profite pour enlever entièrement ton pantalon qui t’est resté en cheville. Tu te réveilles un peu. Tes doigts parcourent mon corps. Tu passes ton bras gauche autour de mes épaules, m’embrasses et ôtes ce qui me reste de vêtement.

Ton corps s’éveille à son tour. Tu te rappelles de ce qu’il faut faire.

Ta bouche aspire la peau sous mon oreille et me décore de suçons. Je te tire un peu pour me retrouver sous toi. Tu as l’air surpris. Tu regardes le ciel et tu comprends : nous n’avons plus beaucoup de temps.

Alors tu finis par entrer à moi.

Je n’ai jamais senti pareilles choses de toutes mes réincarnations. Mes doigts griffent le sol et balayent le sable. Je trouve que tu ne vas pas assez vite. J’attrape ta tête et me relève un peu pour échanger un baiser.

Nous sommes redevenus animal. D’un coup de rein je te pousse et me retrouve au dessus toi. Nos regards se croisent. Je suis à califourchon sur toi. Tu as les cheveux plaqués sur ton front et ton torse ruisselant.

Nous continuons ainsi jusqu’à ce que l’aube vienne et nous dévoile à tous.

PDVHAO

Le soleil nous darde de ses rayons timides. Je te regarde. Tu me regardes. Ton ventre se soulève par petits coups. Tes cheveux sont éparpillés et se mélangent aux miens.

Tu n’as jamais été aussi belle qu’en cet instant, les joues rosies par l’excitation et le regard fiévreux. Je dois être comme toi.

Je pose la paume de ma main droite sur un de tes seins. Je niche ma tête dans ton cou parfumé. Tes bras se resserrèrent autour de mes épaules.

Cette simple étreinte pour nous dire simplement qu’on s’aime.

« je t’aime. »

Cette phrase flotte encore dans l’air.

Je me détache de toi et m’assois. Tu me regardes et fais de même.

Tu t’habilles lentement, comme à regret.

« Tu es belle, je te veux,

Tu es magnifique, je t’ai eu. »

Je sangle mes ceintures et soupire. En mettant les mains dans les poches, je trouve mon cadeau.

Je me tourne vers elle. Elle a sortis ses ailes et les agite mollement. Je me colle à son dos et l’embrasse sous l’oreille. Je la relâche et me mets devant elle.

-Tiens.

-Qu’est-ce que c’est ?

PDV KYOKO

C’était une sorte de collier avec une plaque octogonale représentant trois flammes jaunes. Le tout était en argent.

-C’est un diadème télépathique.

-Pardon ?

-Tu le portes autour de ton front et nous serons liés télépathiquement.

-C’est un moyen de communication, en fait, c’est ça ?

-Oui. Par contre, nous ne serons liés qu’entre nous.

-Hm…

-Je saurais quand tu auras des problèmes. De plus, c’est plus discret que le coquillage d’argent, non ?

-Bien sûr !

-Je vais te la mettre. Ne bouge pas, ça va faire peut-être mal.

-Hm.

Je serrai les dents. Hao posa le médaillon sur mon front.

La douleur fut comme si on m’enfonçait un tournevis dans le crâne. Assez douloureux. Mes jambes plièrent sous moi, et je me retrouvai à terre.

Hao me tenait par les épaules, par crainte de me voir tomber, j’imagine. Il était, lui aussi, à genoux. Je plaçai ma tête sur son épaule et fixai sans rien voir le paysage, l’esprit douloureux. Puis je sentis comme une présence réconfortante, qui essaye de me faire oublier le mal.

Puis je compris. Hao sentait ma douleur à travers mon esprit et il essaye de se faire pardonner.

Je lui fis face et l’embrassai tendrement sur la bouche.

-Ça va aller.

-Tu es sûre ?

-Oui.

J’entendis un petit »clik » derrière ma tête.

-Ce sont les fermoirs.

-Ah…

-Évite d’enlever trop souvent le pendentif.

-Pourquoi ?

-Si on te l’enlève de force je le saurai plus facilement.

-Comment cela ?

-Je ne te sentirai plus dans mon esprit. C’est compris ?

-Oui. Hao. Ils arrivent.

-Bien. J’y vais.

Je l’embrassai. Il partit, juché sur l’épaule de son esprit protecteur.

« Je t’aime. »

Échange de messages télépathiques.

« Toi aussi. »

« ? »

« Tu me manques. »

« Ah ! D’accord. »

Je descendis du rebord rocheux d’un coup d’aile. Je remarquai alors le sang qui coulait le long de mon nez. Oh non ! Avec de l’eau, j’ôtai ce que je pus. Alors que je refermai ma gourde, un petit groupe arriva. Pile à l’heure. J’eus un petit sourire en coin en voyant le regard surpris de Chocolove et l’air stupide mais heureux de Horo-kun.

Ce dernier couru et me sauta dans les bras.

-Ouch !

-Oh ! Pardon !

-Pas grave, ça fait toujours du bien de recevoir ta planche dans le menton.

-C’est vrai ?

-Non. Bonjour Yoh.

-Bonjour Kyoko, tu es en pleine forme, on dirait !

Petit sourire, rire, Yoh en tout point !

-Je le suis, en effet. Merci. Bonjour Ren.

-Hm.

Un simple geste de la tête.

-Salut Choco !

-Salut Kyoko !

-Kyoko, ton absence m’a cruellement blessé ! Où est-ce que tu étais passée ?

-Salut Ryo ! Contente de te revoir !

-Tu n’as pas répondue à ma question.

-Plus tard Ryo !

-Bien, maître Yoh.

-Que s’est-il passé durant mon absence ?

-Rien d’intéressant… pour toi.

Ren venait de prendre la parole.

-Nous n’avons pas la même définition d’intéressant.

-Il ne s’est rien passé.

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