Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 9/20

Entrant dans la spacieuse maison (tout est relatif, c’est petit en maison, mais par rapport à mon appart c’est géant), je saluai D-roy installé sur un canapé avec Nakim. Je croisai Shawlong dans le couloir, une serviette autour du cou, les cheveux dégoulinant de sa précédente douche, ne portant qu’un short noir. Il me sourit gentiment et me fit un signe de la main auquel je répondis tout en poursuivant mon chemin. Je stoppai devant une porte ornée d’un « 15 » jaune. J’entrai sans toquer.

Il Forte était affalé dans un fauteuil vert, son regard fixé sur le plafond, une clope dans la main gauche, ses longs cheveux blonds étalés en une auréole angélique. Je me raclai la gorge tout en détaillant son corps avidement en passant ma langue sur mes lèvres devenus subitement sèches. Sans se relever, ni nous regarder, il nous fit signe de sa main libre d’entrer et de prendre place. Ce que je fis de mon pas familier qui m’était naturel. Je me plantai devant lui, les mains sur les hanches et dardant mon regard cramoisie sur lui.

-Alors ?

-C’est okay, et tu le sais, soupira-t’il en passant sa main dans ses cheveux et en tirant une taffe.

-Ça va pas ? Lui demandai-je en m’approchant.

-Szayel, souffla-t’il simplement.

-Pff… Je vois… J’m’en occuperai si tu veux…

-Te sens pas obligée Lia… C’est un sacré pot de colle et un râleur…

-Mais il est pas mal au pieu, ajoutai-je en posant mes fesses sur l’accoudoir.

-Toi seule peut le dire, s’amusa-t’il en enroulant son bras autour de ma taille.

-Tu me passes la clé ?

-T’perds pas l’nord, toi, grogna-t’il.

-C’est de famille, ricanai-je en me levant et empochant la clé.

-À la prochaine, ma sœur…

Pour toute réponse, je l’embrassai sur le front avant de sortir en prenant l’albinos par l’épaule. Je dirigeai ce dernier vers une grosse voiture assez solide d’apparence et assez classe. J’ouvris côté conducteur et me collai dans le siège, réglant le siège et ce genre de truc. Je glissai la clé et mis le contact avant de démarrer et me dirigeai vers la sortie de cette banlieue de débauche et d’arriver devant la clinique d’Isshin. Je coupai le contact et sortis en claquant la porte suivie de Shiro. Je stoppai devant la porte et me retournai vers lui.

-Fais au plus vite.

Mon poing s’abattit sur le battant de bois et ce dernier fut aussitôt ouvert par le rouquin qui arborait une mine plus renfrognée que d’ordinaire, et un peu déprimée. Son double au teint blanchâtre le bouscula un peu pour rentrer et disparaître de leur vue.

Je scrutai attentivement celui qui me faisait face. Je posai avec douceur ma main sur sa joue et la caressai avec lenteur. Il soupira profondément avant de se laisser aller et de me serrer dans ses bras avec force. Puis il s’écarta pour me laisser entrer avant de fermer la porte et de s’écrouler sur le canapé, m’invitant à y prendre place, ce que je fis en me blottissant tout contre lui. Il passa son bras autour de mes épaules et posa le haut de son crâne sur le mien, avant de noyer ses ambres dans mes rubis. Le silence s’installa paisiblement et aucun de nous ne bougea.

Mais la réalité nous rattrapa et le bruit de Shiro dévalant les escaliers nous fit sortir de notre bulle de paix sur-le-champ. Il arbora un air étonné devant le tableau que nous formions, puis finit par sourire d’un air doux. Je me levai douceur et aidai Ichigo à se tenir debout avant de les prendre tous les deux par la main et de les amener à la voiture sans rien dire et avec un sourire allant d’une oreille à l’autre.

Le trajet se poursuivit dans le silence. J’enfonçai mes ongles dans le caoutchouc du volant avec nervosité en observant scrupuleusement l’attitude renfermée et déprimée de mon meilleur ami. J’échangeai un regard triste avec mon clown préféré qui était contaminé peu à peu par le mutisme de son frère.

Je me garai impeccablement devant notre appartement et attendit que les jumeaux Kurosaki descendent du véhicule pour pouvoir les précéder dans les escaliers et ouvrir la porte, la laissant ainsi pour les suivants, pour aller préparer le diner. Tendant l’oreille, je perçus l’affalement d’un corps sur le canapé qui soupira sous le poids. Je compris que c’était l’albinos quand des soupirs et gémissements m’arrivèrent. Le rouquin prit place sur une des chaises dans la cuisine et me regarda m’activer derrière les fourneaux.

Je sifflotai allégrement avant de stopper tous mouvements pour lui faire face en prenant appui contre le meuble, alors que les poulets grillaient joyeusement. Je triturai nerveusement le torchon blanc à carreaux rouges alors que mes yeux détaillaient avec attention le corps ô combien tentant du jeune homme au regard perdu… regard le rendant encore plus charismatique… Je me mordis la lèvre inférieure pour me faire réagir.

Je lançai un coup d’œil vers notre repas qui grésillait au petit bonheur derrière moi. Je fis quelques pas vers lui, avant de déposer ma main sur son épaule et de mettre mon visage à la hauteur du sien. Ses pupilles chocolats débordaient de désespoir. Je lui frottai gentiment l’épaule, lui transmettant le plus de réconfort possible à l’aide de mes iris piments.

-Tu veux m’en parler ? lui proposai-je avec douceur.

Il leva les yeux vers moi pour les rebaisser avant de lâcher un soupir. Il posa ses mains dans ses cheveux déjà ébouriffés avant de relever la tête pour me regarder avec des yeux éteints. Je posai le torchon pour le serrer dans mes bras et il s’y laissa aller, frottant son nez dans ma nuque en poussant de petits gémissements pouvant s’apparenter à des jappements de chiots.

-Tu pleures ? Lui demandai-je d’une voix douce.

Il renifla pour toute réponse, et je pus sentir des petites rivières tièdes dévalant mon dos et je resserrai alors mon étreinte. Les pleurs se tarirent, mais on resta dans cette étreinte sans rien dire. Je le berçai avec lenteur et lui frottai le dos, plongeant mon nez dans ses odorants cheveux parfumés par le shampoing à la vanille. Cette odeur me fit sourire avec tendresse. Ça a toujours été son shampoing préféré, ainsi que le mien, et il avait tendance à en abuser un peu, voir énormément… Un sourire rêveur orna mes lèvres alors que des souvenirs remontaient à la surface, tous portant l’odeur ou le goût de la vanille… Je m’y plongeai avec délectation :

« deux enfants dans une baignoire, âgés de 5 ans au moins, une grande dame brune qui les surveille en souriant. Une petite fille aux cheveux roux flamboyants bouclant jusqu’aux épaules, un petit garçon aux cheveux de la même couleur, courts et ébouriffés. Ils s’envoient des vagues et de la mousse, les cheveux dégoulinants du shampoing blanc et dont l’odeur envoûte les sens. »

« 3 garçons et une fillette, âgés d’une dizaine d’années, se tenant plus ou moins par la main, sur un trottoir bordant un fleuve. Ils s’assoient au bord de ce dernier et commencent à déguster leurs glaces aux divers parfums. Le plus couvert de tous passe son bras autour des épaules de son voisin bleuté qui grogne tout en s’empiffrant de sa glace à la framboise. Le roux colle la jeune fille, tout deux tiennent une glace à la vanille. Finalement, le bleuté repousse l’albinos qui tombe sur les deux plus jeunes, les faisant plonger le nez dans leurs cornets. L’une des victimes s’empara de la glace à la banane du tout-blanc et l’écrasa sur la tête du garçon, après avoir ôté la casquette. »

Et ce genre de souvenirs… Oui, j’étais rousse, petite… Mais mes cheveux ont foncés et n’ont gardé qu’un reflet… Sauf les jours de plein soleil où je deviens brune.

-Eh ! Les amoureux ! On aimerait rentrer ! Interrompit l’albinos de l’autre côté du mur.

-Qu’est-ce qui vous en empêche ?

-Bah vous deux !

-C’est fini depuis longtemps, et vous le savez parfaitement ! Fis-je remarquer en soupirant.

La porte fut ouverte et les laissa passer avant d’être refermée. Shiro se mit à renifler.

-Dis, ça sent pas un peu le cramé ?

Je pâlis avant de me jeter sur le four pour sortir en vitesse les poulets… bien cuits ! Je soupirai d’aise en comprenant que c’était moins une ! Mon frère ouvrit en grand l’unique fenêtre et s’y accouda sans rien dire et en tirant sur sa cigarette, qu’il venait juste de sortir et d’allumer. Son amant ouvrit des placards et des tiroirs, et installa la table avant d’y prendre place et de se balancer sur sa chaise, les bras croisés derrière sa tête. Je passai derrière lui et lui filai un coup de torchon derrière la tête tout en poursuivant mon chemin pour sortir ce qui constituera le repas.

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