Je pus reprendre les commandes qu’à la fin de l’action. Allumant une cigarette, je repérai mes vêtements un par un pour les enfiler rapidement sans jeter un regard au corps blond allongé dans les draps ni prononcer un mot. Une fois entièrement habillée, je me retournai vers lui. Tirant une bouffée de ma clope, je lançai la clé qui rebondit sur le matelas.
-La vraie raison de ma venue… et je crains que t’as besoin d’une nouvelle douche.
Je rebroussai chemin pour aller me réfugier chez moi sous la couette et les bras de mon frère. Or, le dernier était absent et l’attitude première était digne des peureux… Une rapide douche pour me débarrasser des traces des frères Grantz. Une serviette en guise de pagne et les cheveux tressés, je fis face à mon placard d’où je sortis un débardeur kaki et un bermuda sable ainsi que mes cartouchières modifiées d’où pendaient diverses armes blanches que j’affectionnais. Cette bande de cuir fut bouclée de mon épaule droite à ma hanche de gauche. Sortant de nouveau, je tripotai mon briquet avant de le fourrer dans l’une des poches de mon blouson de cuir clouté posé sur mon épaule de gauche, le motif du dos bien visible -un cobra- signalant mon appartenance et mon rôle dans l’institution mafieuse. Dans la rue, je pressai le pas, poussée par le besoin de décompresser, grandement aidé par ma réputation, le dessin sur mon blouson et l’aura destructrice émanant de moi, les gens se poussaient de devant moi. Scène assez risible, encore plus quand il s’agit d’un colosse de 2m et pesant plus de 80 kg s’éloignant de ma présence en glapissant comme un chiot apeuré. Mais l’envie de rire m’était momentanément coupé. Même un rire sadique ou psychopathe. C’est dire comment j’étais retourné intérieurement…
heureusement, l’imposant immeuble fut bientôt face à moi et je pus faire claquer les portes de bois, faisant sursauter les quelques membres discutant non loin. Je les dépassai sans leur adresser un regard, le regard porté vers le sol couvert de carrelages cramoisies. J’esquissai un sourire en coin une fois hors de leurs vues. Ces hommes sont craints. Les plus craints de notre mafia. Et ils étaient terrifiés par ma seule présence…
Pour la 2° fois de la journée, je fis face à une salle d’entraînement. Je la défiai méchamment de l’œil. Malgré tout, comme à chaque fois, je l’admirai. C’était une belle porte de bois sculptée, des animaux exotiques et d’autres du Japon, un peu usée et patinée par le temps. Par habitude, je caressai la tête du cobras qui se fixait fièrement, derrière un groupe d’animaux des plus effrayants… Ce reptile est quasi-invisible, et je l’ai remarqué par hasard. C’est en faisant part de cette découverte, Grimmjow me renomma « cobra sensuel », ou quelque chose dans ce goût-là.
Secouant rageusement la tête pour m’éclaircir les idées, j’entrai dans ce qui est pour moi un sanctuaire, un refuge… Lorsque je suis venue pour la première fois dans ce bâtiment, je me suis mise à errer, curieuse que je suis. Dans un pur hasard, je poussai une porte sombre et poussiéreuse pour me retrouver dans une salle à l’atmosphère suffocante de poussière et de paille moisie. Une couvrant mes voies respiratoires, je m’étais avancée et fouillait. Découvrant que c’était une salle d’entraînement oubliée ou un truc dans ce goût-là, je décidai d’en faire ma salle personnelle… après en avoir demandé l’autorisation à mon frère, évidemment !
