Avec toi pour toujours [Seigneur des Anneaux]

Avec toi pour toujours – Thâtieràn 6/13

C’est devant la porte qu’Eglan desserra les dents pour la première fois depuis le départ.

-Ouvrez, s’il-vous plaît !

-Qui est là ? Annoncez-vous !

-Regardez par vous-même ! Lui répondit agressivement le premier à avoir parlé.

Un glissement se fit entendre, puis un deuxième accompagné de murmures trop bas pour être perçus par ceux devant cette porte. Puis un grincement, ainsi qu’un grognement d’effort, accompagnèrent l’ouverture de la porte.

-Bienvenue à Thâtieràn, étrangers ! Désolé d’l’accueil, mais nous nous méfions des orcs.

-Votre méfiance vous honore, persifla l’être capuchonné.

-Hm… Sachez juste que si vous troublez d’une quelconque manière l’ordre public, nous serons dans le devoir de vous abattre ou de vous rendre tout simplement sans défense. D’accord ? S’emporta l’un des gardes.

-Laissez-nous passer, leur ordonna Eglan de mauvaise humeur. Nous sommes conscient de cela. Moi plus que les autres.

La dernière phrase fut prononcée si bas que seul l’Elfe put l’entendre. Il haussa les sourcils mais ne dit mot. Ils purent tous entrer et se dirigèrent vers l’auberge. Leur entrée ne passa pas inaperçue, évidemment. Des regards méfiants les suivirent jusqu’à leur entrée dans le bâtiment. Si ce dernier ne payait pas de mine, vu de l’extérieur, l’intérieur coupa le souffle de tous. D’un pas décidé, Eglan s’approcha du comptoir et tapa dessus.

-Tavernier ! Une table et à boire pour neuf ! rugit-il. Et n’oubliez pas la nourriture, ou il vous en cuira !

Legolas attrapa son ami par le coude et lui parla à l’oreille alors qu’ils étaient emmenés par une jeune fille aux formes avantageuses à une table où ils pouvaient tous s’asseoir.

-Vous êtes donc fou ? Pourquoi vous comportez-vous aussi rudement ?

-Vous m’en voyez contrit Legolas, mais je sauve nos vies ainsi. Nous devons passer pour des rustres sans éducations, aucune. Il en va de notre vie !

L’Elfe lâcha la manche et observa son ami qui avait passé son bras autour des épaules de la serveuse, et lui parlait d’une voix joyeuse.

-Réveille ton patron, ma belle, et assure-toi qu’il apporte à manger pour mes compagnons, ou il perdra neuf bons payeurs. Ça s’rait pas dommage de n’pouvoir manger avec quelqu’un ayant de si agréables… arguments ?

En disant cela, le bras posé sur les épaules avait glissé jusqu’à l’imposante poitrine et la caressait avec des gestes lents. La jeune fille rougit et partit en vitesse une fois qu’ils furent installés. Dès qu’elle fut partie, tous se tournèrent vers Eglan.

-Beuh ! S’exclama ce dernier. Je déteste faire ça !

-Alors, commença Gimli, pourquoi le faites-vous ?

-Je vous expliquerai après. Une fois le repas servit, promit-il. Mais je vous déconseille d’être silencieux jusqu’à ce moment-là.

Tous hochèrent de la tête, montrant leur accord. Même si certains, comme Gimli et Aragorn, étaient méfiants après avoir aperçu un Eglan si peu respectueux, si impulsif et vulgaire, les conversations allaient bon train. Les hobbits assommèrent de questions la nymphe qui tentait de répondre du mieux qu’elle pouvait. Legolas tendait l’oreille pour en apprendre plus sur elle.

Il va sans dire qu’Eglan était mystérieux. Or, Legolas adorait résoudre les mystères, et celui de son compagnon le fascinait, l’envoûtait… L’oreille tendue, les yeux rêveurs et le verre à la bouche, voilà en quelle position se trouvait l’Elfe curieux. Une main calleuse tapota sur son épaule, le faisant sortir de ses pensées.

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