Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 19/20

À grandes enjambées, je rejoignis les placards et étagères où se rangeaient le matériel. J’en sortis des poids, des cordelettes, des kunaïs et un poignard. Les déposants avec soin mais brusquerie sur les tatamis. Je me laissai tomber à genoux et commençai les échauffements. Durant ces derniers, je tentais de me vider l’esprit. Ma rage ne devait éclater que après cette étape. Enchainant culbutos, pompes, chandelles, saltos, courses… À bout de souffle et hors d’haleines, je me laissai tomber à terre, m’allongeant de tout mon long et échauffant mes jambes tout en tentant de retrouver un rythme de respiration normal. Une fois celui-ci mis en marche, je me mis sur le dos, en appui sur mes coudes, haletante, pour empoigner deux poids de même valeur et une fine corde blanche. C’est avec des genoux tremblants que je fis passer le bout de fils dans l’anse puis je me mis à faire des mouvements de bras, soulevant les poids, un morceau de la cordelette dans chaque main. J’enchaînai avec des lancers de kunaï pour finir par me battre avec mon poignard, m’imaginant un ennemi invisible. M’écroulant suite à cette action, je me plongeai dès lors en méditation. Une dizaine de minutes plus tard, je me relevai avec lenteur, les yeux toujours fermés… Je me mis en position : jambes tendues, pied gauche en avant, pied droit tourné vers l’extérieur un peu en retrait, bras détendus le long du corps. Me concentrant sur les battements de mon cœur, je comptai les battements : un deux trois, pff, un deux trois, pff, un… deux… trois… pff.. Le rythme ralentissait. Pour ce que je voulais faire, j’en avais ultra besoin. Pliant avec lenteur mes genoux, je décomptai depuis 13. Le nombre 0 en tête, je fis un pas. Nul besoin d’ouvrir les yeux : vu le courant d’air glacial m’entourant et l’impression de glace dans mes veines, j’ai dû avancer jusqu’à 5m ! Je poursuivis mon exercice, allant de plus en plus loin et de plus en plus vite. Sans m’arrêter, continuant de surgir un peu partout, je fis exploser ma rage et ma rancune en continuant de combattre contre cet individu invisible aux traits éternellement cachés. Les yeux à demi-clos, je m’imaginai une quelconque défense ajoutée aux attaques. Je ne cessai de penser à ce que mon corps avait osé faire sans mon consentement. Des larmes roulèrent. C’était des larmes de colère, de rage, mais aussi de honte. Moi qui avais toujours été fière de la maîtrise de mes réactions.

D’un geste brusque, je m’entaillai le bras gauche jusqu’à l’os, sans raison valable. La douleur me fit tressaillir et je me laissai tomber à terre, me recroquevillant pour pleurer à mon aise. Je caressai du bout des doigts les lèvres de la plaie béante. Je m’allongeai en position fœtale, léchant consciencieusement mon bras pour ôter le liquide rouge et poisseux ainsi que faciliter la cicatrisation. Une fois calmée et mes larmes essuyées, il me fallut me relever pour bander mon bras après l’avoir correctement désinfecté. J’en profitai pour baigner mes yeux en les plongeant au creux de ma main droite où reposait un fond d’eau froide.

Alors que je remettais mes chaussures, je souris soudainement, fière des mouvements de sonido que j’avais réussis à esquisser. Le sonido est une technique permettant de marcher très vite, ce qui empêche l’opposant de nous voir. Un pas peut nous faire parcourir jusqu’à 10m pour les meilleurs ! Ceux l’utilisant sont rares. Ils font parties de « l’élite ». Ils répondent à certaines particularités réclamées et sont utilisés pour les mission allant du simple repérage / espionnage à la mission suicide… En gros, si on suit le logique (et mes explications), je fais partie de cette élite. J’en suis le commandeur. Nous pouvons faire penser à des ninjas par certains aspects, il est bien vrai… Mais nos méthodes d’actions diffèrent pas mal… Je reviendrai dessus plus tard… Moi seule connait l’identité de chacun d’entre eux, étant donné que nous utilisons des nom de codes ou encore un simple numéro. De plus, je suis seule à chaque réunion où se trouve les différentes équipes travaillant pour mon frère. Aucun second ou assistant ne m’épaule. Nous ne nous réussissons qu’à l’extérieur de Karakura, à des lieux différents à chaque fois. Si durant la mission nous changeant d’appellations, ça ne nous empêche pas d’avoir un surnom fixe, une sorte de « totem », entre nous. Une particularité, une qualité, un défaut est ainsi mis en valeur. Ça peut aller du « cobra » (moi, en fait) jusqu’au « blaireau » (très taciturne et solitaire ce mec) en passant par « la fourmi » (travailleur forcené cherchant la perfection. Bon, le taille joue pas mal dans ce genre de surnom, hé hé hé !) et le « porc » (no comment)… Le coup des surnoms fait pas mal gamin je vous l’accorde (« papillon » nommé ainsi car il n’a jamais sus ‘arrêter à une seule conquête) mais c’est une sorte de lien, plus particulièrement dû au fait qu’un immense tableau représente tout les totems utilisés (je vous dirai pas où il est accroché, c’est un secret ~ ), et la remise du surnom est une date plutôt importante. Non seulement cela signifie l’appartenance à notre équipe, mais tout simplement que je respecte cette personne. Demandez à n’importe qui de vous donner la date exacte de sa remise du surnom, elle vous sera donnée, avec un peu de chance vous aurez même le droit à l’heure…

Bref, sinon, j’allai à l’armurerie, l’envie soudaine d’admirer les nouveaux arrivages me traversant l’esprit, évidemment après avoir rangé ce que j’avais utilisé précédemment. Trainant avec tranquillité dans les couloirs clairs parfumés par les boiseries environnantes et les bouquets de fleurs dans les coins, je ne pensais à rien, affichant un sourire paisible et un regard rêveur qui, il paraît, pouvait me donner un air de droguée en plein trip, à condition que mes bras restaient hors de mes poches. Depuis cette confidence, j’ai tendance à croiser les bras ou les poignets… voir les deux (tout n’est qu’une question de souplesse). Derrière chaque porte de ce couloir se trouvait une chambre, habitée ou non. Seuls les adhérents sont au courant sinon rien ne différencie ce couloir de celui des salles de réunion ou de la cuisine (au rez-de-chaussée). Si la bâtisse a une ambiance aussi chaleureuse, c’est pour l’unique raison qu’elle y abrite plusieurs membres en son sein. Malgré l’impression de vide et d’abandon, donc, une voir deux personnes y vivent.

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