Flo : Arès a une trouille bleue des chaussettes à pompons roses… traumatisme d’enfance, sûrement…
— Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire ! Joyeux anniversaire, Arès ! Joyeux anniversaire !
Le guerrier se renfrogne. Il n’avait pas du tout envie de fêter son anniversaire. C’était pour les gamins. Et les idiots. Et le dieu de la guerre ne se considérait ni comme un gamin, ni comme un idiot. Et pourtant, il se trouvait bien là, un chapeau pointu en carton sur la tête, un gâteau devant lui, et une bougie à souffler sous les yeux. On aurait pu penser qu’arriver à… disons à un million d’années, ses parents auraient arrêté cette mascarade ridicule de l’anniversaire. Mais non. Ils continuaient et fêtaient aujourd’hui le commencement de la trois millions sept cent quarante trois mille neuf cent cinquante sixième année d’existence de leur fils aîné.
Le colosse prit une grande inspiration. Et puis il souffla. Voilà, bougie éteinte. Les autres dieux vinrent le féliciter. Tss, n’importe quoi. Qu’on le félicite pour ses exploits et ses combats, ça ok. Pas de problème. Mais le féliciter pour avoir un an de plus ? Ils s’attendaient à quoi ? A ce qu’il meurt de vieillesse ? Ce genre de fête n’était décidément pas à son goût du tout. Et la torture n’était pas terminée. C’était désormais le moment de recevoir les cadeaux.
Comme tous les ans, les dieux avaient une façon assez étrange de choisir leurs cadeaux. Hécate, par exemple, lui offrit un attrape-cauchemar. C’est gentil mais aux dernières nouvelles un dieu n’a pas de rêves, à moins qu’ils ne soient provoqués pas un autre dieu. Et ça n’arrivait jamais. Némésis lui offrit un fouet. Il n’était pas bien sur de comprendre les motifs de ce cadeau-ci, à vrai dire. Il n’avait pas plus que ça envie de comprendre, soit dit en passant.
Et puis vint le tour d’Aphrodite. Il la regardait avec un tel air dans les yeux, comme si il demandait de la pitié, de l’amour et… Et tout ce qu’Aphrodite avait pu lui apporter du temps où ils étaient ensemble, en fait. Il ne s’était toujours pas remis de leur rupture brusque au mariage d’Ilithiye.
— Joyeux anniversaire ! souffla-t-elle avec un petit sourire avant de venir lui embrasser la joue.
Arès retint un grand sourire, mais tout le monde vit quand même ce qu’il allait faire. Pour un baiser de la belle déesse, il aurait amené la lune. Ceci dit, ce n’était pas très dur, il suffisait d’aller chercher Séléné ou Artémis. Le dieu la guerre prit le petit paquet dans ses grandes et larges mains, et il défit le papier avec impatience. Et puis il hurla.
Il y eut une grand incompréhension parmi les dieux, mais dans la minute qui suivit Arès était dans les bras d’Athéna, tremblant comme une feuille. La pauvre déesse dû essayer de le calmer, ce qui n’était pas aisé. Le dieu hurlait à tout bout de champs, donnait l’impression d’être à 9 sur l’échelle de Richter et serrer sa demi-sœur contre lui de toute sa force de colosse.
Hébé s’approcha du paquet et souleva légèrement le papier. Elle cria à son tour et fila se bouiner dans les bras de son mari, pleurant à chaudes larmes. La troisième des enfants de Zeus n’alla pas voir, mais elle pâlit et s’accrocha à Hypnos. Héra alla à son tour voir, et si elle ne prit pas peur elle passa au vert et alla vomir dans un coin tout le nectar et l’ambroisie qu’elle avait ingurgité.
Apollon s’approcha à son tour et prit délicatement le paquet. Il en sortit le pire objet au monde pour un enfant du couple royal, et même pour Héra tout simplement. La paire de chaussettes préféré de Zeus.
Des chaussettes à pompons roses.
Arès a peur des chaussettes à pompons roses.
Luny
