Flo : Zeus adore se vernir les orteils avec du vernis bordeaux
Zeus regarda à droite. Puis à gauche. Puis encore à droite. Ouf. Personne. Il ouvrit le tiroir, qui fit un horrible bruit. Aïe. Si le tiroir continuait de faire un bruit aussi irritant, il n’allait jamais y arriver ! Il devait respirer, ce qu’il fit. Inspiration. Expiration. Ok, c’est bon. Il fouilla dans le tiroir et pesta. Comme par hasard, il ne trouvait pas ce qu’il voulait. Bah voyons, comme si les Parques allaient être assez gentilles pour lui faciliter la tâche. Mais non, les trois garces ne faisaient même pas de cadeau au roi des dieux. Ah, elles devaient bien rire, d’ailleurs, de le voir aussi paniqué ! La belle affaire !
Le divin roi ouvrit un autre tiroir. Oh, il y avait de ce qu’il cherchait, mais il ne trouvait pas avec EXACTITUDE ce qu’il voulait ! Des problèmes de couleur. C’était toujours les couleurs qui posaient problème, de toute façon. Et puis ce tiroir était un vrai garde-manger de couleurs ! Framboise, chocolat… Toutes les saveurs et toutes les couleurs ! Pourtant, Zeus se serait foudroyé lui-même que de prendre sur son royal palais le liquide que contenaient ces fioles. D’ailleurs, il n’était pas sur que « Taupe » soit très bon, liquide imbuvable ou pas.
Il dût se retenir de pousser un cri de triomphe. Le voilà ! Il avait celui qu’il cherchait ! Rouge bordeaux, la couleur qu’il affectionnait tant ! Oui, cela faisait tout à fait joli, sur les pieds. Il aurait aussi adoré en mettre sur les ongles de mains mais il avait une dignité à conserver, quand même. Un roi ne pouvait pas se permettre toutes les fantaisies, encore moins une comme ça.
Le plus renommé des dieux eut un mouvement de panique lorsqu’il entendit un bruit de serrure. Aïe, au secours ! Il jura silencieusement et se réfugia dans l’armoire la plus proche. Bon, être coincé entre une tenue de soubrette et un uniforme d’écolière (tous deux sexy, il est bon de le préciser) n’était pas exactement ce que le paternel d’une majorité de l’Olympe avait prévu pour sa journée. Quoi que s’ils avaient été portés par deux donzelles ( pour le citer ) avec des rondeurs très avantageuses, il n’aurait pas dit non une. Mais sur des cintres, c’est sur que ça faisait moins d’effet.
« T’es sur qu’on va trouver des indices ici ? »
Zeus (et nous aussi parce que nous sommes curieux) regarda par la fente crée par les deux portes et eut la surprise de voir deux de ses fils. Le blond aux yeux d’or faisait une mine assez peu sûre de ce qu’ils pourraient bien trouver dans cette pièce, alors que son compagnon aux cheveux poivre et sel et aux traits de lutin ( incroyablement sex… Argh, je me tais avant que la boss ne me tue ! ) avait l’air tout excité, bien que ce ne soit pas vraiment inhabituel. Il fit un grand sourire à son compagnon.
« Mais si, j’te jure, Apollon !
-Mouais, râla son vis-à-vis. Moi je suis sûr qu’on va rien trouver.
-C’est la subtilité de la chose, Apollon. On ne cherche pas à trouver un objet, on cherche l’absence d’un objet. »
Le dieu des arts haussa un sourcils. Chercher l’absence d’un objet ?
« Et c’est quand que tu nous crée le dico Anglais-Hermès Hermès-Anglais ? »
Le brun leva les yeux au ciel et donna une tape à l’arrière du crâne de son ami. Il fouilla dans les tiroir avec concentration, puis il lança un cri de victoire.
« Yes, il manque le vernis bordeaux ! Que ne t’avais-je pas dit ? Claironna-t-il.
-Non mais il est sur la table de nuit. »
Eh oui, le vernis précédemment volé se trouvait sur le meuble suscité, à la grande déception du messager de l’Olympe et à l’immense surprise du Seigneur du ciel qui était convaincu que le flacon se tenait dans sa main la seconde d’avant. Nom d’un éclair, mais pourquoi la bouteille de peinture pour ongles venait-elle subitement de changer de place ?
(Eh bien pour te répondre, cher lecteur, car je sais que tu es aussi curieux que nous tous à la rédaction, je vais te faire un court résumé. Imagine que dans la pièce il y a une personne dont tu ne sens pas l’essence divine parce qu’elle n’est pas divine, et que cette personne n’est pas sous sa forme naturelle, et donc pas repérable. Forcément, c’est facile de récolter des infos comme ça, hein ? C’est la technique de la très sublime journaliste que je suis. Et tu penses bien que j’allais pas laisser filer un scoop pareil, hein ? Alors avec un des pouvoirs que notre Iris adoré m’a donné, j’ai déplacé le flacon ! Eh ouais. Désolé les gars, mais c’est pas demain que Hermès-News aura le scoop avant Iris-Mag, non mais!)
Le blond aux abdos en chocolat ( Aquada miam miam ) haussa les épaules en soupirant, convaincu que son meilleur ami avait encore vu des petits secrets de travers. La dernière fois, il avait cru trouver un truc à propos de Poséidon ( Pour cet article que nous avons bien entendu fait, voir page 8 ) et cela n’avait franchement abouti à rien. Il prit le dieu brun par les épaules et l’entraîna au dehors.
« Aller, viens. Aphrodite ne va pas tarder. »
Zeus écarquilla les yeux. Aphrodite allait rentrer. Sûrement pas seule. Et sûrement pas pour enseigner la cuisine. Alors elle allait ouvrir cette armoire de costumes et dessous sexy. Et elle allait y trouver son souverain. Et zut ! Le dieu se dépêcha de sortir, reprenant au passage le vernis qu’il avait eu tant de mal à trouver. Ouf, c’était tout juste. A peine avait-il tourné à l’angle de la maison qu’il entendit des pas et des bruits de succion qu’il reconnu immédiatement comme des bruits de baisers. Sans faire attention à la personne avec qui elle était (qui se trouvait être son propre fils Phobos, soit dit en passant), il repartit rapidement dans sa maison à lui.
Heureusement, sa femme n’y était pas. Il n’aurait plus manqué que ça, d’ailleurs ! Il s’assit sur une chaise et, doucement, se mit à étaler le liquide sur ses orteils avec le petit pinceau intégré au bouchon. Il sourit. Personne ne saurait son secret. Ah oui, personne ?
C’était Luny, qui est une fois de plus là pour vous !
