L’eau me fit grand bien et je pus y pleurer tout mon saoul. Je crois ne jamais avoir autant pleuré de ma courte vie. Je ne sortis de la cabine qu’une fois assurée de ne plus craquer.
Rassurée, je sortis de la salle d’eau après m’être vêtue correctement. Passant par la chambre, je notai que mon prof dormait encore, avant d’aller dans la cuisine. Entrant dans le salon, j’en profitai pour tout ranger, préparant l’unique canapé pour mon frère. Je laissai glisser ma main sur le dossier, m’abandonnant à mes souvenirs, avant de me ressaisir et d’entrer dans la cuisine.
Évidemment, c’est un véritable champ de bataille. Je soupirai de nouveau devant ce boulot supplémentaire, mais je finis par me retrousser les manches mentalement. Je tirai sur mon bracelet de cuir qui se détacha de mon bras avant d’attacher ma chevelure en un chignon haut, repoussant quelques mèches derrière mon oreille, histoire de ne pas être dérangé plus que nécessaire. Un regard désabusé vers l’évier où une pile de vaisselle m’attendait patiemment. Je me dirigeai vers ce coin et m’y attelai. Une fois la vaisselle en train d’égoutter, je m’occupai des divers aliments trainants sur le plan de travail. Suite : séchage et rangement de la vaisselle propre.
Alors que je plaçai le dernier bol dans le placard, des bras s’enroulèrent autour de mon ventre, me faisant tourner la tête vers l’intrus, qui n’est autre que Gin. Je l’embrassai sur le bout du nez avant de fermer le placard et de me retourner entièrement, de sorte d’être face à face. Il se pencha pour m’embrasser longuement. Quand il me relâcha, j’entrouvris lentement les yeux, lâcha son côté droit pour lever ma main et remettre en place des mèches folles qui allaient de toutes parts, suite au sommeil de leur propriétaire. Ce dernier cala son menton sur mon épaule et me laissai faire, déposant des petits baisers dans mon cou, profitant que mes cheveux attachés libéraient l’espace.
Ses bras descendirent avant de s’accrocher à mes fesses, me surélevant, avant de m’asseoir sur le plan de travail. Cachant du mieux que je pus mon angoisse je passai mes deux mains dans sa chevelure argentée si douce… Je posai mes lèvres contre son front, alors qu’il me caressait la poitrine à travers le tissus. Finalement, il m’embrassa sans rien faire d’autre, avant de reculer pour m’aider à descendre. Il passa ses bras autour de mes hanches en un geste d’appartenance, ce qui ne me plut guère, mais je ne dis rien, le laissant faire, pour voir jusqu’où il irait.
-Je vais devoir te laisser.
-Aaah… Pourquoi ? Lui demandai-je.
-J’ai des cours à donner. Repose-toi, d’accord ? Je reviendrai en fin de journée.
*Pour me sauter encore une fois, j’parie…
-À ce soir, alors, fis-je d’une voix douce.
-À c’soir, poupée.
Il fit glisser un doigt sur ma joue. Je dû raisonner pour ne pas le mordre et le lui arracher. Puis, Ichimaru-senseï me lâcha avant de s’éclipser par la porte. J’attendis patiemment avant de laisser éclater ma fureur contre ce connard qui avait profité de moi et qui a été incapable de me faire du plaisir !
Bon, j’avoue que de tout ceux avec qui j’ai couché, seul un arrive à me mener à l’orgasme… Et poutant, j’ai couché avec des tas de mecs !
Après cet éclat de colère, je me sentis vidée et m’accoudai au rebord de l’évier, avant de fermer les yeux pour inspirer à fond. Un trou se fit dans mon esprit et je me mis à me sentir inspirée par ce trou. Je m’évanouis une nouvelle fois, ressentant le choc de la rencontre entre mon crâne et le carrelage, le choc fut amoindrie, l’esprit dans du coton.
J’ai mal… J’suis pas douée…
Une main fraîche sur mon visage… Quelqu’un me caresse le front, les pommettes et les joues. Mon subconscient me dit de me laisser aller, alors que mon instinct me hurle de réagir ! Tiraillée par les deux, j’ouvris les yeux et chopai la main pour la mordiller gentiment, façon chaton joueur. Malheureusement, mon nouveau jouet me fut enlevé aussitôt.
-Ouaïe ! Lia-chan est réveillée !
Éblouie par la lumière, je fermai les yeux et fis la moue, espérant pouvoir récupérer mon jouet.
-Shiroooo ! Repasse-lui ta main, voyons !
-Pas fou, non ? J’y tiens, moi !
J’pense qu’mon frère lui a promis quelque chose, ou alors il l’a menacé, va savoir, car je pus ravoir mon nouveau jouet que je mordillai avec enthousiasme. Tout en le torturant allégrèment, j’ouvris progressivement mes yeux, m’accoutumant à la lumière. Finalement, j’ouvris en grand les yeux et aperçus : un Shiro grimaçant, théâtralement et un grand frère avec le visage partagé entre l’inquiétude et l’amusement. Je fis un grand sourire, la main au travers des lèvres. Mon frère éclata de rire et je relâchai la main de Shiro qui se la frotta.
-T’as pu rentrer finalement ?
-Ouaip ! Une bonne âme s’est dévouée, fis-je avec un air angélique.
-Et elle s’est dévouée jusqu’à ton lit cette bonne âme, hein ? Fit, narquois, Shiro.
J’hochai la tête en guise de réponse positive.
-L’est quelle heure ? Demandai-je, subitement.
-13h moins l’quart, Liatey.
-Déjà ? Pâlis-je.
-T’t’es évanouie à quelle heure ? S’inquiéta mon frère.
-Dans les environs d’onze heures, me rappelai-je.
-Oh bordel de merde… jura mon frère.
-Putain, siffla Shiro.
-Language, les gars ! Lançai-je pour rire.
-Faut qu’tu voies un médecin ! S’exclama Shiro en se levant si vite qu’il fit tomber sa chaise.
-Okay, plus tard…
-Nan !
J’ouvris d’un coup les yeux et me blottis contre la tête de lit, les bras passés autour de mes genoux, le regard fixé sur mon jumeau qui avait haussé le ton. Voyant ma réaction, ce dernier tenta se me rassurer.
-Excuse-moi ma chérie mais tu t’es peut-être fracturé intérieurement…
-Parce qu’tu crois qu’on a le fric ? M’insurgeai-je.
-Alors on ira voir mon père… déclara Shiro.
-Tu… tu irais jusque là ? Supporter ton père et avoir une dette envers lui pour… ça ?
-D’t’façon les médecins d’ici sont incompétents en dehors des fractures externes.
-Mouais… Okay ! Z’avez gagné… abdiquai-je.
Voyant leurs mines réjouies, je m’empressai de leur piétiner la victoire.
-Mais va falloir expliquer à Ichigo et les autres ce que j’fous avec vous…
Leurs mines s’assombrirent. Je ne pris même pas soin de cacher mon sourire de vainqueur.
-Y mange pas à l’école, ton frère ? Demanda le mien.
-Bah si… comme tout l’monde…
Putain… J’suis maudite ! C’pas possible autrement…
-On y va tout d’suite ? M’inquiètai-je.
-Non ! Avant, on mange ! Décida mon jumeau.
-Adjugé vendu !
Je me levai aussitôt pour courir dans la cuisine et préparer le repas. Je mis la table, tandis que la viande cuisait dans le four. Une petite sonnerie me fit sursauter et ma retourner : juste à côté du frigo se tenait mon portable ! Je sautai dessus et fis le tri.
Des messages de mes amis qui s’inquiètaient, de mon frère et son copain. (Ouais, mon frère est gay, ça dérange quelqu’un ?). je consultai l’heure et décidai d’appeler Ichigo. Ce dernier décrocha aussitôt.
-Yo Ichi ! C’est moi !
-S’lut Lia. T’es où ?
-Chez moi. J’vous dérange pas ?
-Nan, on mange, là.
-Ah, okay…
-Tu vas mieux ?
-Ouais…
-Bon, j’te passe ‘Hime, ou alors elle va m’arracher la tête ! À+.
-À+, murmurai-je.
-Liatey-chan ! Où es-tu ? T’étais plus à l’infirmerie !
-Yo Hime-chan ! Comment vas-tu ? Moi, ça va, merci. Sinon, si tu pouvais baisser le volume, ça serait sympa, j’ai mal au crâne… Bref, tu manges quoi ?
-Tu m’as écouté ? M’interrogea la rousse.
-Ça m’a l’air délicieux, lui répondis-je du tac-au-tac, tu me passeras la recette ? Histoire de l’essayer à ma manière, évidemment…
-Liatey-chan ! Je te parle ! S’est remise à hurler la jeune fille.
-Et moi aussi, je te parle ! Lui fis-je remarquer. Et je t’ai demandé d’arrêter d’hurler, j’ai mal à la tête…
-Excuse-moi, murmura-t’elle.
-C’est rien. Bref, j’suis chez moi.
-Je vais bien et je mange une salade de thon avec des haricots, le tout arrosé de miel et accompagné d’une miche de pain complet !
-Ah… C’est bon ? M’enquérai-je.
-Un peu sec, mais j’ai pensé à emmener du jus d’orange !
-Faudrait que j’y goûte, tu me le notes, steup’ ?
-Bien sûr ! Je te passe Uryû-kun.
-D’accord !
-Liatey…
-Bonjour Uryû. Bon appétit, hein !
-Merci. J’aimerais savoir qui t’as ramené chez toi sans vouloir être indiscret.
-Le prof de maths. Il avai une course à faire.
-D’accord. Merci. Sinon, ça va ? Si il y a un problème, tu sais que tu peux passer à l’hôpital de ma famille.
-Je me rétablis, merci. J’y penserai en cas de complication, merci.
-Mais de rien. C’est normal. À la prochaine.
-À la prochaine Uryû !
-Ma Lyly ! Ça va ?
-Oui, merci Shû… Tu peux arrêter de gueuler, please ? Mal au crâne, grommelai-je.
-Excuse-moi, mais quand j’ai été mis au… Hé !
-Allo, Liatey ? C’est Ulquiorra.
-Bonjour Ulquiorra, comment vas-tu ? Encore merci pour ce matin.
-Je vais bien, merci. De rien, c’est toi qui m’as obligé, j’te rappelle.
Je sentis un sourire dans sa voix, mais le connaissant, ce n’et que dans sa voix.
-Ah oui, c’est vrai ! J’avais oublié ! C’est moi ou tu as pris le portable à Shûshû ?
-J’l’ai bien pris, en effet, affirma mon ami déprimé.
-Pourquoi ?
-Il allait ENCORE te raconter sa vie ! Se plaignit-il. Oui Hisagi, c’est de toi dont je parle ainsi !
-Fais gaffe, il va avoir du mal à le digérer ! Le prévins-je, gentiment.
-Si ça peut le faire taire…
J’éclatai de rire tout en m’occupant du repas. Puis j’entendis un « Hé ! » de désaccord.
-Lya ? Grogna la voix de mon petit-ami. Tout va bien ?
*Absolument ! Je viens de te tromper avec le prof de maths alors que tu stressais comme un malade sur mon sort.
-Tout, j’sais pas. Mais ça va, oui, merci !
-P’tain, si tu savais comme je m’en veux ! J’aurais été plus attentif que ça, tu serais rentrée plus tôt ! C’est ma faute !
-C’est la faute de personne. Je buvais moins que toi et j’aurais pu regarder l’heure ou arrêter de danser !
-Pff…
-Allez mon Renji ! Tout va bien ! J’ai pas cours de la journée je suis chez moi tranquille… La vie est belle !
Renji éclata de rire.
-On se voit ce soir ?
-Nan, désolée je préfère pioncer…
-Alors repose-toi bien ma belle et pense à moi !
-Comme toujours !
-Allo Liatey ?
-Haï Kuchiki-sama !
-Comment te sens-tu ?
-Bien, merci de prendre des nouvelles de ma santé.
-C’est absolument normal. Je suis rassuré sur ton sort je te passe Hisanna.
-D’accord et merci. Bon appétit.
-Lia-chan ? Comment te portes-tu ?
-Je vais bien merciiiiii !
-Euh… Lia ?
-Excuse-moi, je viens de me brûler avec la poêle…
-Bon, alors ça va… J’en suis rassurée.
-Merci de compatir, je suis touchée…
Je coupai le gaz et posai la poêle sur la table avant de prendre appui sur la table.
-De rien, c’est gratuit. Je te passe Hitsugaya.
-Merci.
-Liatey, tu n’es franchement pas douée…
-Merci bien. Mais je crois bien n’avoir demandé aucun commentaires…
-J’en mourrais d’envie, pardonne-moi…
-Je ne crois pas à tes excuses, je ne sais pas pourquoi…
-Parce qu’elles n’étaient pas réelles ni sincères, peut-être ? Suggéra le 3°.
-Ça doit être ça…
J’éclatai de rire de mon côté et savais que Tôshirô souriait, du sien.
-Bon, je te laisse… Reviens vite !
-Je reviens demain !
-Demain ? Tu comptes venir à l’école un samedi ?
Il était à deux doigts d’exploser…
-Lundi, je veux dire…
-J’avais compris, je te passe de Tatsuki.
-Merci. Yo Tatsuki !
-Yo Liatey, tu veux que je te passe les cours et les devoirs ?
-J’aimerais bien, oui. Pour certains, par contre…
-Ah oui, c’est vrai, on n’a qu’à s’arranger avec Ichigo, comme ça, ça serait plus rapide…
-SI ça ne dérange aucun de vos deux, j’accepte !
-Okay. Rendez-vous à 15h chez Kurosaki. Bon, à +.
-À plus !
Avant qu’elle ne raccroche, je pus entendre Ichigo ronchonner. Je rangeai mon mobile au moment où mon jumeau et son copain entraient.
-Asseyez-vous, j’arrive avec la viande ! Les prévins-je.
-Elle est pas déjà sur la table demanda Shiro en arquant un sourcil et en montrant effectivement, les steaks saignants.
-Ah… euh… oui ! J’avais… euh… zappé ? Tentai-je sur un grand sourire confus.
-Toi alors ! Soupira mon frère en prenant place.
-Ben quoi ? Fis-je en faisant de même, accompagnée de Shiro. C’est comme ça que tu m’aimes nii-san !
-Baka, soupira ce dernier.
Mais le ton était doux et les yeux, d’habitude illuminés d’un air fou, pétillaient d’amusement, même si une pointe d’inquiétude ténue pouvait y être visible. Il ébouriffa les cheveux laissés libres en un nid d’oiseau avec des mèches en tout sens.
-Grimmy-chan ! Me plaignis-je. J’ai pas besoin de toi pour être décoiffée !
-J’le sais Lia-lou, mais on sait jamais !
-Dis donc vous deux, z’allez les bouffer ces steaks ou merde ? Intervint le dernier.
-Bah… merde ? Tentai-je.
Un silence se fit. Je fermai les yeux un court instant. En les rouvrant, je pus apercevoir le sourire étiré et gouailleur de mon voisin de droite et mon frère en train de se mordre les lèvres violement. Soudainement, ils éclatèrent de rire. Mon jumeau posa lourdement sa tête sur la table, un rire ressemblant à un rugissement s’échappant de sa bouche, hilare. Shiro, la tête partit en arrière, la main droite posée sur le front, la bouche ouverte en grand un rire tonitruant et démentiel -voir démoniaque- s’en échappait, sa langue bleue et effilée pendait en dehors.
Je souris timidement avant d’éclater de rire moi aussi. La cuisine fut remplie de rire. Le mien ressemblant à des couinements de chaton effrayé ce qui est tout sauf classe, m’avouerez-vous, pour une jeune donzelle.
