Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 4/20

J’ai mal… Où ? J’sais même pas… Au dos et à la nuque, je crois. Je laisse échapper un grognement avant de me mettre à renifler. Il règne une odeur qui m’est inconnue… Je fronce des sourcils, puis perçois des pas. Prenant le partie de jouer l’endormie, je relâchai mes muscles.

Le bruit de chaises qu’on tire, des gens s’asseyant, qui regardent… Je sens la brûlure de ce regard sur moi. Puis, un mouvement se fit percevoir. Ma main se trouva prisonnière de deux de ses homologues.

Sans réfléchir, je réagis au quart de tour. Je surgis du lit, attrapa l’intrus au col par mon autre main et la plaquai devant moi. Aveuglée par la rage, je bloquai ses bras au-dessus de sa tête et me mis à montrer des dents et gronder, le visage dans les environs de 5 cm du sien. De mes genoux, je coinçais ses jambes. Impossible de bouger !

Mais, on me fit lâcher prise et on me recoucha de force. Quelqu’un d’autre s’approcha et je ressentis un choc sur ma joue, ce qui eut pour effet de dissiper cette brume de violence.

-Wahoo !

Tout le monde se tourna vers moi, comme si j’avais fait la bourde du siècle. C’est peut-être le cas, me connaissant…

-C’était qui ?

-De quoi ? Si tu parles de qui t’as agressé, sache que c’est Orihime !

-Hm ? Ah ! Excuse-moi Hime-chan… C’est un réflexe… un instinct de survie…

-C’est rien, ne t’inquiètes pas, tu m’as juste fait très peur.

-C’était l’effet escompté !

-Hum !

Je me raidis, puis me tournai vers la personne ayant toussé.

-Ichimaru-senseï, murmurai-je d’une petite voix craintive.

-C’est bien moi, y’a pas d’erreur.

Un sourire timide naquit. Je sentis mes joues s’embraser sous le « regard » moqueur du professeur.

-J’vous laisse les jeunes, j’reviendrai après, faut qu’on discute Lia-chan.

-Haï senseï.

Je mourrai d’envie de me cacher sous les draps. L’infirmière me fit un sourire tendre et rassurant avant de pousser l’adulte présent vers la sortie et de fermer la porte derrière eux. Je soupirai de soulagement, une fois la porte close. Aussitôt tous les regards convergèrent vers moi.

-Au fait, pourquoi z’êtes venus ?

-Pour te voir, banane ! Répondit Rukia.

-Tu nous as fait trop peur, ne recommence jamais, okay ?! S’exclama Orihime.

-Je ne peux pas te promettre ce qui est impossible, mais je vais essayer.

-T’es rentrée à quelle heure ? Demanda Chad, rompant son mutisme habituel.

-Il était plus de 4h, répondis-je après réflexion.

-T’as dormi ?

-Ouais. Mais pas plus de 2h…

-2h de sommeil, additionnés aux litres d’alcool ingérés… Tu m’étonnes que tu t’es évanouis !

-Je sais. Sinon, quelqu’un sait où sont passées mes affaires ?

-Je te les ai ramené, déclara Uryû tout en remontant ses lunettes et mettant le sac devant moi.

Je m’empare de ce bras et tire dessus. Ça ne rate pas : Ishida tombe sur mes genoux sans rien comprendre. Je pris son visage dans mes mains et l’embrassai sur le front.

-Merci Uryû-chan !

Mon prisonnier rougit aussitôt. Je le lâchai et fouillai mon sac.

-Merde-merde-merde-merde, me mis-je à chanter comme une litanie. Teme ! M’exclamai-je.

-Un problème Lia-chan ? Me demanda Inoue, un peu choquée par mon language.

-Rien, j’ai juste oublié mon portable à la maison. J’aurais voulu prévenir quelqu’un qu’il fallait venir me chercher.

-Te chercher ?! Mais… la journée a à peine commencée !

-J’le sais bien. Mais Unohana-sama m’a dit que j’devais rentrer me reposer, grommelai-je.

-Tu veux que je te prête le mien ? Me proposa Ichigo.

-T’as le numéro de Shiro dedans ?

-Haï, me répondit-il, l’air sombre. Pourquoi ?

-Pour qu’il lui passe un message. Ils sont dans la même classe.

-Tiens.

Il me tendit son portable. Je m’en emparai et sélectionnai le nom du jeune homme avant de porter le combiné à mon oreille.

-Yo ! Qu’est-ce qu’tu veux ?

-S’lut Shiro-kun ! C’est Lia !

-Ha, c’est toi ! J’croyais qu’c’était l’autre abruti…

-Bah non… T’peux m’passer l’autre, please ? J’ai oublié mon portable.

-Bien sûr !

Un petit silence au bout de la ligne.

-Ouais ? Grogna une grosse voix.

-C’est moi.

-T’es seule ?

-Nan.

-C’qu’tu veux ?

-Il t’est possible de venir me chercher ?

-Nan, désolé.

-Okay, merci quand même. À plus.

-À plus.

Il raccrocha aussi sec. Je fixai le téléphone avant de rendre à son propriétaire.

-Merci.

-De rien. Alors ?

-Pas possible. Je sens que je vais passer ma journée à l’infirmerie…

Finalement, il y eut un changement de sujet radical, et la conversation se poursuivit sans anicroches. Mais toutes bonnes choses ont une fin. La porte s’ouvrit et l’infirmière annonça que je devais me reposer. Mes amis quittèrent le lieu après m’avoir dit au revoir.

Unohana-sama entra alors, accompagnée d’Ichimaru-senseï. Tous deux prirent place sur les chaises abandonnées par mes amis, l’un de chaque côté.

Je m’enfonçai un epu plus dans mon oreiller, mal à l’aise.

-Tu as trouvé une solution pour rentrer ?

-Non, Unohana-sama. Désolée, ajoutai-je.

-Ichimaru-senseï s’est gentiment proposé.

Je me tournai vers le volontaire quoi me fit un « salut » de la main, accentuant son sourire.

-Euh… pourquoi pas ?

-Sois pas tant sur la défensive Lia-chan ! J’vais pas t’manger, t’sais !

-… fut ma seule réponse.

La femme adulte se leva.

-Bon, je vous laisse.

Je tendis le bras vers elle, comme pour la retenir, mais la porte se referma.

-Naaaaaan !

-Pourquoi t’es si méchante avec moi Lia-chan ? J’t’ai rien fait !

-…

Un silence accompagné d’un regard noir fut tout ce que je lui adressai.

-Bon, d’accord, je t’ai un peu embêté…

-Un peu ?! Vous m’avez rabaissé et humilié à chaque cours !

J’étais tellement énervée que je m’étais redressée et la couverture ne camouflait plus le haut de mon corps. J’avais enlevé ma chemise pour être plus à l’aise et étais en débardeur. De là où il était, c’est facile de voir ces deux lettres noires, me définissant comme une brebis galeuse. Je le regardai du coin de l’œil, la tête basse, avant de me figer. Sous la surprise, mon senseï avait ouvert les yeux et je pus les observer jusqu’à ce qu’il se reprenne et close ses paupières.

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