Cobra mâchonnait l’extrémité de son cigare, l’air pensif.
Son regard brun passait à nombreuses reprises sur les lignes s’affichant sur l’écran à cristaux liquides. Une nouvelle mission donnée par l’un de ses informateurs.
Il avait prévenu ses connaissances les plus à même de remplir la mission, mais il lui manquait quelqu’un, malgré tout. Un remplaçant pour tout le monde, d’une certaine manière, quelqu’un qui serait capable de passer après le spécialiste afin de donner un deuxième avis. C’était peut-être bizarre comme envie, c’était même courir le risque de provoquer des tensions. Mais c’était ainsi.
Ils se retrouvaient donc à quatre, pour le moment. Un pro du camouflage, un pro de la voltige, un pro de l’arnaque. Et lui-même, gros touche-à-touche qui établirait la stratégie à appliquer.
Lorsqu’il finit par trouver la personne qui lui manquait, il se flagella mentalement en se rendant compte à quel point il avait été stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt.
-Le fait d’avoir accepté ne signifie pas que j’accepte ta misérable drague, l’avait prévenue cette personne.
Cause toujours.
Cobra avait donné rendez-vous aux différents membre de la nouvelle équipée dans un vaisseau confortable malgré sa petite taille. Il ne lui appartenait évidemment pas, c’était ce qu’on pouvait appeler un « emprunt à longue durée » ou à durée indéterminée, c’est selon.
-Salut Cobra !
-Vega ! Ça va mieux, depuis la dernière fois ?
-Mieux que jamais !
Ils en étaient encore aux salutations lorsque les deux autres les rejoignirent, ce qui fit qu’il ne quitta pas le sas d’entrée tout de suite.
-Nous ne sommes que quatre ? S’étonna le Mirage. Tu avais dit que nous étions cinq !
-Nous le sommes, c’est juste qu’il ne manquait plus que vous.
-Oh ! Tu veux dire que lui, tu lui as donné une date différente de la nôtre ? Se moqua-t-il.
Cobra ne préféra pas répondre, levant les yeux au ciel. Il savait la teneur des rumeurs qui couraient sur lui et les pirates en général. Pourtant, son activité auprès de la gente féminine ne semblait pas les calmer, bien au contraire.
-Mais non, c’est juste que je n’ai réussi à le coincer qu’hier, donc hors de question de le perdre de vue de nouveau, lui courir après ça va bien trois minutes. Pire qu’une anguille. Suivez-moi, le salon est par-là.
Il passa la main devant l’identificateur qui s’illumina de vert avant de faire coulisser la porte sans un bruit.
-Le salon est bizarre, marmonna Vega. Donc tu n’as ce vaisseau que depuis hier ?
-Deux jours, plutôt. Je me perds encore, vous verriez ça ! Rit-il.
Confortablement installés dans les différents canapés et fauteuils placés là, les quatre hommes parlaient de tout et de rien, attendant que le cinquième daigne pointer son nez afin que le sujet de leur rassemblement soit abordé.
Une porte coulissa et de la vapeur d’eau envahit lentement le salon alors qu’une silhouette en sortait, chantonnant tout bas. Lorsqu’elle parvint à leur hauteur, elle se figea et Cobra comprit que sa dernière heure venait d’arriver. Alors il sauta sur ses pieds et tenta de battre en retraite, mais trop tard.
Davy Jones laissait passer beaucoup de choses, mais prendre sa chambre pour un salon et ce, cinq fois de suite, ça ne passait plus. Plus du tout.
-Cobra… Je crois me rappeler t’avoir déjà informé qu’ici c’était ma chambre. Ma. Chambre. Le salon, lui, se trouve être la porte suivante.
Elle avait pour habitude de se changer dans la salle de bain, donc ce n’était pas très gênant pour elle, mais c’était plus le geste qui l’énervait.
-Alors, maintenant, dragueur inutile, ouvre grand tes oreilles et prête-moi attention avant que je ne décide de mettre ton entre-jambe à la retraite… Quand je dis non, c’est non, quand je dis stop, c’est stop, et quand je dis DEGAGE DE MA CHAMBRE…
Il avait presque disparu tellement il était allé vite dans sa fuite.
Claquant sa langue contre le palais, Davy observa avec fierté qu’elle arrivait encore à effrayer quelqu’un. Bon, pas sûr qu’effrayer Cobra était particulièrement gratifiant, mais on se contente de ce qu’on a sous la main.
Se retournant, elle défia de son regard si particulier ses futurs compagnons de rester encore là et ils rejoignirent bien vite leur vieil ami dans le couloir.
-C… Que s’est-il passé, exactement ? Voulut savoir Spica. C’est qui cette fille ?
Soupirant, le pirate les guida au bon salon, cette fois, et entreprit de tous les servir avant de répondre.
-C’est la cinquième personne. Le capitaine Davy Jones. Et elle tient à son titre, bonne chance si vous arrivez à l’appeler autrement.
-Tu peux aussi m’appeler Dame Flavia, mais pour ça il faudrait que tu sois un tout petit peu moins athée, se moqua la jeune femme en arrivant à son tour. Merci.
Elle prit le verre des mains du blond et l’avala cul-sec. Elle se laissa après tomber en arrière sous le regard effrayé des quatre autres qui passaient de surprise en surprise. Et ce fut pire encore lorsqu’elle s’assit dans le vide le plus total, croisa les jambes et posa ses pieds sur la table basse avec un air moqueur peint sur le visage.
-J’adore la tête que vous faîtes au passage. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il est plus que temps que notre cher ami, ici présent, nous explique à quoi nous allons bien pouvoir servir, par Cronos !
-Euh… Oui.
Cobra se secoua, décidant de mettre de côté ce qui venait de se passer. C’était pas la première fois qu’elle faisait quelque chose dépassant sa compréhension.
-La mission, en tant que telle, est simple. Nous devons infiltrer une base et rejoindre la pièce centrale, le tout sans se faire repérer. Jusque là, tout le monde me suit ?
