Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 5/20

-Alors t’es du Hueco Mundo, hein ?!

-Ouais. Qu’ça peut t’faire ?

Maintenant qu’il savait d’où je venais, plus besoin de jouer la fille polie.

-Moi ? Ça m’fais rien, juste qu’maintenant t’as une bonne raison d’rien dire sur c’que t’as vu.

-Un chantage ?

-Nan, un marché : j’dis à personne d’où tu viens, t’fais d’même sur ma couleur d’yeux.

-Okay.

Je fronçai le nez pour afficher mon mécontentement.

-S’non, t’habites où ?

-C’que ça peut vous faire ?

-J’te ramène chez toi, t’comprends qu’j’ai b’soin d’l’adresse, choupette !

-M’appelle pas choupette !

-Eh ! Décompresse ! J’vais rien t’faire !

Un silence accueillit ses paroles.

-Écoute. On va oublier le temps d’une journée les cours et c’que j’t’y ai fait. On va aussi oublier qu’j’suis ton prof et qu’t’es mon élève. Okay ?!

-Okay.

Il me présenta sa paume dans laquelle je tapai pour valider notre accord. Relevant la tête, je pus admirer un vrai sourire.

-S’non, t’habites où, alors ?

-Quartier de la pleine lune annonçai-je toute fière.

-Pff ! Siffla-t’il. C’est le quartier le plus violent, nan ?

-Ouaip ! Juste à côté de la lune rousse, le quartier à putes !

-Ça m’étonne même pas de toi, tiens…

Il s’était accoudé contre la table de chevet et avait posé son menton dans sa main. Je pouvais sentir ses yeux balayer mon corps.

-T’comptes sortir comme ça ou tu remets ta chemise ?

-J’vais la r’mettre temporairement, l’temps d’sortir du bahut.

-T’as peur qu’on apprenne d’où tu viens, naon ?

-Trop !

-J’comprends. J’suis comme toi,.

-Vous êtes aussi d’là-bas ?!

-Ouaip !

-D’quel quartier ?

-Le dernier.

-C’pas l’pire, répliquai-je, pensive. Toi aussi t’es…

-Marqué ? Ouaip ! T’veux voir ?

-Un peu qu’j’veux voir !

Il se lev, ôta son T-shirt vert et me montra son dos. Dessus s’étalait le « slogan » de notre banlieue en lettres gothiques. J’allongeai le bras et les effleurai du bout des doigts. Sous ces derneirs, la peau se tendit avant d’être secouée par un frisson. Je rangeai sagement alors mon bras auprès de moi. Mon professeur remit en vitesse son haut et me fixa sans rien dire, debout.

-Bon, tu l’enfiles ta chemise ?

-On part tout de suite ?

J’en étais éberléuée.

-Sauf s’tu veux rentrer plus tard.

-Sûr que non, mais ça m’étonne quand même.

-J’rendrai des comptes à l’administration plus tard. J’prends ma journée, qu’il le veuille ou non ! Décréta-t’il en croisant les bras et levant la tête en un air conquérant.

Je pouffai devant cette pose. Il sourit gentiment. Je tendis le bras à gauche pour m’emparer du bout de tissus blanc et de l’enfiler et de fermer à la va-vite deux-trois boutons.

-Prête ?

-Absolument !

Tout en disant cela, j’enfilai mes chaussures et attrapai mon sac. Je voulus me lever, mais je chancelai et je faillis tomber si il n’y avait pas eu mon senseï.

-Ouah… Merci senseï.

-C’est rien. Apelle-moi Gin, okay ?

-Dans la mesure oùvous m’appelez d’puis la rentrée Liatey, pourquoi pas ?!

-Mais pas de sama derrière, hein ?!

-Bien Gin-sempaï.

-Nani ?!

Je me contentai de lui sourire.

-Bon, hop ! Faut y aller ! Se reprit-il.

Le « hop » signifiait : gaffe-à-toi-,-je-te-soulève-comme-une-jeune-mariée. Je passai mes bras autour de son cou, étourdie, posant ma joue gauche sur son épaule, me résignant à cette situation dégradante.

Sortant de l’infirmerie, Unohana-sama nous fit un signe de la main ainsi qu’un sourire doux, je les lui renvoyai avant de me retrouver dans le hall. J’espérai de tout coeur de ne rencontrer personne. Heureusement, on se retrouva sur le parking sans encombres et il m’aida à m’installer dans sa voiture.

-J’suis pas en sucre ! J’peux m’attacher toute seule ! M’écriai-je.

Malheureusement, Gin ne m’écouta pas et se pencha pour attacher la ceinture, frôlant accidentellement (?) ma poitrine. Puis il alla s’asseoir, s’attacha et démarra.

-Tu m’passes tes clés, me demanda-t’il à un feu rouge, j’vais en avoir besoin ?

-Heu… hésitai-je.

-T’inquiètes, c’est juste que j’sens qu’tu vas dormir quand j’t’porterai.

-Oh !

Je m’empourprai tout en lui tendant la clé.

-Merci.

Il la récupéra et me caressa la main en même temps. Je me troublai un peu mais ne dis rien. Le « voyage » était long et je m’endormis sans le remarquer.

Je me réveillai dans les bras de Gin qui tentait d’ouvrir. Gardant un bras autour de son cou, je l’aidai à faire tourner la clé et à pousser la porte. Il referma cette dernière et je lui indiquai le chemin jusqu’à la chambre. C’est avec douceur qu’il me posa sur le lit double. Je tapotai la couette à mes côtés.

-T’peux prendre place s’tu veux.

Il s’assit sans dire et me rendit mes clés que je rangeai. Je m’adossai contre le mur et repliai mes jambes en tailleur. Je lui fit un sourire timide.

-Pardon du bordel, mais j’ai pas eu l’temps d’ranger.

-T’vis seule ?

-Naon.

Il ne chercha pas à mieux comprendre. Sa main décolla pour se poser sur ma joue. Mon coeur accéléra. Je plongeai mon regard dans ses pupilles qu’il me dévoilait une nouvelle fois. Elles étaient bleus comme un ciel sans nuages. Nos visages s’approchèrent sans que nous en ayons véritalement conscience et nos lèvres se touchèrent. Je fermai les yeux, savourant ce baiser, en voulant toujours plus. Mes poings se crispèrent, emprisonnant son T-shirt de cette étreinte. Ses bras appuyèrent sur ma tête pôur approfondir le baiser, au moment-même où nos bouches s’ouvraient et noslangues se mêlaient. Mes neurones s’étaient déconnectés. Je cassai un instant le baiser et repris mon souffle, le front calé sur son torse, à la recherche de la régularité de mon souffle.

Le silence, troublé seulement par nos respirations hachées, fut brisé par lui. Sa voix n’était qu’un murmure, et ce murmure chatouilla mon oreille.

-Putain… J’crois qu’on est en train d’faire une connerie… une grosse connerie… on la regrettera encore plus qu’on l’espérait…

-Pas grave… L’important est de faire c’qu’on veut, pas vrai ?!

-T’as raison… Mais…

-Personne ne le saura… Vous connaissez mon adresse, j’connais vos yeux, profitons de nos données partagées… Z’êtes un priviligié… Z’êtes le seul à être venu ici…

-Même pas tes p’tits-amis ?

-Même pas.

-Quel honneur !

*Assez parlé, pensai-je.

Je fondis sur lui et m’emparai de sa bouche, dominant le baiser le bras autour de sa taille et sous son T-shirt. Je le défiai des yeux de casser le baiser pour parler. Il s’abstient, appuyant ma nuque pour aller plus profond.

Je détachai sa ceinture en la faisant lentement glisser avant de la lâcher au sol. Mes mains se rejoignirent au centre de son estomac, sous son haut. Lentement, elles remontaient, caressant et flattant les pectoraux. J’en profitai pour l’enlever. Je m’appuyai de tout mon poids sur lui, le faisant tomber en arrière. Je relâchai sa bouche et la fis glisser jusqu’à son oreille, alors que mon nez se nichait dans ses mèches argentées. Je suçotai le lobe, le sentant réagir. Je le mordillai un peu avant de m’asseoir sur son bassin.

Sa bouche entrouverte, les yeux entièrement clos, les bras écartés, les jambes un peu éloignées l’un de l’autre, en bref, mon prof de maths dans une posture d’abandon total… Je passai le bout de ma langue sur mes lèvres subitement assèchées avant de la poser sur le morceau de peau se situant juste entre le nombril et la bordure de son jean gris perle. Puis je remontai lentement, léchant avidemment tout son torse, redesseinant ses pectoraux et ses muscles, le faisant frissonner à chaque coup de langue. Quelques coups gémissements s’échappèrent de sa bouche à demi-close. Je me frottai contre lui, lâchant à mon tour quelques gémissements qui le firent réagir. Je l’embrassai à pleine bouche, avant de me retrouver sur le dos. En moins de temps qu’il le faut pour le dire, je me retrouvai en sous-vêtements, les bras tenus au-dessus de la tête par une main, l’autre jouant avec mon sein droit toujours coincé dans mon soutien-gorge blanc. J’emmêlai mes jambes aux siennes et me cambrai vers lui, le suppliant du regard. Il avait repris son sourire sadique. Jamais un sourire ne me fit autant d’effet… J’dois être masochiste dans l’âme…

Il m’ôta la pièce de tissus qui l’empêchait de « cajoler » ma poitrine. Une fois cela fait, il titilla les pointes qui se mirent à pointer aussitôt, il se mit à les mordre, les lécher, les griffer, me faisant gémir. Gin blottit sa tête dans le creux de mes épaules, tandis que ses doigts caressaient mes mamelons.

-Tes gémissements m’rendent fou, murmura-t’il.

-Et moi, commençai-je, et moi… c’est toi… toi qui m’rend folle…

-Chuut… Sa main se posa sur ma bouche, alors que son souffle me chatouillait. Faut pas dire des trucs pareils, t’sais…

-J’fais qu’énoncer la vérité, remarquai-je.

-C’pas une raison…

Ses doigts caressaient mes lèvres alors que je parlais, me chatouillant agréablement. Mes paupières se refermèrent d’elles-même. La main migra, caressant mon ventre avant d’accrocher le rebord de mon dernier sous-vêtement, le balançant sur le plancher. Je le sentis gigoter, puis il se remit à cheval sur moi avant de m’embrasser fougueusement. Je passai mes bras autour de son cou. Il posa son front contre le mien.

Une douleur me déchira un court instant, me faisant ouvrir les yeux sur le coup, enfonçant mes ongles acérés dans ses épaules.

La douleur se calma, embrumant mon esprit et ma vision, rendant fiévreux mon corps et me faisant trembler. Les larmes m’étaient montées aux yeux.

Je calmai ma respiration avant de me mordre les lèvres, car les coups de butoir reçus me coupaient en deux, altérant ma respiration et ne me procurant qu’un très vague plaisir, submergé par la douleur ressentie. Je peux sentir sa langue sur mes joues, goûtant mes larmes. Gin se penchait pour m’embrasser rapidement. Je sentais qu’il prenait son pied dans cette douleur, et que me voir ainsi était jouissant pour lui…

Puis, soudainement, il se tendit. J’entrouvris les yeux. Il avait rejeté sa tête en arrière, le dos bien droit, ses doigts s’enfonçant dans mes hanches. Un simple regard me suffit pour saisir qu’il allait jouir, ce n’était qu’une question de secondes…

Je me tendis aussi, jouant le jeu jusqu’au bout, enfonçant mes ongles dans sa chair. Il explosa dans l’instant, hurlant à pleins poumons, avant de retomber sur moi, sans être sorti d’entre mes cuisses. Sa tête se nicha d’elle-même dans le creux de mon épaule, avant de s’endormir. Je restai figée, à regarder le plafond. Finalement, mes sanglots éclatèrent une nouvelle fois et dévalèrent mes joues sans bruit. Ma main gauche caressa les doux cheveux argentés alors que la droite étalait les larmes sut mes joues. Puis, doucement, je me détachai de lui pour sortir du lit. Je le recouvrai du drap, laissant glisser mes doigts sur son visage. Soupir de ma part avant de récupérer mes vêtements et les glisser dans mon placard à la va-vite et de sortir de nouvelles fringues et filai sous la douche.

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