Un bon moment après, j’étais en train de passer mes doigts dans ses cheveux d’un rose étonnant. Il est toujours resté silencieux au sujet de l’obtention de cette couleur… Quelque chose me dit que c’est suite à un échec particulièrement cuisant. Posant mon menton sur le haut de sa tête, je savourai le silence et son souffle régulier contre la peau nue de ma poitrine. Je le savais réveillé mais je n’avais pas le cœur de parler, voir même de bouger. Il a dû le sentir, car il passa ses bras autour de moi et m’enserra dans une étreinte assez puissante. Contrairement à ce qu’on peut croire à première vue, Szayel est plutôt musclé, mais il a tendance à ne pas en faire étalage, à l’inverse des personnes comme Yammii. Je le savais amoureux de moi depuis le premier regard, mais il préfère ne rien dire plutôt qu’avoir le cœur brisé. De toute façon, il me sait trop volage, et réfréner mes ardeurs et des plus difficiles.
Je cachai mon visage dans sa nuque, jouant avec les quelques mèches alors que nos 2 étreintes se resserraient, se changeant en véritable étau. Nous étions bien conscient du temps qui s’écoulait et du moment de séparation de plus en plus proche, mais aucun de nous deux ne voulait accepter. J’enfouis mon visage dans ces doux alors que sonnait le coucou du boulanger, mettant un terme à notre étreinte. Nous nous relâchions au même moment et nous nous rhabillions chacun de notre côté, sans un regard vers l’autre. Me dirigeant vers la porte accompagnée de sa présence, je me retournai tout en ouvrant la porte. Me hissant sur la pointe des pieds, je l’embrassai chastement avant de faire demi-tour, de dévaler les marches grinçantes de l’escalier tremblant et de sortir de l’échoppe, tout ça sous le regard malheureux du pauvre scientifique.
Encore un que mon frère ne peut pas blairer. Il le trouve bizarre et se méfie de lui. Bien dommage, car Szayel est le meilleur ami, ainsi qu’un véritable génie… Un cerveau, ça ferait pas trop de mal, non ? Mais allez expliquer au frangin qu’il devrait cesser de s’entourer de muscles qui se sont démarqués par le nombre de missions réussies ou de personnes tuées, ou profit réalisé ! J’ai dû essayé en tout 3 fois, sans résultat, et je n’ai ABSOLUMENT AUCUNE envie de réessayer.
J’inspirai profondément une fois à l’intérieur. Regardant autour de moi, je décidai d’aller rendre visite à Hallibel. J’entrai dans le quartier de la Lune Rousse, pressant le pas et ne fixant que l’horizon, cherchant à ne pas prêter attention à cet étalage de chair plus ou moins jeune. Je me stoppai devant un grand bâtiment vert feuille. Soupirant, je poussai la porte et grimpai les marches en vitesse. À l’étage, je frappai au montant de la porte et entrai sans attendre de réponse.
Autour d’une table basse, toutes les quatre accroupies devant leurs assiettes quasi-vides, Hallibel, Mila-Rose, Apache et Sun-Sun me fixaient. Passé la surprise, elles m’invitèrent à m’asseoir parmi elles, ce que je m’empressai de faire. Leur repas se poursuivit pendant que nous échangions anecdotes, nouvelles, blagues, potins… Malheureusement, l’heure tourne et il me fallut les quitter pour qu’elles reprennent du service. Je leur promis de les revoir rapidement. Sous leurs au-revoir, je revins dans la rue pour rentrer à l’appart’.
Rentrant dans le hall, j’entendis les babillages de Nell qui devait sûrement manger, étant donné que la moitié des sons étaient réduits en bouillie. Pour la 4° fois de la journée, je montai un escalier, slalomant entre les trous, tout en sifflotant joyeusement. Faisant face à la porte de chez moi, j’hésitai à la pousser. Heureusement, Stark passant par là, m’invita à manger chez lui, prétextant la joie de Lilynette, sa fille, à ma venue. J’acceptai en affichant mon plus beau sourire. Ça faisait longtemps que je n’avais pas revu la petite blonde survoltée, tout l’inverse de son paresseux de paternel !
-Lilynette ! Rajoute un couvert de plus, on a une invitée ! Grogna le plus vieux dans la direction de la cuisine.
Le fracas de placards ouverts / refermés, de couverts entrechoqués, me parvinrent de cet antre où la blondinette semblait être. Je laissai voguer mon regard sur l’ameublement de la pièce : un épais canapé surchargé de coussins et oreillers en tout genre, des tapis vieillis au sol, dessins d’enfant et tableaux se faisaient la concurrence sur les murs tapissés confortablement. Ce salon respirait la chaleur humaine. On se sentait tout de suite à l’aise. Je continuais de sourire, apaisée par l’atmosphère paisible et confortable du lieu. Je sentais le regard amusé du brun. Sa main prit place sur mon épaule et il me dirigea vers la pièce faisant office de salle à manger. La petite blonde aux yeux roses se mit à sauter partout avant de me sauter dans les bras et de me serrer le plus fort possible.
