Sous l'océan~ [Hetalia - Axis Power + La Petite Sirène]

Sous l’océan~ – 4/14

Le changement soudain fut suffisamment violent pour que Héraklès accuse le coup, ayant la sensation qu’il allait s’envoler.

Bon, au vu de sa carrure musclée, il y avait peu de chance, mais si l’humain était rationnel, ça se serait su.

Il attrapa Gupta par les épaules, l’enjoignant à rentrer dans la cabine, balayant ses protestations d’un haussement d’épaules. Certes, son statut était important, mais là, il n’était pas le prince, il était juste un ami voulant mettre à l’abri un autre ami.

L’aide de bras supplémentaires fut appréciée à sa juste valeur, mais rien n’y fit et, très vite, une lame de fond vint balayer le navire, les envoyant tous par-dessus bord. La fête était définitivement finie.

Alors qu’il crevait la surface, reprenant son souffle, il avisa un débris du bateau qu’il agrippa comme si sa vie en dépendait. Ce qui était le cas, finalement. D’un œil éteint, il avisa la statue qui rejoignait les fonds. Pauvres petits poissons, méritaient-ils une pareille vision ?

Mais il n’eut pas le temps de philosopher plus longtemps dessus, apercevant Gupta, empêtré dans sa tenue aux tissus trop riche qui prenait l’eau. Tout excellent nageur qu’il soit, si nul ne l’aidait, il aurait à chercher un nouveau conseiller. Et à porter le deuil pendant de trop longues années.

Lâchant son support avec réticence, Héraklès nagea avec difficulté auprès de son ami et l’épaula suffisamment pour qu’un des canots de sauvetage réussisse à les localiser et à les en extirper. Enfin, ils eurent le temps de sortir Gupta des vagues, Hellas, lui, se fit déporter par le courant devenu plus fort à ce moment-là. Ou était-ce ses forces qui commençaient à l’abandonner ?

La journée avait été longue.

Il se laissa donc porter, cherchant vainement à se débattre, au moins pour respirer, jusqu’à ce que sa nuque ne cogne une autre planche, arrachée au navire qui n’en finissait plus de couler. Avec difficulté, il racla la surface de bois de ses ongles, cherchant à s’y accrocher. Mais ce fut peine perdue.

Alors, Héraklès prit une dernière goulée d’air et se laissa engloutir par les flots, une petite pensée à l’égard de son frère resté au château.

Le noir envahit son esprit alors que ses poumons le brûlaient et que sa bouche s’ouvrait, dans l’espoir de trouver de l’air au milieu de toute cette eau.

Il était tellement persuadé qu’il allait mourir qu’il fut plus que surpris lorsque les rayons du soleil le réchauffèrent de nouveau. Il pouvait toujours entendre la mer, bien sûr, mais ce n’était plus le fracas de tantôt qui lui explosait aux oreilles et l’attirait vers des fonds inconnus.

D’ailleurs, il pouvait sentir quelqu’un tout près de lui, le contact d’une autre peau sur la sienne, bien que le froid l’habitait et que des frissons le parcouraient. Peut-être était-ce son sauveur ?

Il lutta pour ouvrir les yeux, grimaçant lorsque le sel se déposa sur ses globes oculaires et que le ciel si bleu et le soleil si lumineux les lui brûlaient. Mais il tint bon et put entrapercevoir une silhouette aux longs cheveux.

Une fille ?

Mais il n’eut pas le temps de tergiverser plus, des voix l’appelaient, angoissées et soulagées à la fois. Il offrit un sourire à celle qui lui avait sauvé la vie, bien qu’elle prit la poudre d’escampette à une vitesse ahurissante. Ou était-ce juste lui qui avait du mal ?

Toujours est-il que Hellas dut accuser le coup lorsque son jeune frère lui sauta au cou, expulsant tout l’oxygène que ses petits poumons avaient pu stocker. Mais bon, il ne pouvait pas lui en vouloir, au vu de l’ascenseur émotionnel qu’il avait dû subir.

Plus mesuré, Gupta passa la main dans les cheveux bouclés, les démêlant un peu, un petit sourire sur le visage.

– Vous nous avez fait si peur, altesse…

– Appelle-moi par mon prénom, râla ladite altesse.

– Et je vois que, malgré votre bain forcé, vous allez parfaitement bien, s’amusa le conseiller.

À deux, ils l’aidèrent à se remettre sur ses pieds, titubant quelque peu, et lui encore plus.

– Comment es-tu sorti de l’eau, grand-frère ? On dit que tu as disparu subitement !

– Je… Je crois que j’ai été sauvé… Il y avait une jeune fille, à l’instant… Vous ne l’avez pas vue ? Elle chantait, je crois…

Soupirant, il posa sa tête sur l’épaule de son cadet, épuisé.

– Allez, rentrons avant qu’il ne s’évanouisse, proposa Gupta en avançant. Nous verrons tout cela après que vous ayez pris un bon bain chaud.

Ils s’éloignèrent, cahin-caha, traînant plus qu’ils ne portaient Héraklès qui luttait de nouveau contre ses paupières.

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