PDV HAO
-Tu peux rentrer.
Ce que je fis aussitôt. Elle était encore plus belle. Elle avait mis un baggy multipoches noir avec une ceinture noire et blanche, et un petit pull noir qui lui allait au-dessus du nombril et avec des manches courtes.
-Tu fais une tête bizarre.
-Euh…
-Mais encore ?
-Tu as changé de style ?
-Non. J’ai juste changé de vêtements.
-Mais… tu n’as pas de problème pour tes ailes ?
-Non.
Elle se retourna et je pus apercevoir le dos nu laissé par le pull qui s’attachait par un mince bandeau noir. Je touchai du bout des doigts sa peau brunie par le soleil.
-Kyoko ?
-Hm ?
-As-tu faim ?
-Un peu, en effet.
Son ventre gargouilla. J’éclatai de rire.
-« Un peu », hein ?
-Mon ventre est un traître !
-Y’a pas de honte à avoir faim !
-Je ne veux pas m’imposer…
-Écoute. Je vais t’emmener dans la cuisine pour manger ensemble et nous irons dormir. Tu partiras demain.
-D’accord.
-Suis-moi.
Nous fîmes ce que j’en avais dit. Après avoir engloutit un bon dîner, nous nous séparâmes pour la nuit. Le lendemain matin, j’allai dans sa chambre et ouvris sa porte doucement. Je m’assis sur le lit et la secouai un peu.
-Kyoko Reshi, c’est le matin.
-Oui. Et alors ?
Elle me regarda, les cheveux éparpillés sur l’oreiller lui faisaient une auréole noire. Ses yeux encore rêveurs, papillotèrent un instant. Je lui caressai machinalement la joue.
-A ton avis ?
-Okay ! J’arrive.
Elle sortit du lit, vêtu d’une petite robe bleue ciel.
-Ferme les yeux, s’il-te plait.
-Voilà.
-Merci.
Elle enfila rapidement ses affaires de voyages : un jean noir élimé, un T-shirt à manches courtes bleu pastel avec un dos-nu, dévoilant son tatouage : un serpent dont la tête est posée sur l’épaule et dont la queue s’enroule sur les côtes de cette dernière. Je la pris par les épaules et l’approchai de moi. Je l’embrassai sur le front.
-Bonjour.
-Bonjour.
Elle s’assit à mes côtés et tripota sa tresse de cheveux noirs et la collai à moi. Elle blottit sa tête dans le creux de mon cou. Je l’embrassai de nouveau sur le front, puis je fixai le mur d’en face.
-Où les attendras-tu ?
-Je ne sais pas encore…
-À combien de jours ?
-À un jour seulement. Combien de temps s’est déroulé ?
-5 jours.
-C’est beaucoup.
-Ce n’est pas trop. Tu y vas comment ?
-En volant, j’imagine.
-Tu vas perdre toute ton énergie.
-Comment alors ?
-On peut y aller ensemble avec le SoF.
-Si tu veux te faire prendre…
-Je partirai avant leur venue.
-C’est toi qui vois…
-J’ai l’impression que tu es rassurée.
-Voler sur des km, c’est pas rassurant.
-Normal.
Je passai mes doigts dans ses cheveux, défaisant sa tresse. Je respirai ses cheveux défaits. Mmh… odeurs de bois brûlés et d’herbes coupées… J’adore. Alors que j’étais limite en train de me droguer de ses cheveux, Kyoko releva la tête et me fixa.
-Un problème ?
-Non, c’est que…
-Que ?
-Non, rien.
-Hm…
La porte s’ouvrit d’un coup.
PDV NORMAL
Mari entra et se figea. Hao lâcha Kyoko qui se leva et refit sa tresse. Voyant le regard de Mari s’arrêter sur le lit défait, Kyoko se dépêcha de le faire. Hao se leva et prit Mari par le bras pour la faire sortir. Il ferma la porte derrière eux deux. Kyoko se retrouva toute seule.
PDV KYOKO
Je m’allongeai sur mon lit. Le regard de cette jeune fille m’avait troublé. En fait, je ne sais pas vraiment ce qui m’a tant troublé. La tête que faisait Hao en sentant mes cheveux ou le regard que nous avait porté l’intruse ?
Une impression de jalousie se dégageait de ce regard dépourvue d’amitié. Je frissonnai et allai à la fenêtre que j’avais ouverte. Par habitude, je sortis mes ailes et les déployai, les agitant un peu. La porte grinça quand Hao entra une nouvelle fois.
PDV HAO
Mari et sa jalousie… Qu’elle continue à y croire si elle veut ! Je ne m’en n’occupe plus. En revenant dans la pièce que j’avais quitté, je retrouvai Kyoko devant la fenêtre ouverte, les ailes figées. Je m’approchai d’elle et passai les bras autour de sa taille, me collant à elle. Kyoko referma ses ailes sur moi et posa ses mains sur les miennes. Je plaçai ma tête sur son épaule et frottai mon nez contre son cou.
-Arrête ! Ça chatouille !
Par jeu, je me mis à lui mordiller le lobe de l’oreille. Je reçus une tape sur le nez. Je continuai un peu plus fort. Elle battit des ailes et j’eus des coups de plumes. J’arrêtai.
-Tu sais où tu les attendras ?
-Oui.
-Bien. Nous partons.
-Tout de suite ?
-Tout de suite.
-D’accord.
Elle se retourna après avoir fait disparaître ses ailes. Je la tenais toujours. Je l’embrassai. Elle me regarda, surprise. Je la relâchai et sortis, lui disant de prendre ses sacs et de me suivre. J’allai dans la cour et appelai mon esprit qui se matérialisa devant moi. Reshi arriva 10 secondes après. Ses cheveux volèrent un peu et je remarquai qu’elle avait arrêté de les tresser et les avait laissé libre. Nous nous installâmes dans la peau rouge de l’esprit du feu qui nous amena à l’épaule de ce dernier. Je m’assis et lui montrai de faire de même après qu’elle ait indiquée au SoF où elle voulait être déposée. J’ouvris ma cape et la lui passai autour des épaules.
-Le voyage n’est pas long mais il fait assez froid.
-Mmh…
Elle s’endormit et je n’osai bouger, par crainte de la réveiller. Elle ressemblait à un enfant. Puis elle se mit à parler dans son sommeil. Des mots incompréhensibles au début. Mais je remarquai qu’elle chuchotait mon nom.
-Hao.
-Oui ?
-On est arrivé, non ?
-Bientôt, pourquoi ?
-Je les sens.
Nous avons donc survolé mon cher frère et sa bande d’imbéciles ! Un regard vers Kyoko m’appris qu’elle n’allait pas bien.
-Un problème ?
-Mal au crâne.
-Leur présence ?
-Ma vision de leur futur.
-Quelle genre ?
-Une dispute. Très forte. Un membre de la bande se retrouve écarté à jamais.
-Tu vois qui c’est ?
-Non.
