« On vous souhaite tout le bonheur du monde… »
Ah, les mariages, il n’y a rien de plus beau ! Ce n’étaient pas Héra et Aphrodite qui diraient le contraire. Pour une fois que ces deux-là étaient d’accord sur un point, d’ailleurs… Et cette fois-ci, c’était bel et bien un mariage d’amour entre deux dieux. Héra était la plus heureuse des mères en cet instant. Sa seule fille célibataire se mariait enfin ! Yepe ! Eh oui, sa tendre Ilithiye la déesse des accouchements avait enfin décidé de se marier. Bon, ok, elle aurait été plus contente si ça n’avait pas été ce fainéant de dieu du Sommeil. Qui aurait cru que sa douce Ilithyie tomberait amoureuse d’Hypnos ?
Ilithyie était tranquillement en train de boire un verre de nectar. Elle était resplendissante dans sa grande robe -dessinée par Aphrodite, cousue par Apollon et colorée par Iris, rien que ça- et souriait à absolument tout le monde. Elle regarda les invités autour d’elle. Hermès draguait ouvertement une dryade de l’Olympe. Aphrodite avait accordé une danse à Héphaïstos, grande première interstellaire ! Apollon et Artémis bavardaient joyeusement avec Athéna. Bref, tout se passait pour le mieux. La jeune déesse avait enfin le mariage à la mode humaine dont elle avait toujours rêvé, en grande fan des mortels qu’elle avait toujours été.
La déesse des accouchements vit son frère arriver vers elle. Entendez par là Arès puisqu’Héphaïstos n’était que son demi-frère, contrairement aux rumeurs. Celui-ci était souriant, pour une fois. Il avait toujours adoré sa sœur -bien forcé, avec une mère déesse de la famille il n’avait pas trop le choix- et ce mariage était le comble de la joie pour le grand frère qu’il était. Parce que oui, derrière son ton macho et ses airs de brute,, le grand gaillard avait quand même un cœur. Ou un truc ressemblant du moins.
« Alors, petite sœur, enfin casée !
-Et ça sera bientôt ton tour, Rambo. »
Arès grimaça en entendant le surnom. Remarquez, il valait mieux ça que Chuck Norris. Toutes ces personnes qui passaient pour imbattables sur Terre le saoulaient parce qu’au final c’est lui qui se faisait appeler comme ça, là-haut.
« Tu sais bien que non, Mamie Nova fait tout pour que les divorces soient pas autorisés. À croire qu’elle m’en veut pour un truc, la maternelle ! »
La jeune femme rit. C’est vrai que la déesse du mariage n’était pas chaude pour que ce qui était presque une habitude humaine arrive chez eux, dieux tout puissants.
« Je ne te parlais pas d’elle, Arès. Je parlais d’une autre femme, en général.
-C’est moi le général.
-Trop drôle. Tu m’as très bien compris.
-Tu sais bien que je n’aime qu’elle. »
La plus jeune soupira. Bon sang, même les déesses les moins portées sur l’amour avaient bien vu qu’Aphrodite se fichait carrément de lui ! Évidemment qu’il était amoureux, c’était la déesse de l’Amour. Mais si elle faisait ça, c’était juste pour avoir « un homme, un vrai, un tatoué » à ses pieds, rien de plus.
« Écoute, Arès, je ne suis pas sûre que…
-Oh, c’est bon. Tout le monde me dit qu’elle n’est pas pour moi mais…
-Arès ! Elle n’attend qu’un geste de travers de toi pour te laisser tomber comme une grosse merde ! »
La déesse avait parlé un peu fort, aussi sa mère la fusilla du regard. Et zut, elle l’avait entendu dire un gros mot. Génial. Après son million d’années d’existence, la jeune femme n’avait toujours pas le droit de dire merde. La classe, hein ? Ilithyie reporta son regard sur son aîné… qui avait disparu. Elle le chercha longuement du regard.
« Dale a tu cuerpo alegria Macarena. Que tu cuerpo es pa’ darle alegria y cosa buena. Dale a tu cuerpo alegria, Macarena. Hey Macarena. »
Ilithyie regarda le milieu de la piste, comme la plupart des dieux présents, d’ailleurs. Athéna avait les yeux plus ronds que ceux de son animal fétiche. Artémis était tellement soufflée qu’elle n’avait même pas remarqué que la divine main de son jumeau était posée sur ses chastes fesses de vierge éternelle, le jumeau en question profitant bien de l’inattention de la déesse de la chasse. Lui-même avait eut la vision de l’accomplissement de cette scène avant même que le mariage ne commence, aussi avait-il eu le temps de se remettre de sa stupeur, et il profitait bien de son talent de prophète. Hermès en avait arrêté de draguer la nymphe –ce qui était très dur pour lui, arrêter le dieu le plus volage en plein flirt était aussi probable que de croiser une chips rouge goût chaussure dans une grande surface au pôle nord. Morphée en avait même arrêté de dormir, sentant que quelque chose se passait. Tout le monde était absolument soufflé.
Qu’est-ce qui pouvait étonner des dieux vieux de plusieurs millions d’années ? Eh bien, rien qu’un homme qui dansait. Mais un homme et une danse presque incompatibles ! Une déesse blonde se leva de la chaise où elle s’était assise après avoir dansé avec son mari amoché et se dirigea vers le danseur qui prenait toute l’attention.
« Que fais-tu donc ?
-Je danse la macarena, ça ne se voit pas ?
-Mais d’où…
-J’adore cette danse ! »
La déesse fut d’abord surprise. Puis, commençant à entendre quelques rires moqueurs dans son dos et même un surnom d’ « amants pathétiques », elle pinça les lèvres et siffla :
« D’accord. T’as vu la honte que tu me fous ? Je te quitte, c’est fini ! »
Et sur ces mots, la grande blonde partit rejoindre son mari qui semblait désormais complètement ravi.
Quand la musique se termina, le « dieu de la macarena » mit fin à sa danse et remarqua enfin tous les regards que sa famille lui portait. Il prit une teinte plus rouge que celle de l’étendard de ses enfants à la Colonie des Sang-Mêlés et fusilla tout le monde du regard, les défiant de faire le moindre commentaire. Chacun reprit prestement ses activités. Hermès se prit un gros râteau et Apollon une très jolie claque. Celle-là, par contre, il ne l’avait pas vue venir. Morphée se rendormit profondément et marmonna dans son sommeil un « Oh, un pingouin manchot unijambiste jaune à pois bleus et rouges ! » qui laissait deviner qu’il faisait un rêve très étrange. La jeune mariée, elle, regardait son frère en se mordant la lèvre dans une vaine tentative pour ne pas éclater de rire, tentative qui échoua lamentablement lorsqu’elle croisa le regard amusé de celui qui était désormais son époux. Bientôt, toute la salle fut prise d’un immense fou rire. Le dieu de la guerre, lui, ne trouva qu’une seule chose à dire.
« Je rêve où je viens de me faire larguer comme de la bouse de vache sacrée d’Apollon ? »
Ainsi a été dévoilé un des plus grand scoop de l’histoire que tous les dieux -ou presque- connaissaient déjà mais que nous ne pouvions pas ne pas partager avec vous demi-dieux.
Arès aime danser la macarena.
C’était Carnivore-Encore (qu’on appellera Luny par habitude de moi, s’il vous plait) qui sait que vous aimez ces rumeurs et qui vous souhaite de bons rires grâce au Iris-Mag !
