Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 14/20

Je le poussai du pied, une expression de dégoût sur le visage. Des hommes s’empressèrent autour de lui pour le placer en dehors de mon champ de vision. Je repris mon entraînement sans mot dire. Je sentais les regards des hommes sur moi. Ils me regardaient avec envie, fierté, respect… J’en connais une bonne partie et j’ai réussi à m’imposer à l’aide de mes poings, et non de par ma réputation ou mon frère, autant dire que j’ai bien réussi ce défi…

Une fois bien défoulée sur ce pauvre mannequin boisé, j’épongeai la sueur qui ruisselait sur la partie haute de mon corps à l’aide d’une serviette éponge balancée un peu plus tôt qui m’avait aveuglée un court instant et qui me fit prendre un des membres en chêne en plein visage. Je tâtai ma joue gonflée et rouge avec douleur, même si elle me lançait à chaque respiration. Je déposait le cul de la bouteille sur la chair chauffante en soupirant d’aise. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était déjà pas mal pour commencer. Me levant, j’allai aux douches. Suivant mon acceptation, une cabine de douche fut spécialement installée pour moi. C’est ainsi que je pus aller me délasser sous le jet d’eau glacial. Réprimant un cri quand les gouttes atterrirent sur mes muscles fatigués, j’entrepris de me débarrasser des traces de mon petit combat avec l’adversaire non-vivant.

J’optai pour aller voir Zaza à cause de ma joue. Sortant, je soupirai de bonheur au contact du courant d’air froid sur cette dernière. Je dirigeai mes pas dans la direction de son cabinet de travail, connaissant pas cœur ses horaires, je le savais là-bas. Je me retrouvai rapidement devant une petite boulangerie toute gentillette. Je poussai la porte en grimaçant un sourire, gênée par la douleur cuisante de mon visage. Ignorant les clients, je poursuivis mon chemin pour me retrouver dans l’arrière-boutique d’où partait un escalier en colimaçon. Je les grimpai en faisant trembler les marches en fer. Je savais que Zaza avait fait exprès de placer quelque chose d’aussi bruyant. Ça le prévient des arrivées et il peut ainsi s’y préparer. Il devine qui cela peut être de par le pas. Ainsi, je ne suis nullement étonné de l’entendre prononcer mon nom ainsi que l’ordre d’entrer. Ce que je m’empressai de faire pour déboucher dans une petite pièce blanche à l’atmosphère d’hôpital, renforcé par l’ambiance aseptisée. Derrière son bureau qui se trouvait entre deux fenêtres et en face de la porte, Szayel me souriait largement tout en remontant ses lunettes d’un geste maladroit. Fermant la porte derrière moi, je m’avançai vers lui de ma démarche féline. Je le vis déglutir. Prenant appui sur le meuble, je mis ma tête à hauteur de la sienne.

-J’ai besoin de ton savoir-faire, murmurai-je en plongeant mes rubis dans ses noisettes.

-Dans quel domaine ? Souffla-t’il.

Son souffle me caressa les lèvres. Je pointai mon index dans la direction de ma joue.

-Je me suis pris un bâton dans la tête, expliquai-je.

-Joli, commenta-t’il.

Il se leva et me fit asseoir sur une des chaises en plastiques et se pencha pour examiner la grosseur. Il ouvrit sa petite armoire à pharmacie et en sortit un petit pot en verre de couleur rose pâle, ôta l’opercule avant de l’approcher de son nez pour sentir. Je le vis l’éloigner de son visage et y plonger ses longs doigts fins pour les ressortir couvert d’une substance mauve pâle qu’il approcha de mon faciès sous mon regard sceptique. Le contact me surprit. Contrairement à ce que je pensais, c’était tiède… Et ça se réchauffait de plus en plus… Une brûlure fulgurante qui me fit écarquiller les yeux, puis plus rien… La pression douce de la main légère de Zaza me fit revenir sur terre. Ses pupilles brûlantes de désir posées sur moi… Je me mordis la lèvre inférieure d’anticipation. Ses yeux s’embrasèrent et sa bouche se plaqua avec force contre la mienne. Je passai mes bras autour de sa nuque et entrouvris la bouche. Ses bras encerclèrent mon bassin et je croisai les jambes derrière son dos. Je me sentis soulevée puis déposée sur une surface froide et plane. Je reconnus la table d’auscultation, mais ne m’en occupai guère, préférant cibler mon partenaire.

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