Sous l'océan~ [Hetalia - Axis Power + La Petite Sirène]

Sous l’océan~ – 14/14

Enfin, on y était.

Bon, c’était déjà la seconde fois, mais l’émotion était toujours là, intacte. Et, malgré que ce ne soit pas une jeune femme gironde à la poitrine volumineuse et aux longs cheveux blonds qu’il attendait, ça ne l’empêchait pas de sentir son cœur de vouloir briser ses côtes à force de cogner si violemment.

Comme dans un rêve, il le vit remonter l’allée, cette fois au bras de Gupta, Neoklos préférant rester auprès de lui, sous prétexte qu’il était pâle à faire peur. Et qu’il aurait mis en miette trois programmes, malgré leur épaisseur, rien qu’avec ses petites mains. Pff, comme si c’était un indice de nervosité ! Ça se saurait, tiens…

Francis se plaça à ses côtés, un sourire si éblouissant qu’il eut l’impression de regarder le soleil en face, irradiant de bonheur. Même Gupta souriait. Un minuscule, microscopique sourire. Mais ça fit battre plus fort le cœur de son petit-ami qui lui adressa un clin d’œil.

À moitié sourd par les battements frénétiques de son cœur, Héraklès promit sa vie et son amour, tout ce qu’on voulait, même, pour en finir au plus vite.

Il savait qu’il n’avait pas vraiment besoin de cette stupide cérémonie pour qu’ils s’aiment ou même qu’ils s’abandonnent l’un à l’autre, mais rien que pour ce sourire, il serait capable de subir cette cérémonie toutes les semaines (parce que le mariage dure, au bas mot, trois jours).

Lorsque, enfin, leurs lèvres se touchèrent, il eut l’impression que des ailes venaient de lui pousser. Il ne descendit pas de son nuage une seule fois de toutes les festivités, à deux doigts de ronronner comme ses chats, un sourire entre le niais et le stupide sur le visage, copieusement commenté par Sadiq qui n’en pouvait plus de se moquer.

Et, pour la première fois depuis sa présentation officielle par ses parents, des dizaines d’années auparavant, aucune fille ne gloussa à ses oreilles pour obtenir une danse. Non, elles étaient toutes réservées à l’homme de sa vie duquel il n’arrivait plus à se décoller.

Ce fut un peu plus problématique lorsque Francis demanda à rester auprès de sa famille, au moins un mois par an. Ce n’était rien, au fond, mais… Durant ces quelques jours, il n’était plus le même, tournant en rond, l’humeur en berne, une vraie loque, inquiétant son entourage, même si ils avaient fini par prendre le pli, au fur et à mesure.

Mais le pire, ce fut lorsque Francis décida de rester plus longtemps. Il l’avait laissé dans le flou total au sujet du pourquoi, et du temps en question. Certes, il avait des nouvelles, mais… ce n’était pas suffisant.

Complètement maussade, broyant du noir comme un teinturier, il se laissa porter par son frère et son conseiller qui n’osèrent plus le lâcher un seul instant, le surveillant à tout instant, reléguant leur vie privée pour plus tard. L’état du prince – du roi ! – était plus important. Plus inquiétant.

De toutes les possibilités, les raisons, pour lesquelles Francis ait préféré rentrer auprès de sa famille, là où tout le pouvoir, l’argent et les relations du trône ne pouvaient le porter, il ne lui restait rien de bien reluisant…

– Vous croyez qu’il me hait mais qu’il n’ose pas me le dire ? Demanda-t-il un jour d’une voix d’enfant.

Son frère se contenta de le serrer contre lui sans un mot et de lui tendre une fleur qu’il avait cueillie un peu plus tôt, bien qu’il comptait à l’origine l’offrir à Gupta.

– Il a dû rencontrer quelqu’un… Une sirène peut-être… Il a dû se rendre compte qu’un homme ce n’était pas suffisant… L’exotisme de notre relation lui est passé… Je ne le comble plus comme avant…

Son conseiller ne dit rien, lui prêtant son épaule alors qu’il pleurait à gros sanglots, froissant sa tenue de ses grosses mains, restant ainsi près de deux heures, à devoir calmer son souverain.

– Peut-être qu’il en a marre que je lui saute tout le temps dessus ?

– C’est vraiment à moi que tu poses la question ?

Héraklès leva les yeux, croisant le visage masqué de Sadiq et dut convenir, en effet, qu’il y avait de meilleures personnes pour le conseiller. Il reposa sa tête et le laissa poursuivre ses soins.

Il en avait été réduit à se réfugier dans les cuisines afin d’écouter les cancans, tentant de comprendre ce qui clochait dans son couple. Ce n’était pas très royal, évidemment, de le voir le nez dans les cosses de haricot, à discuter avec les commis, dorlotant un chat sans y faire attention. Mais quelle importance ? Neoklos gérait les affaires du royaume, autant pour prendre sa relève que parce qu’il était juste incapable de se focaliser dessus.

– D’après vous, quelles sont les raisons qui pousseraient un… une épouse à fuir son mari ? Avait-il soufflé, une fois.

Et là, les pires et les plus idiotes des raisons s’étaient étalées sans honte, le sonnant pour le coup. Bon, certaines ne les concernaient pas – le manque d’engagement ? Ils étaient mariés ! – mais d’autres… Était-il malheureux avec lui ? Peut-être qu’il aurait dû le laisser rejoindre sa famille plus tôt… Et plus souvent ?

Ou alors… c’était son côté gamin qui l’insupportait ? Lorsqu’il qu’il rechignait à aller se coucher ou à quitter ses chats… Voire même, quand il refusait de quitter le lit ou qu’il se goinfrait de sucreries…

Le désert sexuel ? Ils couchaient toujours ensemble, bien que c’était moins fréquent avant son départ…

Son côté possessif ? C’est vrai qu’ils étaient toujours glués ensemble – hors des pauses sanitaires – et qu’il était presque impossible de les voir l’un sans l’autre. Peut-être ne lui avait-il pas laissé assez d’espace ? Qu’il avait besoin de respirer ? Ou qu’il avait l’impression d’être considéré comme un objet, une acquisition ? Un genre de trophée personnel destiné à flatter sa virilité ou son ego…

Un manque de confiance envers sa personne ? Après tout, il s’était laissé berner par une paire de nichons et il était connu pour ses partenaires sexuels et ses performances dans ce domaine…

Quant à la mauvaise influence… Peut-être qu’il l’humanisait trop ? Qu’il avait besoin de revenir auprès des siens pour se retrouver…

Il en était à ce genre de pensées sombres, regardant par la fenêtre de son bureau, préférant se bloquer sur cette vision que sur les réflexions qui lui minaient le moral.

Héraklès ne tourna pas la tête en direction de la porte qui s’ouvrait. Gupta l’avait quitté quelques minutes plus tôt, des dossiers plein les mains, lui promettant de revenir au plus vite. À croire qu’il craignait qu’il passe à travers cette maudite fenêtre, tiens…

Il se tourna vers son conseiller, voulant vérifier cette supposition auprès de lui, avant de se figer.

– Fran… Cisse ?

Sans le vouloir, il l’avait prononcé comme la première fois, pris au dépourvu.

Son sourire était comme les autres fois, tout comme son baiser, ce qui rassura légèrement son mari qui ne savait plus quoi faire de ses mains. Et encore moins lorsqu’il aperçut le baluchon.

« Je ne suis pas revenu tout seul~ » avait murmuré la voix chérie.

Inquiet et les mains moites, Hellas obtempéra, jetant un œil entre les tissus. Qu’est-ce que lui avait concocté son petit triton ?

Son cœur se serra en apercevant les mèches blondes. Alors, il avait eu raison ? Francis lui avait préféré un autre ?

« Regarde comme il te ressemble… » avait-il ajouté.

Son cœur rata un battement, semblant résonner dans la large pièce, le changeant en pierre, l’information se répercutant entre ses petits neurones. C’était le sien ? Vraiment ? Il avait eu un enfant ? Avec un homme ? Avec un triton ?

Les mains tremblantes, il les tendit en direction de son époux afin de pouvoir prendre contre lui le fruit de leur amour. Était-ce possible ? N’était-ce pas un rêve dont il allait sortir dans quelques secondes, haletant et la peau couverte de sueur, entre les draps à peine réchauffés par son unique présence ?

– Tu… Tu n’es pas un rêve ? Réclama-t-il d’une toute petite voix.

La réponse lui faisait peur. Son absence aussi.

Les années passèrent…

Avec l’annonce de leur premier enfant, Neoklos eut le plaisir de rendre les charges du pouvoir à son frère et lui déclarer sa relation avec Sadiq. Après tout, maintenant que la descendance était assurée, il n’avait plus à s’en charger !

Complètement gaga de leur petit, Hellas avait tout oublié de ses moments sombres, ravi de se réveiller auprès de son mari tous les matins.

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