Anna : Hermès s’est déjà fait tué à de nombreuse reprises. Surtout pendant la saison de la chasse.
-Hermès ?
-Apollon, soit tu la fermes, soit tu te bouges pour m’aider !
C’est un dieu des commerçants bien en peine qui fut allongé sur son lit, la respiration hachée, le poing crispé et l’ichor coulant hors de ses veines.
Dans son dos, le dieu blond s’activait comme il pouvait pour arrêter le liquide de couler. Il mobilisait tout son savoir médical à cette fin.
-Chaque année, c’est la même chose ! Hermès, je vais finir par croire que tu fais exprès !
-Tu crois que c’est une partie de plaisir, peut-être ?
-Je n’ai jamais dit ça. Ni pensé, d’ailleurs.
-Ça, pour penser, grogna le brun le museau dans les draps.
Son amant écarquilla les yeux avant d’abattre fortement sa main sur la chevelure brune, l’enfouissant un peu plus dans les draps. Il l’y força jusqu’à ce que le dieu commence à s’agiter, réclamant de l’air.
-Hermès, tu mériterais que je te laisse tout seul pour te débrouiller !
Aussitôt, le brun se redressa, l’observant avec de grands yeux tristes.
-Mais Apollon… Qu’est-ce que je deviendrais sans toi ?
-On se le demande, ouais…
Se relevant, il attrapa son polo qu’il enfila avec énervement.
-Mais… Où est-ce que tu vas ? Apollon !
-Chercher Hécate. Elle s’occupera de faire disparaitre la chevrotine de tes plaies.
-Nan ! Pas Hécate ! Pas Hécate ! Supplia le pauvre brun qui ne pouvait esquisser le moindre geste.
Lâchant un reniflement dédaigneux, son compagnon claqua la porte, partant à la recherche de la déesse susnommée.
-Tout les ans c’est la même chose, Hermès. C’est pas dans le dos que tu devrais le prendre, ce plomb. C’est dans la tête !
-Ha ha… Sérieusement, Hécate, je suis plié de rire.
-Juste une chose, cher Hermès : je suis la dernière pouvant te soigner. Et je peux toujours te transformer en sapin divin, qu’on se le dise.
Le prévenu grogna, et le silence s’installa, seulement troublé par le tintement produit par les billes de plomb chûtant dans le haricot.
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