La pièce était plongée dans l’obscurité alors que des chuchotements fusaient en tous sens, guère discrets mais attendre n’était pas une activité très silencieuse.
Et tant pis s’ils se grillaient au passage ! Ça faisait déjà dix bonnes minutes qu’ils étaient plantés comme des navets dans le noir ! Si ce n’était plus longtemps, l’obscurité ayant tendance à modifier l’interprétation du temps qui s’écoule.
-Mais ils foutent quoi ?
-Arrête de grogner, Yurio, soupira son voisin.
Pour le coup, le blond fit la moue. Il n’était pas patient, c’était ainsi ! On ne le changerait pas de sitôt.
-Ils arrivent ! Couina Phichit.
L’avoir forcé à rester dans le noir sans utiliser son téléphone -confisqué pour l’occasion- avait été un vrai supplice pour le pauvre Thaïlandais qui avait presque rendu fou ses amis.
-Ouais, bah, qu’ils se magnent, grogna de nouveau Yurio en croisant les bras. J’ai autre chose à foutre.
-Ta vie sexuelle ne nous concerne pas, le taquina Emil qui tenta de lui pincer la joue.
À la place, il trouva le nez d’Otabek qui resta stoïque, malgré sa forte envie de réagir. Mais ils se feraient remarquer tout de suite, dans ce cas.
-C’est le signal ! Glapit Chris, l’oreille aux aguets. Tous en formation !
Il y eut quelques tâtonnements et des jurons étouffés, mais, dans l’ensemble, c’était correct.
-Tout le monde est prêt ?
Dans le couloir, les pas se rapprochaient de plus en plus, faisant que la voix du Suisse tenait du couinement de souris. Mais, dans l’ensemble, il fut entendu.
-Trois, souffla-t-il.
Ses doigts étaient presque collés à l’interrupteur.
-Deux…
La poignée était enclenchée et la porte poussée.
-Un !
La lumière jaillit, accompagnée de cotillons, confettis et autres langues de belle-mère.
-JOYEUX A…
-PUTAIN, MES YEUX ! Gueula Yurio.
