-Liatou ! S’exclama-t’elle, me vrillant les tympans.
-Lilynette, rétorquai-je plusieurs tons en dessous.
-Tu manges avec nous ?
-Bien sûr ! Ton père m’a invité, alors je ne vais pas refuser…
-Cool ! Tu nous fait des crêpes ? Supplia-t’elle, des yeux de chiots battus.
Vaincue par ce regard, je ne pus qu’accepter et préparer la pâte sous le regard gourmand de la fillette de 8 ans et de son père qui avait pris une chaise. Heureusement, la recette était rapide et je pus me mettre à table sitôt le torchon sur le saladier, histoire de laisser la pâte reposer. Prenant place à table, on put (enfin !) s’attaquer au repas concocté par les soins du père célibataire. Servant les plats, je regrettais de ne savoir aussi bien cuisiner. Puis le souvenir de ce que je suis réellement me rappela que c’était pas vraiment une qualification demandée. La viande avalée, je me levai pour m’occuper du dessert. Et c’est sous les applaudissements et rires de Lilynette, ainsi que sous les commentaires de Stark que les crêpes sautèrent pour retomber dans la poêle. On put bientôt savourer mon propre plat agrémenté de ce qu’on voulait.
La dernière bouchée avalée, j’aidai les Coyote à desservir et à faire la vaisselle. Mais je ne pus retarder l’inévitable, et je dus les quitter, promettant de revenir dès que possible, pour rallier mon propre chez moi. Je soupirai en voyant que nul n’avait bougé. Retroussant les manches, j’entrepris d’ouvrir les fenêtres pour aérer un bon coup, ranger le salon -malgré la fraise sur canapé-, puis réveiller tout ce p’tit monde avec douceur. Mais avant la dernière étape, le mieux était de faire marcher la cafetière. Il arrive que la simple odeur de ce liquide les réveille. Mettant donc cette machine en route, je m’amusai à regarder les gouttes tomber dans la bonbonne ne verre. Je pus entendre une chaise racler le sol quand Ichigo s’assit. Je lui versai une tasse et ajoutai une aspirine, avant de la lui tendre. Il l’accepta sans mot alors que j’allai achever le rangement du salon, pouvant mettre en place le canapé. Je fermai les fenêtres, puis toquai doucement à la porte de chambre. Un grognement se fit entendre. Le prenant comme un assentiment, je poussai le battant et pénétrai dans la pièce. J’ouvris les volets, ainsi que les fenêtres, malgré les gémissements de douleur des dormeurs. M’approchant du lit, je posai mes lèvres sur le font de mon frère, des battements de paupières et un bâillement. Je sortis, lui laissant la tâche de réveiller son amant lui-même. Je revins dans la cuisine pour préparer leurs tasses alors qu’ils enraient dans la pièce, seulement vêtus de leurs boxers respectifs. Récupérant leurs tasses où se dissolvaient une aspirine, ils allèrent s’asseoir pour continuer de colmater tranquillement. Je m’assis sur le rebord du plan de travail et laissai mon regard se promener dans la salle.
Finalement, j’ouvris la bouche pour rappeler aux jumeaux Kurosaki qu’il devraient se dépêcher, argumentant que Tatsuki passait à 15h pour les cours. Alors que l’un des deux allait sous la douche, je préparait mes affaires pour le rattrapage, puis m’emparai des clés de la voiture d’Il Forte, pensant à les lui rendre le soir même. Ichigo sortit rapidement de la salle d’eau, croisant son frère aîné qui allait dans le sens inverse. Je l’observai en train de se sécher les cheveux avec une serviette blanche. Ses gestes étaient brusques et maladroits. Je soupirai et me mis derrière lui, m’assis sur le dossier d’une chaise trainant dans le coin, m’emparai du tissus et entrepris de ôter l’eau avec douceur mais fermeté, sous le regard bovin de mon frère.
Shiro sortit de la salle de bain, je fis passer mon sac sur mon épaule et ouvris la marche alors que l’albinos faisait ses au revoir à mon jumeau, et que le sien me suivait pour pouvoir apercevoir Neliel. Je soupirai en le voyant serrer la rampe à la vision de la logeuse en train de passer un coup de balais. J’attrapai la fraise par le poignet pour la planter en face de ma quasi-mère, les laissa face à face, pour jouer avec la petite Nell qui m’accueillit en tapant des mains et en souriant largement. Le laissai passer une demi-douzaine de minutes avant d’aller rechercher Ichigo, accompagné de Shiro qui était redescendu.
