Iris Mag

Iris Mag – Aphrodite 5/11

Anna : Déesse n’était pas le vrai métier d’Aphrodite. En vérité, elle travaillait chez McDonald.


Quoique l’on puisse en dire, le métier de dieu et de déesse n’avait de reluisant que le nom. C’est vrai, faire partie des 12 Olympiens avait quelque chose de gratifiant, d’agréable, voir d’honorable. Mais ça n’allait pas plus loin, particulièrement lorsque le XXI° siècle frappait à nos portes et qu’il ne restait qu’une petite poignée d’êtres-vivants qui vous honoraient. Ou vous maudissaient, au choix. Bref, rien de très plaisant pour la déesse de la beauté qui voyait son compte en banque diminuer drastiquement. Mais, était-ce de sa faute à elle si les parures, qu’elles soient vestimentaires ou décoratives, avaient un prix horriblement élevé, hein ? Bien sûr que non ! Ou si peu… Bon, après tout, être belle ne devait pas être donné à tout le monde. Surtout pas aux boudins croyant à la « beauté intérieure ». Quelle connerie, oui ! Certes, elle y avait cru, comme tant d’autres, mais elle avait vite déchanté. Et quelle plaie ! Il n’était même pas question de parler de divorce, sa belle-mère étant la déesse du mariage. Heureusement que question fidélité, elle n’avait pas à se justifier.

Mais bref. Le moment était grave. Elle n’avait pas assez d’argent pour acheter une paire de chaussures absolument adôrables.

Il était hors de question de réclamer de l’argent à qui que ce soit. Se les faire offrir ? Pourquoi pas… Elle pouvait toujours enjôler le vendeur mais…

Il fallait bien un jour que sa conscience se développe, comme le firent ses seins des millénaires plus tôt.

La réalité s’immisça dans son esprit : elle allait devoir trimer, travailler, pour toucher un salaire qui lui permettrait ainsi d’acheter ces mignônnes sandales.

Mais avant ça, elle allait devoir enjôler le vendeur pour qu’il les lui mette de côté.

Une fois la chose faite, la bimbo par excellence consulta les petites annonces du monde entier (bah oui, elle parle plusieurs langues), et les confronta face à ses exigences.

Elle ne voulait pas de travail trop physique (elle n’était pas son mari !), encore moins un trop qualifié (elle n’avait passé aucun diplôme) et pas à temps plein. Rappelez-vous qu’une déesse a certaines priorités ! Et les soupirs de ses filles peuvent en faire partie… Si si !

Alors, la seule (ou plutôt, les seules) qui pouvait répondre à ses prétentions (elle ne voulait pas garder d’enfant -ça vieillit- et encore moins les animaux -elle y était allergique), se présenta comme une annonce des plus banales.

Nous recherchons toujours de nouveaux employés.

La chance lui souriait ! Enfin, c’était sa belle-mère, en un sens… Mais bon !

Ni une ni deux, elle apparut dans la foule compacte d’une ville où elle savait que la demande resterait d’actualité. Juste le temps de s’inventer un bon C.V conforme à ceux de l’époque, et elle se présenta au chargé des recrutements.

Un instant, enjôler le jeune homme lui frôla l’esprit, mais elle s’en abstint. Conscience perso ou conscience pro ? Mais de toutes façons, nul besoin de tout cela : sa candidature avait été retenue…

-Vous pourrez commencer la semaine prochaine.


-Bonjour ! Sur place ou à emporter ?


Voracity Karn

Laisser un commentaire