Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 11/20

Malheureusement, Iba fut appelé ailleurs et je me retrouvai seule… Pour peu de temps, je suis rarement seule quand une bande de mecs en pleine possession d’hormones se trouvent non loin… Justement ! Le tabouret voisin vient d’être occupé… Du coin de l’œil, j’aperçus Aaroniero Aerurueri, un très bon ami. Bien que bizarre au premier abord de par sa vesture bordée de dentelles et ce genre, il est adorable. Il a juste 2-3 trucs qui me dérangent chez lui… Il a des yeux féminins (bordés de cils longs) et il ressemble au prof d’anglais -Kaïen Shiba- et à Ichigo.

-Salut, tu passes une bonne soirée ?

-Je t’avoue m’ennuyer franchement… Et toi ?

-Ça fait aller… J’t’inviterais bien, mais…

-Vaut mieux pas, en effet, soupirai-je en prenant une gorgée à mon verre.

Aaroniero n’aime pas trop Shiro et n’arrive pas encadrer Ichigo… Sans compter que Grimmy-nii ne l’apprécie pas pour autant… Tout cela n’encourage pas des masses notre amitié, n’est-ce pas ? Il est plutôt extravaguant, avec son attitude dispersée, son goût pour le morbide et ses vêtements serrés à épaulettes et dentelles. Il habite dans le dernier quartier de Lune, comme Ichimaru-senseï, et est d’un naturel blagueur et pacifique…

Hmm… Ichimaru-senseï… Gin…

Je sirotai ma boisson, les yeux dans le vague, tout en me remémorant chaque détail de nos « entrevues », me délectant de ses réactions et expressions.

-… Jack ? T’es avec moi ? Entendis-je à ma droite.

Je cillai et reposai mon verre, le choquant contre le comptoir. Je dévisageai Aaroniero qui passait sa main devant mes yeux et m’appelait. Je finis par le fixer, lui prouvant que j’étais attentive, maintenant.

-À quoi tu pensais ? S’inquiéta-t’il. Ou plutôt, à qui ?

-Pourquoi ?

-Parce que je m’inquiète…

-De quoi ?

-De quoi quoi ?

-De quoi t’inquiètes-tu ? L’illuminai-je.

-Le regard que tu avais… tu étais comme une panthère qui venait de trouver une proie, limite si t’étais pas en train de te lécher les lèvres en ronronnant ou un truc dans le genre !

-À une proie, justement, je pensais à une nouvelle proie comme tu le dis si bien…

-Je plains ce type… J’le connais ?

-Il habite dans ton quartier, mais c’est tout ce que je sais, fis-je dépitée…

-Lâche le nom, supplia-t’il, les yeux brillants.

À ce moment-là, je perçus une présence derrière nous. En un sens, c’est normal, dans ce genre d’endroit, qui plus est au bar ! Mais je savais que c’était quelqu’un pour moi, que je connaissais très bien… Je tournai la tête avec lenteur, et aperçus des cheveux argentés. Mon cœur s’emballa, ne connaissant qu’une personne arborant cette couleur en ces lieux. Le propriétaire des cheveux se mit entre nous, m’adressant un sourire plein de dents.

-Tu vas mieux ? Me demanda-t’il d’un air enjôleur.

-Oui, merci…

Je rougis devant l’air inquisiteur d’Aaroniero.

-Aaroniero, je te présente Gin Ichimaru. Gin, Aaroniero Aerurueri, un ami.

Ils s’échangèrent une poignée de main cordiale, tout en se dévisageant consciencieusement.

-C’est marrant, v’m’faites penser à un collègue…

-Kaïen Shiba ? Proposa mon ami. Lia me l’a déjà dit.

-Hm…

-Vous habitez le même quartier, chantonnai-je.

Aerurueri me fit un large sourire tout en descendant de son tabouret.

-Ravi d’avoir fait votre connaissance. Je vais vous laisser, je viens d’apercevoir ma proie.

Je lui tirai la langue alors qu’il disparaissait, semblant se diriger vers une jeune fille tout de violet vêtue, la « pute » comme la surnommait Szayel. Gin se plaça dans mon champs de vision, rapprochant le tabouret du mien. Il déposa son verre empli d’un liquide rubis auprès du mien, et il releva mon visage de son index gauche, plaçant le reste de sa main contre ma gorge.

Un petit sourire lubrique étira ses lèvres. Mes yeux étaient rouges flamboyants et, vu son air, sûrement teintés d’un brin de perversité…

-Troisième fois qu’on se voit, murmurai-je, je vais finir par croire que c’est un signe…

Il se contenta de sourire, frôlant mes lèvres des siennes, me faisant sadiquement languir. Sa langue lécha consciencieusement ma lèvre inférieure. J’entrouvris légèrement la bouche, et la sienne s’y colla. C’est un ballet complétement fou, à m’en faire perdre la tête. Ce qui se passa, invariablement… Je passai ma main droite dans ses mèches argentées et tirai dessus, le faisant gémir, rendant sa gorge accessible. Ma bouche y dériva, laissant une petite trainée de salive. Je plantai mes canines dans la chair tendre et jouai avec, alternant morsure et léchouille.

Sentant une main sur mon épaule, je lâchai prise et tournai la tête pour faire face à deux yeux turquoises moqueurs accompagnés d’une touffe de cheveux en désordre et de sourcils arrondis de la même couleur :

-Tu présentes, Lia-lou ? Z’êtes pas du quart’ d’la pleine, j’me trompe ?

-Je te présente Gin Ichimaru. Il est du dernier.

-Ah ! Comme ton pote bizarre, là… fit-il méprisant.

Je décidai de passer outre.

-Gin, voici Grimmjow Jaggerjack, mon jumeau…

J’affichai un sourire plein de dents, en écho à celui, carnassier, de mon frère.

-Jaggerjack ? Comme le mafieux ?

-Hin hin…

Gin étira son sourire.

-J’comprends mieux certaines choses, en particulier ton absence de nom, Liatey-chan.

-Dis, Lia-lou, il est pas un peu trop vieux pour toi ? Tu l’as pêché où, c’lui-là ?

-Senseï ? Vous ici ? le coupa une voix.

Le propriétaire n’était autre qu’Ichigo, et son don pour faire des bourdes sans en être réellement conscient. Je levai les yeux vers le plafond avant de porter mon regard vers mon frère. Ce dernier avait l’air étonné, mais sans plus.

-Tu fais comme tu veux… Je t’ai promis de ne plus m’en charger… Bon, j’vous laisse, Shiro s’impatiente…

-Mais quelle commère, lui alors ! M’énervai-je. À tout à l’heure.

-À tout à l’heure. Ce soir, je te préviens, c’est canapé pour toi, seule ou non…

Je grimaçai alors que mon double disparaissait dans la foule.

-Ichigo ? C’est moi ou t’as sifflé ma tequila ?

-Euh… Elle trainait sur la table, se justifia-t’il.

-Bref…

Je me tournai vers un groupe de filles que je connaissais bien et fis de grands signes de bras. L’une d’entre elles se détacha et vint vers nous. Le teint mat, les cheveux blonds et longs, les yeux bleus-verts, des formes sculpturales ; Hallibel Tia était une maquerelle plutôt réputée, exerçant et vivant dans la 3° rue du quartier de la Lune Rousse. C’est aussi une bonne amie, elle a 5 ans de plus que moi, et doit bien faire partie des rares filles que je fréquente…

Arrivée à ma hauteur, ses sourcils s’élevèrent pour me demander ce que je voulais. Je la pris par les épaules et la mis en face d’Ichigo, tout en lui chuchotant à l’oreille :

-Il a besoin de quoi lui remonter le moral, je te le laisse…

Le coin gauche de sa lèvre se releva quelque peu, et un éclair d’amusement traversa ses yeux. Je la relâchai et je ne les vis plus de la soirée… J’avais donc ma soirée pour moi, et Gin était à mes côtés, nous avions tout le temps que nous voulons…

Je le regardai du coin de l’œil, et passai le bout de ma langue sur mes lèvres, histoire de lui faire passer le message. Ses paupières s’ouvrirent un peu, et je pus apercevoir que ses pupilles étaient parcourus de nuages de plus en plus sombres. J’esquissai un sourire timide, teinté de perversité, qui ne trompa aucunement mon partenaire qui se pencha et mordilla mes lèvres. Je me penchai à son oreille et lui glissai :

-On s’éclipse ?

-Hm… grogna-t’il dans mon cou. Un endroit en particulier ?

-Nan, avouai-je le plus bas possible, et toi ?

-Une chambre à l’étage…

-Je te suis…

Ses bras encerclèrent mes hanches et il me guidait au travers de la foule, chuchotant quelques mots à mon oreille, mordillant le lobe de temps en temps, alors que ses longs doigts fins frôlaient, caressaient et dessinaient de petites spirales sur la peau sensible de mon ventre. Plus d’une fois, ma tête s’échoua sur son épaule gauche, cherchant à réfréner mon envie de soupirer, mais en vain… Son bassin se frottait légèrement à mes fesses à chaque bousculade.

Heureusement, une porte de couleur vert pâle agrémentée d’étoiles argentées fit son apparition et Gin la poussa lentement, histoire de me faire languir… Déjà que sur les derniers mètres, il devait quasiment me porter ! N’en pouvant plus, je me ressaisis et poussai d’un coup la porte, attrapai Gin par le col, le plaquai contre le mur à l’intérieur, claquai le battant totalement innocent, et appuyai sur l’interrupteur. Je me collai contre mon partenaire, m’imbriquant dans son corps au maximum, et le laissai à peine respirer, le noyant sous les baisers. Mes mains ne restèrent aucunement inutiles et s’empressèrent d’ôter ses vêtements, chose si peu pratiques !

Je ne laissai que son boxer bleu nuit et fis tomber mes habits à terre avant de le décoller du mur en faveur du lit double qui s’affaissa sous notre poids doublé. Je pris possession de sa bouche, faisant glisser mes doigts sur son corps, savourant avec délice les réactions de son corps. Je frôlai la peau au-dessus de l’élastique du survivant du déshabillage. Mes pouces s’installèrent de parts et d’autres du nombril, calant les 8 autres sur les os saillants du bassin. Plus haut, mes lèvres s’évertuaient à produire un suçon de belle taille mais cachable. Sa respiration hasardeuse me chatouillait l’oreille gauche. Entièrement nue, je me posai à cheval sur son bassin, frôlant son sexe avec une lenteur sadique, le voyant serrer les mâchoires. Mes mains glissèrent sur ses cuisses, libérant son membre qui alla prendre l’air, tout contre mon bas-ventre. Je peignai ses cheveux si doux, étalés sur l’oreiller en une auréole.

-Tu ressembles tellement à un ange… murmurai-je, faisant courir mes lèvres sur son visage.

-J’suis pas un ange, lâcha-t’il en ouvrant de moitié ses yeux.

-Sinon, qu’est-ce que tu ferais ici ? Fis-je remarquer.

Il soupira et leva le bras pour caresser mon corps penché sur lui. Ses deux mains agrippèrent mes côtes et je me retrouvai à sa place, les mains retenues dans l’une des siennes au-dessus de ma tête. Son regard s’ancra dans le mien quelques secondes, il pencha son visage et me mordit sauvagement la lèvre inférieure tout en entrant d’un coup de rein en moi. Gin n’attendit pas que je m’en remette, et il enchaîna les va-et-viens, alternant rapidité et lenteur exaspérante, totalement ou partiellement… Je crus devenir folle, ne pouvant que gémir et m’arracher la peau des lèvres, tandis que sa main libre et sa bouche s’occupaient de mes seins, et que ses jambes immobilisaient les miennes…

Alors que les frissons de l’orgasme parcouraient encore mon corps, et que je pus percevoir mon partenaire sortir d’entre mes cuisses, me lâcher, puis s’asseoir à mes côtés, je commençais à reprendre pied sur la réalité. Je m’assis à mon tour avec difficulté, les jambes collées l’une à l’autre et repliées à ma gauche, et défis ma coiffure pour m’en couvrir, peignant les mèches aux reflets rouges d’un geste machinal. Gin s’était mis la tête entre les mains, me tournant le dos, les pieds collés au sol. Je lâchai mes cheveux et m’avançai vers lui silencieusement. Je posai ma main gauche sur son épaule droite. Il tourna la tête vers moi, son œil visible entre deux doigts. J’esquissai un sourire timide et sentit le rose me monter aux joues. Mais je ne peux dire si c’était par gêne d’être nue, par honte ou par le regard de mon amant.

-J’ai… j’ai fait quelque chose de mal ? Tentai-je.

J’obtins un soupir pour unique réponse. Ses mains lâchèrent se tête, et l’une d’entre elles ôta celle que j’avais posé sur lui. Il se tourna pour me faire face. Les doigts de sa main droite repoussèrent des mèches de cheveux. Je finis par comprendre et levai les yeux vers le plafond tout en soupirant d’exaspération. Je me levai et allai me planter face à mon partenaire, les poings sur les hanches.

-Bon, tu vas m’écouter, okay Gin-kun ? Commençai-je.

Il releva la tête, étonné de mon ton si différent de tout à l’heure.

-Bien, arrête de t’en vouloir à chaque fois… C’est stupide. T’as dû comprendre, j’espère, que vu le quartier où je vis, j’ai automatiquement une bande de gars prêts à en découdre. T’as l’air plutôt intelligent, t’as aussi sûrement compris que le mafieux réputé n’est autre que mon frère. Donc j’aurais pu te faire faire disparaître sans problème, surtout que personne ne connait mon lieu d’habitation… Tu m’as fait un chantage, un chantage envers la jumelle chérie d’un mafieux jeune, mais ultra-puissant. C’est un acte qui ne devrait pas, normalement, pas rester impuni… Et malgré tout ça, tu es encore là, vivant, devant moi…

-Mais…

-Laisse-moi poursuivre, le coupai-je. Il est évident, et ma réputation est bien assez connue de toi, que j’ai connu de nombreux hommes… Et bien, très franchement, vous n’avez été que deux à me faire arriver à l’orgasme… ou deux et demi, plutôt.

-Pardon ? Et demi ?

Il gloussa, alors que je souriai tendrement.

-Hm. Ça veut seulement signifier que ça faisait partie des orgasmes les plus courts, voilà tout…

-Ah… Et, m’interrogea-t’il, qui sont les deux autres ? Je les connais ?

Je toussotai légèrement, le rose aux joues, alors qu’il me faisait asseoir sur ses genoux, et blottissait son visage contre le mien.

-Et bien… oui, tu les connais… Un très bien même, et l’autre, par contre, tu ne le connais que de sa réputation et de vu, vite fait.

-Ça m’avance pas des masses… Allez ! Les noms !

Je lui donnai une petite tape sur la tête, histoire de le faire cesser le grignotage de mon omoplate.

-Ichigo et… Grimmjow…

Il cessa toutes actions et releva la tête pour me regarder bien en face.

-Ichigo… c’est le demi, hein ? Ricana-t’il.

-Oui.

-Alors t’as couché avec ton jumeau… Tu m’étonnes qu’il a l’air de tenir à toi ! Quel âge ?

-La première fois ? Il devait avoir 13-14 ans…

-C’était y’a pas longtemps, remarqua-t’il… Attends ! C’est à la même période qu’il est devenu important au cœur de l’institution mafieuse, nan ?

-Si, exactement. C’est à peu près à ce moment-là qu’il est devenu shateigashira, pourquoi ?

-Il est resté très peu de temps à ce poste, et il est monté en tuant le wakagashira, ne ?

-Hm hm, effectivement, et en faisant cela, il s’est démarqué suffisamment pour que l’oyabun le nomme à sa place quelques mois plus tard…

-Bref, maintenant, passons aux choses sérieuses, déclara-t’il.

Je n’eus même pas le temps de demander un éclaircissement, que je me retrouvai allongée, les mains au-dessus de la tête et un Gin bien entreprenant par-dessus mon corps sans défense. Je souris largement en le sentant se lâcher, devenant bien plus sauvage par rapport aux autres fois.

Éreintée, je me laissai retomber sur le matelas, haletante et couverte de sueur. Ichimaru n’était pas mieux, et il tentait de récupérer de son côté. Je tendis le bras pour me réapproprier mes vêtements et les enfilai aussi rapidement que je pus. Croisant le regard étonné de mon professeur, je lui montrai la porte d’un signe de tête. Il écarta les yeux légèrement en comprenant et entreprit de faire de même. Une fois présentable, je poussai la porte doucement et notai qu’il y avait encore de l’ambiance, mais bien plus moindre qu’auparavant, preuve que le temps était passé sans nous en faire part.

D’une seule caresse sur ma main, Gin me faisait comprendre qu’il partait de son côté. Je retrouvai mon frère et les jumeaux Kurosaki en train de causer avec Iba, au comptoir. Je m’approchai d’eux sans me faire remarquer par l’un d’entre eux. Je finis par m’accommoder au rebord de zinc.

-Une tequila, Iba.

-Tout de suite ma belle, me répondit-il en souriant largement.

Mon frère lui lança un regard noir et se mit à grogner. J’étouffai mon rire autant que je pus, dans ses bras protecteurs. Je tournai la tête et aperçus le visage goguenard et blanchard de Shirosaki. Son frère était adossé contre son épaule et avait l’air de dormir profondément. Je fronçai les sourcils au vue de son état apparent. Le copain de mon nii-san tira la langue, amusé. J’observai plus attentivement mon ami roux et mes lèvres s’étirèrent en remarquant les suçons plutôt nombreux sur sa peau pâle. Je me détachai de Grimmy-nii lorsque ma boisson fut servie. Je la bus, installée sur les genoux de mon bleuté de frangin.

-L’est quelle heure ? Marmonna Ichigo, à demi réveillé.

-Celle de rentrer, carottif.

-M’appelle pas comme ça, Shiro, grogna le dénommé carottif.

Je sautai sur mes pieds et tirai sur les bras du rouquin pour le lever.

-Bon, on y va ? Trépignai-je.

-Débranche les piles Liatey…

-C’est pas une réponse ! M’exclamai-je d’une voix stridente, spécialement pour le faire grincer des dents. Quand à toi, tu m’as pas dit pourquoi ça allait pas, et puis, t’avais qu’à pas me siffler mon verre !

-Alors, oui, on y va, déclara mon frère en se massant les tempes. Ichigo t’expliquera tout une fois décuvé, et par pitié…

-Oui ? Chuchotai-je.

-Tais-toi ou baisse le voix !

J’hochai la tête et les entrainai derrière moi. Il est plus que rare de la part de Grimmjow d’hausser la voix envers moi. Et quand cela arrive, je préfère laisser ma fierté et ma répartie légendaire de côté pour me faire le plus petit et le plus discret possible.

Une fois sortis, et après avoir salué nos nombreuses connaissances, les garçons inspirèrent profondément, et décidèrent que rentrer serait une bonne idée. Les Kurosaki choisirent de rester avec nous. Je ne dis rien sur le manque de place évident que cela va occasionner, mais je n’en pense pas moins. Ichigo dormira sûrement avec moi et il bouge dans son sommeil, l’animal !

Le retour fut plus long que l’aller, la principale cause étant l’état des 3 garçons. Ayant bu verres sur verres, il va sans dire qu’ils étaient complétement ivres… Même si mon frère supporte plus l’alcool que les deux autres !

Arrivée à l’appartement, je filai me changer et allai me coucher dans le canapé, pendant que le reste était en train de monter l’escalier plus ou moins silencieusement. Ils allèrent directement se coucher une fois à destination, après avoir fermé la porte, bien sûr. J’entendis les ressorts du lit gémir lorsque Grimmjow et Shirosaki s’y installèrent. Le canapé s’affala un peu plus quand Ichigo y prit place. Il se pelotonna contre moi, frotta sa masse capillaire rousse contre ma joue et s’endormit aussitôt.

Je fixai le plafond, n’ayant aucunement besoin de sommeil. La conversation que j’avais eut plus tôt avec Gin me revint en tête et les souvenirs de cette année passèrent devant mes yeux… Je revois très bien le jour où mon frère était revenu, tout fier, à la maison pour m’annoncer qu’il avait trouvé un emploi plus que rentable, et tout à fait dans ses capacités. Je lui avait sauté au cou et l’avais serré très fort en pleurant de joie. Ce jour-là, il m’avait embrassé, non comme un frère, mais comme un homme. Dans les jours qui suivirent, nous étions devenus amants. Notre relation n’était connu que de nous. Puis, le soir où il était revenu couvert de sang du wakagashira, il m’avait expliqué quelle était la teneur exacte de son travail. Comprenant l’énormité de cette confession, je décidai de taire cette vérité. Il m’annonça aussi avoir retrouvé les Kurosaki, et à partir de ce soir-là, il redevint mon nii-san.

Peu après, Grimmy-nii et moi sortîmes avec les jumeaux Kurosaki. J’aimais bien Ichigo, mais pas assez pour notre situation. Il comprit que ça n’avançait à rien et on rompit avec le sourire. Surtout qu’il croisa Neliel peu après ! Ah, Neliel… Nous la considérons comme une 2° mère, nii-san et moi. C’est elle qui nous recueillit et s’occupa de nous, malgré le fait qu’elle ait sa sœur à charge. Suite à notre demande, elle nous rendit indépendant vers nos 10-12 ans, je ne sais plus trop. De par elle, j’ai rencontré les ¾ de ceux que je connais. Les autres, c’est via la mafia, les relations de mon frère, ou encore l’école…

Après, je sortis avec Jiruga Nnoitra. J’avais l’impression d’être revenue au temps de ma relation avec mon jumeau, de par sa personnalité psychotique, son goût du combat et son ambition dévorante… Sans oublier son côté protecteur et aimant, que ce soit physiquement comme sentimentalement. Un problème ? Plutôt trois, en vérité. Des problèmes aux noms de Neliel, Grimmjow et Shirosaki. La première voyait d’un mauvais œil mon amant, car il se donnait l’air d’un obsédé sexuel. Le deuxième ne le supportait pas. Et le dernier pensait que ce n’était qu’éphémère. Nous nous entendions plutôt bien, nos discussions s’étendant sur de larges sujets. Les disputes étaient quasi-inexistantes, et tout allait bien. Si je ne me trompe pas, ce qui fit que nous rompions, est plutôt banal : une fausse alerte. Je me crus enceinte ; suite à un malheureux concours de circonstance, mon frère l’apprit. Jiruga m’avoua qu’il ne se sentait pas prêt à être père. Je lui assurai que je ne voulais pas d’enfant, pour le moment. Grimmjow refusait que j’avorte. Je finis par apprendre que je n’étais nullement enceinte. Mais Nnoitra préféra qu’on se sépare, expliquant qu’il n’arrivera jamais à fonder une famille malgré tout ses meilleurs efforts.

De toutes mes ruptures, celle-ci fait partie des plus douloureuses. J’ai pris beaucoup de temps à m’en remettre, et encore maintenant, y penser me fait mal.

À la même époque, je me mis à trainer dans l’institution de mon frère, cherchant à penser à autre chose. C’est là que je rencontrai les frères Grantz. L’aîné, Szayel-Apporo, travaillait comme ingénieur, et Il Forte faisait partit de la partie comptabilité. Je finis par ne plus lâcher le plus jeune. Il devint l’un des hommes de confiance de mon frère, alors que le sien fut envoyé chez les scientifiques.

Je passai tout mon temps avec le blondinet, l’abreuvant de mes confidences jusqu’à plus soif. Nous devenions de plus en plus proche… Il fut des plus logiques que nous finissions ensemble… Non ? Ça n’étonna personne, et je profitai de son épaule pour pleurer et du reste de son corps, bien sûr. Comme pour ma relation avec Ichigo, ce n’était pas un réel amour. Plus du réconfort. J’étais déprimée, et lui me rendis le sourire de la meilleure manière qu’il soit… Notre petit chemin commun s’acheva une fois ma joie de vivre revenue. Il devint mon conseiller et mon meilleur ami, un peu comme Ulquiorra…

Il y eut une pause. Brève, mais réelle. Suite à un mouvement brusque, Grimmjow se trouva dans l’obligation de cesser toute activité manuelle. Il passa son poste d’oyabun à Luppi, sous mes conseils, et m’emmena quelques temps chez un cousin qui habitait dans le dernier quartier. On y était au calme, et nous y étions des visages inconnus. On habitait chez Ggio Vega et je rencontrai Aaroniero à cette époque. Je n’ai jamais compris pour quelle raison ce dernier était méprisé par mon jumeau… Mais bon… On y passa les vacances d’été, et nous repartîmes à l’appart’ bien reposé.

Grimmjow récupéra son poste avec plaisir, car il n’apprécia guère non plus Luppi. J’allai faire ma rentrée au lycée publique de Karakura et m’entourai rapidement d’un groupe d’amis. Je collectionnai les conquêtes avec indifférence, juste par pur plaisir. Je fus envoyé chez le directeur, Barragan Luiserbarn, pour raisons diverses.

Et voilà où j’en suis… L’année dernière a été des plus mouvementée, je trouve…

J’étouffe un bâillement et me tourne. Penser au passé m’avait fatigué. Il me fallut peu de temps pour que je finisse par m’endormir. Bizarrement, aucun rêve n’anima ma nuit. Pourtant, j’ai un esprit des plus fertiles et en bon état de marche… À creuser, donc…

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