Iris Mag

Iris Mag – Pan 11/11

Anna : Pan n’est pas uniquement le dieu de la nature mais aussi le dieu des pistolet, d’où le bruit de ceux-ci.


L’entrevue de ce numéro se déroule avec Pan, divinité de la Nature, protecteur des pâtres et des troupeaux. Grand modèle des autres satyres, il fut le sujet de nombreuses quêtes à travers le monde par ses semblables, suite à sa supposée disparition.

-(Grand sourire factice) Pan, tout d’abord, bonjour.

-(Petit sourire fatigué) Bonjour mademoiselle.

-Je vous remercie d’avoir accepté notre entrevue, surtout que vous êtes bien occupé, de ce qu’on m’a dit.

-On ne vous a pas mentit, je suis en effet pas mal chargé.

-C’est encore plus aimable de votre part de nous avoir permis cette entrevue, alors !

-D’ailleurs, si on pouvait passer à la suite, sans vouloir vous froisser…

-Oui, oui, bien sûr ! (Parcourt ses notes) J’aurais tout d’abord à vous poser quelques questions sur des sujets aussi variés que votre naissance, vos ministères, votre rôle dans la communauté satyre…

-C’est là tout un programme…

-C’est le moins que l’on puisse dire ! Le plus dur sera sans doute de trouver un fil rouge entre tout ça. Mais c’est là que se trouve le travail des monteurs, donc ce n’est pas grave !

(On peut entendre, à l’extérieur des studios, comme un violent choc et des vociférations.)

-Mais je parle, je parle, et nous n’avançons pas. Nous allons donc pouvoir entrer dans le vif du sujet, si vous voulez bien m’excuser. Une question qui tient très à cœur la communauté satyre, donc je ne peux que vous réclamer des réponses !

-(Air malicieux) Je verrai bien ce que je ferais.

-Pourquoi cette disparition ? Ou devrait-on appeler ça une escapade ? Une retraite ?

-Plutôt une retraite, ça fait moins adolescent fugueur. C’est mieux pour mon image.

-Je vous comprends. Donc, pour quelle raison cette retraite, coupée de tout et de tous, sans oublier cette rumeur de votre mort ? Beaucoup ont désespéré et porté votre deuil.

-(Embarrassé) Cette affaire a pris plus d’ampleur que prévu. À l’origine, je souhaitais juste prendre un peu de recul, me recentrer sur moi… Les histoires sur ma mort ne sont pas de mon fait. Quand on est immortel, le temps a une autre valeur, je ne me suis pas vraiment rendu compte qu’il s’en était écoulé autant… Et quand ce fut fait, c’était assez délicat de revenir auprès des miens dans de telles conditions…

-D’où votre résolution de vivre en ermite ?

-Exactement.

-Une autre question, celle-ci toucherait peut-être une période assez « sombre » de votre vie, si je puis m’exprimer ainsi…

-Comme je vous l’ai déjà dit plus tôt, si je n’ai pas envie de répondre, je ne le ferai pas.

-(Nerveuse) C’est tout à votre honneur. Bref, nous avons entendu dire que vous auriez trempé dans du trafic d’armes ?

-C’est bien vrai. Mais je tiens à préciser que c’était il y a très longtemps, j’étais plutôt jeune… De souvenir, ces temps se reportent au moyen-âge européen. Il y a prescription.

-Certes, certes, mais racontez-nous en plus, je vous prie.

-Oh, je ne sais pas vraiment si il y a quoi que ce soit d’intéressant à raconter sur cette affaire… Je frayais à cette époque avec quelques mortels à l’esprit aiguisé mais que leur église traînait dans la boue en les traitant de fous. Très classique à l’époque. Ils avaient des contacts avec un groupe de négociants revenant tout juste de Cathay.

-La Chine, vous voulez dire ?

-Oui, oui, la Chine. Bref. Ils avaient pu, par cet intermédiaire, obtenir de la poudre d’artificier. C’était très prisé. Et dangereux, mais comme tout, à l’époque. Nous avons ainsi pu faire de nombreux tests avec, récoltant quelques blessures et étourdissements. Je crois même me souvenir que l’un d’entre eux avait perdu trois doigts à l’occasion.

-(Horrifiée) T… Trois doigts ? Ça a dû être un moment abominable !

-Oh, vous savez, on ne peut pas faire avancer le progrès dans ce genre de petits risques. Disons qu’il s’en est tiré à meilleur compte que le premier à avoir testé notre prototype de pistolet.

-(Intéressée) Ah bon ? Que lui est-il arrivé ?

-Il a perdu la tête. Littéralement.

-Ah… Euh… Oh ?

-(Intrigué) Vous n’utilisez plus que les voyelles ?

-Désolée, une seconde d’égarement. J’imagine que le terme de pistolet ou de flingue n’était pas de mise, à l’époque ?

-Eh bien si, nous parlions déjà de pistolet. Mais cela ne venait pas de nous, donc nous avions alors cherché une nouvelle manière de le nommer.

-Ah bon ? Et qu’aviez-vous décidé ?

-En l’honneur du bruit incongru obtenu et de ma coopération, ce fut un « Pan ».


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