Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 13/20

Assise sur le matelas, je remis de l’ordre dans ma tête tout en démêlant ma tignasse noire. Je finis par me lever complétement et traîner ma carcasse jusqu’en cuisine où j’entrepris de petit-déjeuner, accoudée à la fenêtre, bercée par le quasi-silence… Mon repas achevé, je passai en éclair dans la chambre pour prendre mes vêtements d’entraînements et aller m’enfermer dans la salle de bain. Encore une fois, passage express. Sortant de l’habitacle, j’enfilai mes vêtements à peine séchée. Un large bermuda marron terne, une ceinture noire en corde, un débardeur sable un peu déchiré vers le bas. Revenant dans l’entrée, j’enfilai des espadrilles de paille et jetai un regard dans la direction du rouquin qui dormait encore. Soupirant devant ce tableau, j’attrapai mon paquet de clopes et mes clés. Ces dernières furent pendues à l’un des passants de mon bermuda et la première fut enfouie dans ma poche arrière gauche, non sans avoir été allégée d’une de ses occupantes. Je portai la clope non allumée à mes lèvres et sortis. Je croisai Shinji dans les escaliers. Ex-flics -il s’est fait viré- il est devenu serveur à l’un des trop nombreux bars du coin, servant d’informateur et de mouchard certaines fois.

-Oh ! La belle quitte l’appartement des fauves ? Demanda-t’il en guise de salut.

-Bonjour à toi aussi, répondis-je d’une voix froide. T’as du feu ?

Je tendais le rouleau de papier dans sa direction.

-Bien sûr ! Mais il y a d’autres solutions pour se réchauffer, tu sais ? Risqua-t’il en passant sa langue sur ses lèvres et mettant ainsi son piercing en valeur.

-Possible, mais non intéressée.

-Hm, grogna-t’il en approchant la flamme de son briquet du bout de ma cigarette.

-Merci.

Je poursuivis ma descente d’escaliers suivis de près par le blondinet. Il ne se gênait aucunement pour me coller ou me frôler tout en affichant un air innocent, détrompé par ses yeux qui affichaient une lueur perverse.

-Tu vas t’entraîner ? Finit-il par demander alors qu’on sortait du bâtiment.

-T’es de la police ? Plus que je sache, alors tu me laisses !

-Calme ma belle, c’est juste pour faire la conversation ! Tenta-t’il de tempérer.

-Eh bien, fais-la tout seul, sifflai-je.

-Madame aurait-elle mal dormi ou serait-elle frustrée ?

-Première solution, grognai-je en posant ma main sur le visage et en tirant une taffe. Mais c’est pas tes oignons.

Shinji haussa les épaules avant de se remettre à causer. Il poursuivit son monologue sur tout le trajet avant que je doive le lâcher pour rejoindre le dojo où je comptais me défouler. En y entrant, je saluai les diverses personnes présentes d’un mouvement de tête tout en tirant sur ma clope. Je regardai les liens d’un regard critique avant de me décider. Écrasant le mégot d’un revers de talon, je me mis pieds nus et attrapai au vol mes chaussures pour les accrocher à l’élastique d’où pendaient deux crochets. Une fois fait, je tirai sur mon lacet de cuir pour attacher mes cheveux en une queue de cheval. Fin prête, j’allai rejoindre mon coin de tatamis. Je souris un peu sadiquement en voyant tout le monde éviter les abords de ce tapis. Faisant face au billot de bois devenant mon adversaire. Les coups sur lui se mirent à pleuvoir avec force. Un sourire cruel défigura mon visage, couplé par mes yeux agrandit. Esquivant les coups avec la fluidité de l’anguille frappant, le plus fort possible, accompagné du craquement du bois, j’enchaînai chaque mouvement. Du coin de l’œil, je pus percevoir que tous s’étaient stoppés pour mieux admirer la « danse de la panthère Jaggerjack » comme on appelait mes entraînements. Comme à chaque fois cela achevé, les applaudissements étaient de mises, non sans oublier les sifflets. Je m’assis un instant pour boire un peu de l’eau d’une bouteille envoyée plus tôt. Évidemment, il y a toujours un p’tit nouveau à qui ça plait pas qu’une fille fasse son intéressante ou se batte… Je soupirai devant ce prétentieux et reposait la bouteille. Fermant les yeux, j’inspirai profondément et me décontractai. Croyant que je me moquai de lui, il s’emporta, prêt à me frapper du poing. Je me levai soudainement et m’avançai bien trop rapidement pour qu’il puisse me voir. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire et pour le voir, j’avais pressé les points vitaux et il s’était effondré comme une masse, sur le sol.

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