Un monde s'écroule : le mien [Bleach]

Un monde s’écroule : le mien – 2/20

On entra dans notre bar habituel. On y vient régulièrement, quasi tout les soirs, boire ensemble, en bons copains. Dépassé une certaine heure, les trois Kuchiki accompagnés des deux 3°, de Tatsuki et Orihime, nous quittent pour rentrer chez eux. Ishida, soutenant un Ichigo passablement éméché, repart à la maison. Ces départs occasionnent souvent une délocalisation. Une boite ou un karaoké, au choix. L’alcool coule à flots, que ce soit entre Shûhei et Renji. Chad et Ulquiorra restent stoïque, et moi je m’amuse. Ça dépend où on se trouve. Ou je chante, ou je danse…

C’est dans les environs d’11h que Chad part, suivi d’Ulquiorra. C’est un Hisagi bourré, titubant dans la nuit, qui nous quitte vers 2h du matin.

À partir de ce départ, Renji me propose sa compagnie. Selon ma fatigue, l’emploi du temps du lendemain ou autre, je finis dans son lit ou chez moi. Abaraï a l’alcool doux, une fois bien imbibé, il est très attentionné. Pas qu’il ne le soit plus une fois décuvé ! Mais il perd de sa rudesse et sa « sauvagerie ».

Sinon, nous nous quittons et repartons chacun chez soi. Ce soir ne fait pas exception, on se retrouve devant l’entrée d’une boite venant d’ouvrir i peine une semaine, le « Las Noches ».

Malgré qu’aucun d’entre nous n’ait la majorité, on entre direct et facile. J’arrive à emmener mon meilleur ami sur la piste et nous nous déhanchons en rythme. On peut pas le dire à première vue, mais voir Ulquiorra sur la piste, c’est… hypnotique ! Il a la musique dans la peau. Bien vite, toute l’attention se dirigea vers notre petit duo de choc, assez envoûtant par la combinaison de nos corps et difficile à regarder. La danse finie, c’est une tempête d’applaudissement ! Je souris à Ulquiorra qui passa ses bras autour de ma taille, comme pour me protéger et me pousser jusqu’aux sièges pris par les trois autres qui nous félicitèrent, eux aussi.

Je ne dis rien, me contentant de sourire sous les compliments enflammés des deux garçons abrutis d’alcool et le silence de Chad qui se contente de me sourire et de lever le pouce. Je m’écroulai auprès de mon partenaire de danse.

-Merci, vieux ! Je me suis jamais autant éclaté !

Mon interlocuteur hocha la tête pendant que je m’emparai de mon verre de vodka et le vidai cul-sec, accompagné des quatre garçons, chacun sa boisson… Je me tortillai un peu tout en observant le plafond et marquant le rythme d’hochements de tête. Je finis par poser ma tête sur les genoux d’Hisagi qui passa ses doigts dans mes mèches noires. Mes yeux rouges se fixèrent sur sa pomme d’Adam qui montait et descendait alors qu’il buvait sa bouteille de saké au goulot. Soudain, un peu du liquide s’échappa de sa bouche, et dévala son menton. Je me relevai sur un coude et recueillit la goutte du bout de la langue. Grâce à cette dernière, je retraçai le chemin parcourut, et arrivai aux lèvres tentatrices qui avaient lâchaient le goulot pour le coup.

Elle refit le tour de la bouche avant de se coller dans l’interstice, ce qui occasionna le plaquage de nos bouches. Ma main droite migra sur la joue tatouée et je passai les doigts sur les chiffres, les retraçant à l’infini, alors que mon autre main préféra le collier tatoué autour de sa gorge.

J’étais assise sur ses genoux, sa main sur ma cuisse, l’autre tenant la bouteille délaissée, nos yeux fermés, nos langues se taquinant mutuellement, mes mains traçant les contours de ses tatouages, mes pieds dans le vide, le gauche marquant le rythme.

Les yeux toujours fermés, je m’emparai de sa bouteille et la reposai durement sur la table. Le bruit lui fit ouvrir les paupières. Je fis de même, croisant ses pupilles noires, embrumées par l’alcool. J’attrapai sa main et me levai d’un coup, l’entraînant derrière moi, vers la piste de danse, écartant les danseurs pour me retrouver au centre. Je lui fis face, lançant un défi silencieux : danser jusqu’à ce que je décide d’arrêter.

Un slow se fit entendre. Un sourire naquit sur le visage de mon partenaire et, sans plus attendre, il se colla à moi, ne laissant presque pas d’espace entre nos deux corps. Ma tête se cala sur son épaule, le nez dans son cou, profitant pour inspirer son odeur un peu envoûtante : sueur, alcool divers, après-rasage et eau de toilette.

-Je suis accro à ton odeur, murmurai-je sans réfléchir ni le regarder.

Son étreinte se resserra un peu et sa bouche se colla contre ma jugulaire. La caresse de son souffle sur mon épiderme me fit frissonner agréablement. Ses mains se promenaient un peu partout, se glissant sous mon débardeur et ma jupe d’école.

C’est au bout d’une dizaine de danses seulement, que mon petit-ami se ramena et fit comprendre que :

Les autres étaient partis.

Il aimerait bien me ravoir.

Il est l’heure d’y aller pour lui.

C’est ainsi que je me retrouvai à enlacer le corps musclé et puissant de mon petit-ami et dire au revoir à mon ancien partenaire, qui allait rentrer chez lui pour dégriser et se reposer un peu avant les cours.

Un sourire assez effrayant s’installa sur ses lèvres alors qu’un slow se faisait entendre. Sa main alla se caler dan le creux de mes reins, pendant que l’autre s’installa à l’intérieur de ma cuisse. Nos corps étaient encore plus imbriqués que je ne l’étais avec Shuuhei. J’avais le souffle coupé par cette étreinte puissante. Je fermai les yeux et me laissai emporter par la musique et Renji.

Une heure, à peine, plus tard, mon amoureux me fit comprendre qu’il était l’heure de rentrer, voir même un peu trop tard pour nos horaires habituels : il était plus de 4h du matin, et nos cours démarraient à 8h. Je pâlis en apprenant l’heure et m’excusai auprès de lui de l’avoir retenue aussi longtemps.

Il me fit signe que ce n’était rien, et que, de toute façon, il commence par anglais, ce qui est synonyme de sieste pour lui. Je me rappelai alors que, pour ma part, j’allai revoir Ichimaru-senseï. À cette pensée, je pâlis un peu plus. Renji s’inquiéta de cette pâleur et je le rassurai, lui disant que c’était la fatigue, combiné à l’alcool.

-On s’envoie un dernier verre avant de se séparer ?

-Okay, un dernier, mais après je rentre chez moi, le prévins-je.

-Vu l’heure, c’est préférable, ma chérie.

On se plaça au bar pour commander un dernier verre de saké. Attendant d’être servie, je laissai vagabonder mon regard, avant de m’arrêter sur une personne ressemblant étonnamment à mon prof de maths. Le temps de ciller, le visage a disparu ! Je secouai la tête énergiquement et me retournai vers le comptoir où attendaient sagement nos boissons. Nous entremêlons nos bras et apportons nos verres à nos lèvres.

-À la tienne, murmurai-je.

-À la nôtre, corrigea-t’il.

Le liquide fut engloutie et eut raison de moi. Je me mis à tituber pour sortir, et une fois dehors, le vent froid m’accueillit et je décuvai sous les assauts glacials.

-On se retrouve tout à l’heure ?

-Hein ? Euh… Ouais.

-Hey Lia, tu veux que je t’accompagne ? T’as pas l’air d’aller bien…

-T’inquiètes, j’habite pas loin, de toute façon…

-T’es sûre ? Parce qu’on n’est pas loin des quartiers de la nuit, et je veux pas qu’il t’arrive quoique ce soit…

-Renji… soupirai-je. Je suis pas en sucre, si tu veux, je t’appelle une fois à la maison.

-C’est d’accord. À tout à l’heure.

-À tout à l’heure.

Il s’éloigna d’un pas tranquille. Une fois hors de vue, je partis chez moi. 10 min plus tard, j’étais rentrée. Je laissai s’écouler encore 20 min avant de l’appeler. Je ne veux pas que l’on sache où j’habite, d’où je viens.

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