Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 3/20

Comme toute ville, Karakura a son « quartier sombre ». Bidonvilles, appartements minuscules, violence à chaque coin de rues, prostituées, dealers et drogués, alcools… Rien de très reluisants. Ce quartier mal famé a reçu le nom de « Hueco Mundo », « le monde de le Lune », joli, non ? Malgré les apparences, y vivre est agréable. En fait, ça ressemble à la Cour des miracles dans le bossu de Notre-Dame de Victor Hugo.

Seul problème : « Le Hueco Mundo, ça t’colle à la peau » comme on dit et clament nos tatouages à chaque moment. Dès la plus tendre enfance, nous arborons cette marque sur l’épaule, un discret « H.M ». Une fois majeur, on peut le modifier mais pas le supprimer. Comme pour nous rappeler constamment d’où on vient ! Qu’on les rassure : c’est quasi-impossible d’oublier…

La vie là-bas à son charme, quand même. Un lien fort nous unit tous, au Hueco Mundo, on se sert les coudes, dans n’importe quelle situation. Une autre règle d’or de cette banlieue puant la pauvreté.

J’ouvre la porte qui donne chez moi en faisant le moins de bruit possible. Trois pas sont suffisants pour arriver au salon. Sur le meilleur canapé (le seul, par ailleurs), une masse sombre y était allongée. Une respiration profonde et un léger ronflement -comme un ronronnement- s’élevaient de ce fauteuil. Je souris dans le noir et ramassai la couverture aux motifs écossais et la posai sur les deux corps nus et enlacés. Cinq pas à gauche et j’ouvre la porte de la chambre et m’allongeai sur le lit double. J’allongeai le bras et m’emparai du réveil pour le régler à 6h 25. Je m’endormis comme une masse, plongeant dans un sommeil sans rêve et peu reposant.

À peine 2h plus tard, le réveil se mit à gueuler et je me réveillai en sursaut. Une fois ma respiration et mes battements de cœur calmés, j’abattis mon poing sur la pauvre machine sans défense. Sans descendre de mon lit, j’ouvris le placard au pied du lit et sortis mon uniforme. Je refermai la porte et me levai pour ouvrir la porte de la douche, enfin, je veux dire de la salle de bain, mais c’est si petit qu’en entrant, on se retrouve le nez à 3 cm de la paroi de douche.

Je pose mes affaires sur le lavabo juste à côté. Mes affaires posées en un équilibre précaire, je fis tomber en un tas informe mes vêtements avant d’entrer dans la cabine. J’allumai l’eau et y plongeai courageusement la tête. L’eau est glaciale ! Je me lavai en vitesse les cheveux et le corps, tentant désespérément de ne pas claquer des dents. Je coupai l’eau et sortis vite, attrapai ma serviette et me frictionnai du plus fort que je pus tout en grelottant de froid.

-Oh ! En voilà une jolie vision !

-Bonjour à toi aussi ! Passé une bonne nuit ?

-Toujours ! Attends, laisse-moi t’aider…

-Si tu le souhaites…

J’abandonnai le tissus vert et rugueux à ses mains habile et blanches qui parcoururent bientôt mon corps, le réchauffant et le séchant en un temps très courts. Je soupirai d’aise et me laissai aller contre son torse. Ses mains se rejoignirent et se croisèrent sur mon nombril. Je blottis ma tête dans ses cheveux blancs et y soupirai d’aise, y respirant l’odeur masculine que je recherche désespérément.

-Oï ! Shiro-kun, Lya-lou ! Z’êtes encore fourrés où ?

-Dans la salle de bain ! Lui hurlons-nous.

La porte s’ouvrit en gémissant et claquant contre le mur à côté.

-Oh, Shiro ! Tu me trompes ?

-Bien sûr que non, idiot !

Là-aussi nous avions parlé en même temps. Je me détachai de Shiro et commençai à m’habiller.

-Il est quelle heure ?

-Euh… bientôt 7h, pourquoi ?

-K’so ! M’écriai-je. Je vais être en retard ! Bon, j’vous laisse la douche, je vais préparer le petit-déj’ !

Je sortis en trombe, enfin, autant qu’on peut sortir en trombe d’une pièce de la taille d’un placard, et allai dans la cuisine, sortant tout ce qui est nécessaire pour deux estomac affamés, et glissant deux tranches de pain dans le toaster. Je sortis la bouteille de jus d’orange et m’en versai un verre. Au même moment, où je rangeai la brique, les tranches sortirent du grille-pain. Je les attrapai au vol et les déposai sur le rebord de la cuisine.

-Où je peux trouver le nutella ? Demandai-je, pleine d’espoir.

-Dans le salon ! Me répondirent les deux voix.

-Vous en avez fait quoi ?

-Tu veux vraiment des détails ? Me posa la question Shiro.

-Non, merci ! N’oubliez pas de le ranger, leur rappelai-je.

-Haï !

Je soupirai. J’ouvris le placard devant moi et m’emparai d’un pot. Prise de soupçon, je stoppai mon geste.

-Vous avez pas touché au miel, j’espère ?

Espoir, quand tu nous tiens…

-Noooon !

-Yes !

Tout en sortant le pot et en me tartinant une épaisse de miel, je sifflotai. Je sortis le sucre en poudre et l’éparpillai sur mes tartines.

-Et pour la chantilly ?

-C’est bon aussi !

Après avoir soigneusement étalé cette crème épaisse et sucrée, je refermai les deux tranches, rangeai mes ingrédients, bus mon verre, m’emparai de mon sandwich improvisé et entrai en coups de vent dans la chambre.

-Hé !

-Désolée, faut qu’j’y aille. À ce soir !

-À ce soir !

-Shiro, t’es là ou pas ?

-Nan, désolé.

-Bon, dommage…

Je soupire un peu avant de leur claquer deux bises retentissantes sur les joues et filai sans attendre mon reste. Je sortis de cette banlieue endormie en courant. Une fois sortie de ce périmètre, je baissai la foulée pour me retrouver à marcher vite. Je mangeai tranquillement mes tranches de pain au : miel/sucre/chantilly. Une fois finis, je jetai un coup d’œil à ma montre et paniquai sur le coup. Les cours vont démarrer dans moins d’une dizaine de minutes ! Je courus comme une dingue et entrai dans l’établissement, allai au casier, m’emparai de mon sac et me dirigeai vers ma classe, sans ralentir la cadence. Au moment même où j’ouvrais la porte de la classe, la cloche sonna. Je vis avec avec horreur le visage aux yeux clos et au sourire sadique se tourner vers moi.

-Lia-chan ! Vous êtes pile à l’heure ! Ça change de d’habitude ! Pour fêter cela, sortez une copie : interro surprise !

À la fin de cette phrase, ma fatigue mon stress et une nausée certaine m’envahirent. Je pâlis et mes jambes furent parcourus de tremblements et menacèrent de me laisser tomber sur le sol. Courageusement, je fis un pas à l’intérieur. Mon genou ploya un peu mais ça allait tout de même. Un deuxième pas et je pus faire glisser le shoji derrière moi. À pas lents, je passai devant le prof sadique. Empruntant la rangée bordée de table, je pris appuie sur ces dernières avant de me laissez tomber à ma place ordinaire. Je posai mon front sur la table pour le rafraîchir. J’inspirai profondément une demi-douzaine de fois.

-Liatey-chan, au tableau !

-Haï senseï, grommelai-je.

Je me relevai, gardant mon regard ostensiblement fixé au sol, le relevant, je croisai les yeux mi-cols du senseï. Toujours en prenant appuie sur les tables de mes condisciples, j’avançai. À mi-chemin, je me stoppai pour reprendre mon souffle. Tout tournait autour de moi, j’avais très chaud et tout s’assombrissait. Je réussis à entendre ce que disait Ichimaru-senseï, mais j’eus dû mal à comprendre.

-Toujours prête à danser jusqu’à 4h du mat’, mais incapable d’aller au tableau, hein ?

Je tombe.

.Pdv externe.

En voyant son élève s’évanouir, rattrapé in extremis par Sado, Ichimaru perdit son sourire un bref instant. Se ressaisissant à temps, il s’adressa à sa classe.

-Yasutora-kun, posez-la contre mon bureau, quand à vous, ouvrez vos livres à la page 212 et faites tous les exercices. Ishida-kun, allez chercher l’infirmière et dites-lui qu’une élève s’est évanouie.

Il fut comme ordonné, et bientôt la douce infirmière au sourire rassurant, accompagné par son assistant empoté et timide, arriva sur place et s’agenouilla auprès de l’évanouie, lui prenant le poignet pour vérifier son pouls. Le professeur de maths prit place, lui aussi, de l’autre côté et échangea une conversation sur le ton du murmure, de sorte que nul ne put entendre ce qui fut prononcé.

-Yamada ! Aboya le senseï.

-Oui monsieur ? Bégaya le pauvre garçon terrorisé.

-Je vous demande de surveiller ma classe. Si vous avez un quelconque problème, demandez à Ishida, c’est le délégué.

-Bien monsieur.

Le professeur installa l’élève dans ses bras du mieux qu’il put, la tête calée sur l’épaule du porteur, les bras de ce dernier passé sous les genoux et les épaules de la jeune fille, puis il suivit Unohana.

Arrivés à l’infirmerie, il posa le plus doucement possible son fardeau sur un lit à la literie blanche et resta tout le long de l’examen, répondant à l’infirmière de l’établissement du mieux qu’il put. Finalement, Unohana-sama renvoya gentiment le professeur inquiet à sa classe, lui demandant d’envoyer Hanataro, ce qu’il fit.

Après avoir fait crouler sa classe sous les devoirs, il la libéra. Les élèves se dépêchèrent de prendre la fuite, sauf six qui attendaient devant son bureau, un air soucieux sur le visage de la majorité d’entre eux.

-Comment va-t’elle ? Demanda Ichigo, les sourcils encore plus froncés que d’ordinaire.

-… Son état est stable, ce n’est qu’un évanouissement des plus banals.

-Vous pensez qu’on peut aller la voir ? L’interrogea à son tour Orihime, elle arborait un air sérieux.

-Je pense que oui. Elle a surtout besoin de repos…

-Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

-Quand on est en boîte, en train de danser comme une déesse, avec comme partenaire jamais le même garçon, qu’on emballe l’un des trois qui n’est pas son copain, vous pensez bien que c’est impossible de la rater. Sans parler qu’aux environs de 5h, il n’y a plus grand monde qui danse.

-Vous étiez là ? Intervint Sado, d’une voix égale.

-Bien sûr ! Le directeur est un vieil ami, expliqua Ichimaru-senseï.

-C’est pour ça que vous savez pourquoi elle est si pâle ?

-J’avoue que ce n’était pas difficile à comprendre. Vous avez quoi, après ?

-Bah… commença Ichigo.

-Physique ! L’interrompit notre hystérique nationale : Rukia.

-J’vais parler à Mayuri.

Accompagné de ses élèves, le professeur alla jusqu’aux labos. Il toqua.

-Entrez ! Aboya la voix peu agréable de Kurotsuchi-senseï. Ichimaru ! Que me voulez-vous ?

-Juste v’prévenir qu’j’vous emprunte six d’vos élèves et qu’Lia-chan est à l’infirmerie.

-7 fainéants de moins ! Okay, gardez-les autant que vous voulez.

L’inquiétant professeur retourna à ses élèves, se désintéressant de son collègue à la porte. Ce dernier ferma la porte et fit demi-tour, sous les regards étonnés des 6 adolescents.

-Euuh… Ichimaru-senseï ? Demanda timidement Rukia.

-Ouaip ?

-Vous nous voulez quoi ?

-Moi ? Rien ! Pourquoi cette question ?

-Bah… Vous…vous… vous nous avez excusé pour la physique, pourquoi ?

-Vous vouliez voir votre amie, nan ? Bah allez-y ! Z’avez une heure au minimum.

-Merci Ichimaru-senseï.

Les filles présentes s’inclinèrent un peu tandis que les garçons inclinaient seulement la tête. Le professeur se gratta la nuque, tout en levant et baissant la main, comme le faisait parfois le professeur d’allemand, Urahara-senseï. Un sourire apparut chez les six 2nde 03 devant cette mimique comique.

-Bon, v’venez.

-Haï senseï ! S’exclamèrent la demi-douzaine présente.

La petite troupe se dirigea dès lors vers le lieu où se reposait Liatey. Devant la porte, les amis de la jeune fille hésitèrent à frapper. Le professeur se dévoua en soupirant. La porte coulissa, dévoilant le jeune homme aux cheveux noirs et assistant-médical, qui s’effaça pour las laisser passer. Il les mena au lit de l’adolescente. C’est à ce moment-là que Unohana-sama sortit de son bureau et fit signe à son collègue de la rejoindre, ce qu’il fit immédiatement, laissant les six élèves rejoindre leur meilleure amie.

Le groupe, guidé par les bons soins du timide assistant, arriva devant le lit blanc où se reposait leur amie. Ils prirent place autour, pendant qu’Hanataro quittait la place, et la regardèrent sans rien dire.

Soudain, Orihime s’empara d’une des mains reposant sur la couverture ivoire. Aussitôt, elle se sentit soulevé et se retrouva sur le lit, le visage de Liatey juste au-dessus du sien, les bras bloqués par les mains de cette dernière qui la fixait étrangement. Elle avait les yeux révulsés et de sa bouche ouverte sortait un grognement sourd, comme un fauve. Orihime commençait à avoir franchement la trouille.

Heureusement, Chad et Ichigo lui fit lâcher prise et la rallongea. Tatsuki releva Inoue qui était un peu perturbée. Uryû la prit dans ses bras pour la calmer. Rukia s’approcha et gifla la jeune demoiselle.

C’est à ce moment que le professeur accompagné de l’infirmière entrèrent. Le premier fronçait les sourcils et paraissait soucieux.

-Wahoo !

Tous se tournèrent vers le lit.

Laisser un commentaire