Quand ils cassèrent le baiser pour respirer, front contre front, yeux dans les yeux, bouches entrouvertes à moins de 5 cm, souffle court ; leurs yeux pétillèrent de leur complicité et un sourire étirait leurs lèvres. Leurs pupilles s’assombrirent peu à peu.
-Courage les gars ! On n’est pas loin de la maison, donc attendez jusque là, d’accord ?
-Hin hin…
-Merci, j’ai l’impression de parler à un mur, c’est sublime !
-On l’savait déjà qu’on était sublime ma p’tite Lia-chan… murmura Shiro en caressant de son pouce la joue de mon frère et en continuant l’échange oculaire.
Comme je l’avais dit, notre habitation n’était pas loin, et je laissai la chambre aux bons soins du couple, installée sur le canapé avec un livre dans les mains les écouteurs de mon baladeur vissés à mes tympans, mon portable sur le ventre et les martèlements venant de la chambre comme arrière-fond. Sans m’en rendre compte, je m’endormis et ne me réveillai qu’en fin d’après-midi. Mes jambes me semblaient lourdes, et je pus remarquer la raison de ce poids : nii-san a trouvé drôle de s’installer dessus pour câliner Shiro-kun.
-Bien dormi, la marmotte ? Demanda la voix enjouée de ce dernier.
Je baillai pour toutes réponses.
-On va dire oui, déclara le câlineur.
Je lui tirai la langue tout en me frottant vigoureusement les yeux.
-Z’êtes pas sensé être en cours tous les deux ? Grognai-je.
-Oui, mais nan ! Chantonna l’albinos en se balançant un peu.
-Shiro, arrête tes conneries ou on va se retrouver par-terre ! Fit remarquer mon homologue en grinçant des dents.
Je relevai les jambes, espérant les libérer des poids les clouant. Mon frère écarta les bras, tentant d’instaurer un équilibre, bien que précaire qu’il soit. Je tirai d’un coup, récupérant mes pieds et le reste. Eux, par contre, jouaient les tartines sur le faux parquet. Je me penchai doucement, la tête de Shiro juste en-dessous de la mienne. Il dardait son regard bicolore furieux sur moi. Je pris un air innocent.
-Pas trop de mal en bas ?
-Si ! Rétorqua mon frangin en se massant le dos.
-Pareil ! Ronchonna son copain en se relevant doucement.
Je m’assis un peu plus convenablement, leur laissant de la place où ils purent s’installer. Ce qu’ils firent aussitôt. Shiro-kun se plaça au centre, reléguant mon frère de l’autre côté. Celui-ci se cala dans les bras de son amant en émettant un bruit pouvant s’apparenter à un ronronnement de chat heureux et bien nourri. L’image me fit rire. Shirosaki passa son autre bras -le gauche- autour de mes épaules, me serrant contre lui, et posa ses lèvres couleur myrtille sur mon front, caressant et jouant avec mes cheveux. Mon ronronnement à moi était plus doux et ressemblait plutôt à une respiration profonde et mélodieuse (ce sont les mots de Shiro-chan). Je frottai mon visage contre son cou d’albâtre, mes bras enserrèrent sa taille fine mais musclée. Je poussai un soupir de contentement qui fit sourire les deux garçons.
J’étais prête à m’assoupir, mais la sonnette retentit, troublant l’instant de paix. Je grognai, accompagnée de mon frère et d’un soupir au centre. Je me levai, contre l’avis de ce dernier,, vu le « Hé ! » de mécontentement qu’il poussa au moment où je sortis de cette étreinte chaleureuse. Je trainai des pieds vers la porte avant de sortir sur le palier et de la refermer.
-B’soir Liatey-chan. T’allais partir ? Me demanda mon prof de maths.
-Sûr qu’non. J’devais juste vous parler sans me faire entendre de trop, rétorquai-je en montrant la porte de la tête.
-Un problème ? Déjà ? Remarqua-t’il en haussant un sourcil.
-Mon grand-frère et son… meilleur ami, commençai-je en butant sur les deux derniers mots, sont rentrés un peu plus tôt que prévu.
-Ah, d’accord… Dommage, chantonna-t’il. Je voulais juste te dire que j’m’excuse.
-D’quoi vous vous excusez ?
-D’avoir été si violent… J’suis devenu quasi-fou après avoir pu te toucher, te caresser, te prendre dans mes bras…
-C’est rien…
-T’fous pas d’moi. J’ai vu dans tes yeux qu’tu t’sentais blessée… D’puis la rentrée, d’puis quand j’t’ai vu dans ma classe, dans mes cours, j’peux pas faire autre chose qu’penser à toi… J’voulais qu’tu l’saches au moins une fois… J’aurais voulu faire ça bien plus doucement, mais…
Je posai délicatement mon index droit sur ses lèvres douces, l’obligeant à arrêter cette phrase à cet endroit. Sur la pointe des pieds, je posai mon front contre le sien, plongeant mes iris cramoisies dans ceux bleus de glace de mon senseï, qui les avait ouvert sur le coup. Je descendis mon doigt le long de sa gorge avant de le recourber pour le faire passer sous le nœud de cravate.
-C’est oublié… J’peux pas dire qu’j’m’en fiche, que j’vous en veux… Mais…
Je posai mes lèvres sur les siennes pour murmurer :
-Je ne peux m’ignorer le brasier qui brûle au plus profond de mon être dès que je me trouve en votre présence…
-Je ne t’avais pas déjà dis de m’tutoyer ? Murmura-t’il tendrement.
Ses bras passèrent autour de ma fine taille et me serrèrent possessivement, avant de me coller contre le porte, la refermant entièrement. Mon bras gauche passant derrière ses épaules, j’enfouis ma main libre dans ses doux cheveux argentés, alors que l’autre bras resta entre nos deux corps. L’échange visuel n’a pas été brisé une seule fois. Je souris doucement, mes yeux s’attendrirent.
Sans me quitter du regard, il quémanda l’entrée de ma bouche du bout de la langue, entrée que j’accordai aussitôt. Le baiser fut intense. Je clos mes paupières, appréciant d’autant plus le ballet de nos deux langues qui se redécouvraient, mais la danse était plus belle… plus sensuelle… plus douce…
Quand ce baiser fut cassé par nécessité, je soupirai d’extase en fermant les yeux. Sa bouche si douce migra dès lors vers mon oreille pour en titiller le lobe. Une de ses mains remonta pour me malaxer le sein gauche lentement, produisant une douce torture qui m’empêcha de réfléchir en envoyant mon esprit dans les abysses du plaisir. Je laissai échapper une flopée de gémissements qui excitèrent au plus haut point mon partenaire, ce que je pus sentir. Je frottais impudemment ma cuisse contre cette bosse douloureuse. Ce fut son tour de gémir. Ma main droite relâcha son col et caressa son torse par-dessus sa chemise, langoureusement. Elle passa dessous et, du bout des doigts, toucha son ventre et détachai sa ceinture. Sans prévenir, j’ouvris en un tour de main sa braguette et enfouis ma main dans son boxer pour m’emparer de son sexe qui durcit presque immédiatement. Gin enfouit son visage dans le creux de mon cou en laissant échapper nombreuses plaintes qui m’encouragèrent. Avec lenteur, j’actionnai ma main et démarrai les vas-et-viens qui le rendirent à moitié fou.
Ses mains agrippèrent mes épaules en tremblant légèrement. Il me vola un baiser. Ce dernier fut sauvage et violent, ainsi que tendre. L’une de ses mains -la gauche, je crois- resserra sa prise sur mon fessier. Mes doigts coururent sur la longueur, titillant la fente et malaxant adroitement les bourses. Il se mit à trembler, son visage toujours dans mon cou. Ses mains se crispèrent violemment, me faisant crier un instant.
-Liatey… murmura-t’il, son souffle court me chatouilla agréablement.
J’accélérai la cadence, ne faisant cure de ses protestations.
-Lia… gémit-il.
-Je sais, le coupai-je en lui embrassant le coin de la mâchoire.
Sans préavis, cette dernière se contracta et il me mordit sauvagement, me faisant écarquiller les yeux en hoquetant sous la douleur fulgurante. Soudainement, je me baissai et gobai le gland. Au même moment, il se cambra et enfonça ses ongles dans mes épaules, lâchant toute tension de son corps en de longs jets de sperme que j’avalai goulûment. Je lapai à petits coups les quelques gouttes avant de ranger l’engin et de refermer le tout pour me relever, finalement, et d’échanger un doux baiser.
Je me reculai, butant contre la porte, pour pouvoir mieux l’admirer. Ses cheveux argentés dans tous les sens, ses yeux dévoilés complétement hagard, sa bouche entrouverte laissant passer un souffle haché, des gouttes de sueur coulant le long de son visage, sa chemise froissée et chacun de ses bras passé autour de moi. Il leva les yeux sur moi et sourit gentiment.
-Wahoo… finit-il par dire après avoir récupéré son souffle, ses yeux brillaient.
Je rougis doucement. Gin caressa de son index ses rougeurs en faisant un petit sourire tendre. Il se pencha et posa avec délicatesse ses lèvres sur les miennes pour un baiser quasi-amoureux. Mon cœur battit aussi vite que les ailes d’un papillon. Son regard s’adoucit avant d’être obstrué par les paupières.
-Démone, va… souffla-t’il.
-Mmh, m’amusai-je, quand on parle de moi en des termes fantastiques, c’est plutôt comme une succube…
-Aussi, mais tu es une vraie vampire et une démone, susurra-t’il.
Je ris silencieusement en montrant mes belles dents blanches. Gin remit en place une mèche de mes cheveux derrière mon oreille gauche. Il m’embrassa timidement sur le bout du nez, bloquant mon menton avec sa main gauche. Finalement, il reposa son front contre le mien, ses yeux toujours cachés, son souffle caressant mes lèvres, sa main toujours à mon menton.
-Je vais devoir te laisser, ma Liatey…
-Va-t’on se revoir en dehors des cours ?
-On essayera, va… Et puis, il y a Renji…
-Il ne sait pas où j’habite…
-C’est marrant, d’ailleurs, qu’il a jamais remarqué ton tatouage…
-L’est souvent ivre-mort, sinon, un peu de maquillage…
-Quand j’disais qu’t’étais une démone…
Je lui adressai un sourire machiavélique, comme il lui arrivait d’afficher en classe.
-J’te promets rien, ma belle, sinon de devoir te cacher pour notre relation…
-Se cacher ? Tu rigoles ! Ici, au Hueco, ça choquera personne !
Il me fit un sourire en coin trop craquant avant de se pencher pour m’embrasser longuement.
Quand le baiser fut cassé, il me relâcha et descendit sans se retourner, me laissant pantelante, le cœur battant et le rose aux joues. Lentement, j’élevai mon poing pour l’abattre sur le battant de bois. Ce dernier fut ouvert aussitôt par Shiro qui me sauta limite dessus, avant de me tirer pour m’asseoir sur le canapé et de se mettre à sautiller sur place, avant que nii-san l’attrape par le bras pour le faire tomber entre nous pour l’emprisonner dans une puissante étreinte. Je remerciai du regard mon frère avant de me caler contre Kurosaki et de l’entourer de mon bras.
-Shiro-chan, tu restes ce soir finalement, ou pas ?
-Hm, j’sais pas…
-Une sortie dans la nouvelle boîte, ça vous dit, tous les deux ? Proposa mon jumeau d’une voie endormie.
-J’reste ! J’dois juste appeler mon père…
-J’m’en occupe ! Chantonnai-je en sortant le portable de mon voisin de poche arrière.
Ce dernier sursauta et me lança un regard en biais alors que je portais le combiné à mon oreille tout en lui tirant la langue. Il me tira la sienne qui était de la même couleur que ses lèvres et qui était effilée à la manière de Nnoitra, un de mes ex que mon frère n’arrivait pas à piffrer.
-Moshi moshi ! Isshin Kurosaki à l’appareil !
-C’est Liatey ! Mon… Isshin, me rattrapai-je à temps.
-Ah ! Il y a un problème ma petite ? S’inquiéta-t’il.
-Non ! Aucun, le rassurai-je. C’est pour savoir si Shiro pouvait rester ce soir…
-Tant qu’il ne réveille personne…
-Merci Isshin ! Vous… tu peux me passer Ichigo ? Me repris-je.
-Lui aussi ? S’amusa mon interlocuteur.
-Pour pas s’ennuyer seule…
-Je te l’appelle…
S’ensuivit un « Ichigo ! » retentissant qui me força à écarter le mobile de mon oreille en grimaçant, puis des pas dans l’escalier avant qu’un grognement me prouve le changement d’interlocuteur.
-Salut Ichigo ! Chantonnai-je en détachant chaque syllabe. Je ne te dérange pas, j’espère ?
-Non, t’inquiètes pas.
-Est-ce qu’une virée en boîte t’intéresserai ? Avec nos jumeaux ?
-Euh…
-Je promet de ne le dire à personne, à peine entrés on se détache d’eux, on boit autant qu’on veut, je te ramène chez toi, mais tu dis rien aux autres, et encore moins à Renji !
-Bah, après tout… pourquoi pas ? Soupira-t’il.
-Un problème ?
-J’te raconterai… Bref, on se retrouve où et à quelle heure ?
-Tu veux manger avec nous ou pas ? Dans tous les cas, on passe à la clinique…
-Je réfléchis… Met une assiette en plus, si ça te dérange pas trop, souffla-t’il.
-T’as pas l’air d’aller bien… Bon ! Je te l’ai proposé, donc ça ne me dérange pas !
-Quelle heure ?
-Je demande…
Je posai ma main sur le combiné avant de me tourner vers son frère.
-Tu passes chez toi, ou pas ?
-J’ai pas mes affaires, alors oui.
-Avant manger ?
-C’est parti !
-Calme et profites plutôt de mon frère.
Je recollai le portable noir à mon oreille.
-Allo ? Dans une ou deux heures… voir un peu moins, ça te va ? L’interrogeai-je.
-Hm hm… J’vous guette par la fenêtre, finit-il par lâcher en un souffle.
-À tout de suite.
Je raccrochai et remis à sa place le portable, faisant sursauter l’albinos au passage, avant de me lever pour chopper le mien, puis de me laisser retomber sur le divan dans un grincement de mécontentement de la part des ressorts. Je pianotai un bref instant avant de le porter à mon oreille.
-Salut ! C’est Liatey !
-…
-J’ai besoin de tes services…
-…
-Enfin… plutôt de ta voiture !
-…
-Le prend pas comme ça ! C’est promis, j’en prendrai le plus grand soin !
-…
-Je te le promets ! Merci beaucoup Il Forte !
-…
-J’arrive ! À tout de suite !
Je raccrochai de nouveau et me tournai vers Kurosaki.
-Bon, Shiro-kun, ramène ta fraise, on passe chercher ton frère !
-Je suis du voyage, ou pas ? Demanda mon frère.
-Nan, t’es trop reconnaissable.
Mon frère émit un grognement montrant son désaccord. Son petit-ami l’embrassa sur le nez avec tendresse avant que je ne le serre dans mes bras en souriant. Me relevant, je choppai le bras de Shiro pour le tirer sur le palier. On dévala les escaliers avant de surgir hors du logement. Je fis un signe de la main pour saluer Neliel, la logeuse, qui me sourit en retour. Arrivés à l’extérieur, je marchai d’un pas rapide jusqu’à la baraque de l’autre côté de la rue. Celle-ci était assez spéciale : seule deux personnes personnes y vivaient ! En vérité les frères Grantz se la partageaient, mais le plus vieux y logeaient 3 amis. C’est d’ailleurs chez lui que je me dirigeais.
