À deux, c'est toujours mieux [X-Men]

À deux, c’est toujours mieux – 2/3

Je me laissai aller sur ma chaise.

*Impossible de faire machine arrière, chérie et tu le sais.

*Ta gueule, tu veux ?

*Non, je ne veux pas…

*Tu vas me manquer petit frère, t’es conscient de ça ?

*Toi aussi tu vas me manquer, sœurette. La maison est bien vide sans toi.

*Heureusement qu’on peut se parler par télépathie, ça aide…

*À qui le dis-tu…

*À toi.

*Très drôle… Sinon, ça se passe bien ? Ils sont gentils ?

*Un peu imbus d’eux-même, genre super-héros, si tu vois ce que je veux dire.

*Je suis ton jumeau, je te rappelle, je vois ce que tu veux dire.

*Tu es même plus que mon jumeau, nous avons mêlé nos essences, très cher.

*Merci de me l’avoir rappelé, ça a réveillé ce qu’il ne fallait pas. Ça va être galère.

*Je te laisse t’occuper de tes problèmes personnels. Bisous d’Amérique !

*Bisous de France, porte-toi bien et fais attention à toi, je ne veux pas qu’il arrive quoi que ce soit à ma petite sœur adorée.

*Je suis ta seule sœur, idiot. Comment ça, de France ? Tu avais parlé d’Angleterre ?!

*C’est pour ça que je t’aime. Changement de dernière minute, il se trouve que mes compétences étaient plus sollicitées de notre côté de la Manche plutôt que de l’autre. À la prochaine fois.

*Bien reçu.

Je stoppai la conversation. La tête en arrière, les yeux clos la bouche entrouverte, je tentais de remettre en place mes pensées. Une seule manière :

« Je m’appelle Liatey Lane Jaggerjack, j’ai dix-sept ans. Je suis partie en Amérique pour m’occuper des problèmes qui me différencient des autres. Mes parents sont morts lors de l’une de mes crises. Mon frère jumeau doit travailler dur pour pourvoir rembourser les frais de l’enterrement, du voyage, de la maison, sans oublier l’héritage. Il s’appelle Grimmjow Gregory Jaggerjack et a dix-sept ans, il est né deux minutes avant moi. Il est très gentil malgré les apparences et est sur-protecteur quand il s’agit de moi. Il a réussi à m’éviter la prison. Grâce aux liens qui nous unissent, nous avons pu développer une sorte de télépathie commune qui nous permet de parler malgré la distance, ce qui nous aide tous deux. »

J’ouvris les yeux et soupirai. Je me mis à fixer le plafond blanc cassé, quand, soudain, l’image du jeune homme qui s’était occupé de moi s’imposa dans mon esprit. Je grognai. Il m’avait été impossible de me calmer, alors j’avais dû feindre l’ennui pour éviter de lui sauter dessus. Ses cheveux noirs à reflets bleus me faisaient penser à mon frère. Je me levai d’un coup et me dirigeai vers la salle de bain avec l’intention de me laver et de me changer. L’atmosphère était lourde, pesante, humide et chaude, sans oublier ma dizaine d’heures d’avion. En gros, j’en avais plus que besoin !

Je me déshabillai rapidement, puis entrai dans la cabine et allumai le jet. Je me détendis sous les litres d’eau chaude, à tel point que mon apparence changea et je notai que ma peau était redevenue de sa couleur initiale. Je soupirai de lassitude et coupai l’arrivée d’eau. Je sortis de la cabine et me séchai vigoureusement à l’aide d’une serviette blanche.

Avec une sérénité hors du commun, j’entrepris de m’habiller. J’avais opté pour un short en jean, aux jambes un peu effilées, et un T-shirt manches courtes vert d’eau.

Une fois dans ma chambre, j’enfilai une paire de sandales. Je m’admirai dans la glace. Je m’avançai de plus en plus du reflet et finis par poser la main dessus, des flashbacks traversant mon esprit.

« T’es vraiment bien foutue, ça serait dommage de pas en profiter… »-« Lâchez-moi ! »-« Tiens-la bien, empêche-la de fermer les jambes. »-« Grimmy… Grimmj… »-« T’as raison, empêche-la aussi de parler, ses piaillements m’emmerdent ! »

Je fus sortis de ces sombres pensées par le contact dur du sol. J’éclatai en sanglots incontrôlable, l’épaule contre le miroir, sur les genoux, les jambes écartées. Si mon frère n’était pas arrivé… Non, je voulais oublier ça !

Je me traînai jusqu’au lit et m’y allongeai, me vidant l’esprit et relâchant mon apparence d’emprunt pour revêtir la naturelle. Je soupirai une nouvelle fois de lassitude, fermai les yeux, et laissai la paix intégrer chaque particule de mon être. Au bout d’une dizaine de minutes, je m’assoupis.


Je m’éveillai en sursaut. Une fois calmé et le souffle revenu normal, je me levai et jetai un coup d’œil dans le miroir. M’étant assuré que j’étais présentable, je sortis en boulet de canon de ma chambre et dévalai les escaliers pour arriver à l’étage des filles. Je frappai à la porte et entendis un grognement. Prenant cela pour une invitation à rentrer, je poussai le battant de bois, fis quelques pas à l’intérieur de la chambre, et me figeai.

Devant moi, la nouvelle occupante de la chambre était étendue sur le lit à la couverture blanche, les cheveux étalés sur l’oreiller, le corps un peu à la diagonale et les pieds dans le vide. Ce n’est pas cette position d’abandon qui me stupéfiait sur place, oh non. Quoique ça n’aidait pas beaucoup… Non, c’était sa… son… comment dire ?! Elle avait la peau ROUGE FLASH, une queue à pointe de flèche s’entortillant autour de sa jambe et une paire de mignonnes cornes blanches dépassait de la masse de chevelure à la couleur si particulière. Elle était tout simplement… à tomber. J’étais tellement sous le choc que d’un geste maladroit, je fis tomber la chaise en bois. La rencontre entre ma main et la chaise dérégla ma montre, ce qui entraîna l’apparition de ma véritable… forme…? Oui, on peut dire ça, étant donné ma métamorphose et la différence flagrante par rapport aux autres. J’avais la peau bleue marine, la cornée bleue et la pupille jaune, une queue en forme de flèche bleue aussi et trois doigts à chaque main, sans compter que je n’avais que deux orteils à chaque pied. Je tournai le dos à l’endormie et pianotai sur les touches de la machine fautive. J’entendis un gémissement.


C’est quoi ce bordel ?! Mmh… Dodo…

J’ouvris lentement les yeux et me relevai. Il y avait quelqu’un dans cette pièce, je le savais… Mon regard se dirigea automatiquement vers l’intrus.

OH MY FUCKING GOD… C’était qui ce mannequin ?! Sans faire de bruit, je me levai et allai vers lui, roulant des hanches et faisant glisser ma queue sur ma peau cramoisie. Je rejetai ma chevelure en arrière et décidai de passer à l’attaque.

Je passai mes bras autour de son cou et collai mon corps au sien, m’imbriquant au maximum, comme pour ne faire qu’un.

La réaction ne se fit pas attendre : il tourna aussitôt la tête et j’en profitai pour m’emparer de ses lèvres.

J’entendis un petit « bip bip », mais ne m’en préoccupai pas plus que ça. Les yeux fermés, je laissai glisser mes mains sur son visage. Remarquant la différence de la texture de la peau par rapport à juste avant, j’ouvris mes yeux en grand et cassai le baiser.

Tout en reculant, je redevins humaine. Devant moi se tenait… Kurt, abasourdi, la main posée sur ses lèvres et fixant le mur en face de lui.

-Je… je… Désolée…

J’étais méprisable. Il devait trop m’en vouloir. Enfin, on aurait plutôt dit qu’il était sous le choc.

-Wahoo…

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