Sous l'océan~ [Hetalia - Axis Power + La Petite Sirène]

Sous l’océan~ – 12/14

Après avoir reçu une réponse positive de la jeune fille, Héraklès s’était relevé et lui avait offert le bras, un sourire un brin pervers sur le visage, décidé à la guider jusqu’au château afin de la présenter à sa famille.

C’était la fille de sa vie, elle avait tout pour lui plaire. De longs cheveux blonds nattés reposaient sur son épaule, son visage était doux et fin, sa peau pâle mettait en valeur ses yeux bleu-gris qui semblaient pétiller d’amusement, accompagnée d’une moue désapprobatrice de ses lèvres roses. Elle était d’une taille appréciable, presque aussi grande que lui ce qui, loin de la rendre trop impressionnante, lui permettait d’avoir son visage à hauteur du sien. Bien qu’il ait plutôt envie de le mettre dans l’impressionnant décolleté juste en-dessous qui, loin d’être vulgaire était tout en sous-entendu.

Oui, vraiment, la fille qu’il lui fallait.

Attrapant le premier servant qui passait là, il lui annonça sa volonté de fêter ce satané mariage. Cela suffit pour qu’il détale en direction des cuisines faire passer la nouvelle et les ordres.

– Depuis le temps qu’ils me tannent à ce sujet, tout est déjà prêt, soupira-t-il.

Le gloussement qui s’échappa de sa… fiancée ? Lui parut ravissant et il tomba d’autant plus sous son charme.

Repoussant la fatigue qu’il ressentait suite à une journée plutôt remplie, il la mena à un salon où ils passèrent la nuit à faire connaissance.

Arthur n’arrivait pas à réprimer le sourire victorieux qui lui étirait les lèvres. Non seulement le prince était sous son charme, mais en plus, il n’avait pas eu autant besoin d’utiliser la voix de Francis qu’il ne le pensait. Peut-être avait-il eu raison, finalement, lorsqu’il avait prétendu au triton que les humains n’aimaient pas les pipelettes !

Au petit matin, ils furent dérangés par l’arrivée d’un homme à la peau mâte qui ne paraissait pas très content de ce qu’on venait de lui annoncer. Mais il changea tout de suite d’humeur en les voyant tous deux enlacés sur un sofa, la tête du prince sur son épaule, somnolant doucement.

Elle lui offrit son plus innocent sourire, cillant légèrement. Ce n’était pas le moment d’échouer à un stade pareil de son plan !

– Je m’appelle Ekaterina, se présenta-t-elle en lui tendant la main.

– J’ai entendu les servants parler de mariage, commença Gupta après la lui avoir baisée.

– Oui, Hellas en a décidé ainsi, soupira-t-elle de bonheur. Je n’oublierai sans doute jamais cette déclaration en mariage.

Le soupir niais qu’il se força à émettre donna la nausée à Arthur, mais il tint bon. Il y était presque.

Avec un sourire enjoué, Ekaterina secoua légèrement le dormeur en lui donnant des petits noms, sous le regard amusé de son conseiller.

– Nous sommes en train de préparer le navire nuptial, les invités vont commencer à affluer d’ici deux heures, selon nos estimations. J’ai fait prévenir les couturiers afin que vos tenues soient prêtes au plus tôt. Maintenant, c’est à vous de jouer.

Il appuya ses termes d’un discret clin d’œil qui fit légèrement rougir le prince.

Ce fut le signal pour qu’ils quittent le salon et se jettent dans les préparations du mariage.

Alors qu’il accueillait les invités avec son frère, Héraklès eut un pincement au niveau du cœur en remarquant l’absence de Francis. Sans vraiment s’en rendre compte, sa présence lui était devenue comme indispensable. Il jeta un œil en direction de son frère qui lui sourit, fou de joie de l’événement.

Se malmenant les mains aux côtés du pope, le prince échangea un regard avec Gupta qui tentait de le rassurer. La future mariée devait arriver d’une seconde à l’autre, donnant le bras à Neoklos qui sourirait comme… eh bien, comme lui-même. Ce gamin était un sourire ambulant.

Repoussant la couronne de fleurs qui semblait lui peser plus lourd que jamais, il sentit son cœur battre plus fort en la voyant arriver, rougissante et presque gauche dans la tenue traditionnelle. Elle était ravissante.

Lui souriant pour la rassurer, il lui prit la main et le pope commença à énoncer les paroles sacrées du mariage, mais Hellas ne l’entendait presque pas, son cœur battant trop fort à ses oreilles. Et, alors qu’il allait faire sa promesse, l’enfer se déchaîna.

Des animaux jaillissaient de tous les bords, mettant à mal les invités et les installations, au point de le séparer de sa future femme qui était prise à part par des oiseaux qui tentaient de lui arracher ses foulards. Il voulut venir auprès d’elle afin de l’aider, mais il fut lui-même empêché par des… des phoques ? Submergé par toutes ces actions, il aperçut alors Francis grimper à bord du navire.

Il se dirigea alors vers lui, autant pour le protéger du bordel ambiant que pour… bah, il ne savait pas trop pourquoi, au fond. Mais il s’arrêta lorsque le collier si particulier de sa douce Ekaterina s’écrasa aux pieds du blond. Quelle horrible journée.

Il sortit de ses pensées en remarquant une espèce de luciole sortir des débris pour… plonger dans la gorge du jeune homme ? Que…? Bon, encore, si ça n’avait été que ça, pourquoi pas. Mais ce ce qui le figea, ce fut ce son. Cette voix qu’il avait attribuée, à tort semble-t-il, à sa future épouse, venait de jaillir des lèvres de Francis qui se massait la gorge, l’air ravi de quelqu’un qui venait de retrouver ce qu’il avait perdu.

Troublé, Héraklès s’avança toujours, sa fiancée reléguée au dernier plan. Il y avait plus important à faire.

– Je… Francis ? Cette voix… Je… je ne comprends pas… Comment ?

Il lui avait pris les mains, les yeux plongés dans les siens, se gavant de ce bleu si particulier.

Il le serra dans ses bras, ravi de ce retournement de situation et l’observa rapprocher son visage du sien, sûrement dans une tentative de l’embrasser.

L’entendre enfin parler fut un ravissement. Le contraste était d’autant plus saisissant lorsque Ekaterina leur ordonna de se séparer avec une voix… eh bien, bien trop grave pour aller avec son apparence. Ce qu’elle prouva en… explosant la robe à coup de tentacules.

Urgh… Et c’était à ça qu’il avait failli promettre amour et fidélité ? Les dieux lui viennent en aide…

À cette pensée, il se rendit compte que Francis n’était plus dans ses bras mais sur le pont, sa toge ne réussissant pas à cacher sa queue de poisson. Il était si adorable avec sa moue navrée. Il allait esquisser le geste de le prendre dans ses bras mais il lui fut ravi par cette espèce de pieuvre à gros sourcils qui sauta par-dessus bord et disparut dans l’océan.

– FRANCIS ! Hurla-t-il inutilement.

Sadiq l’attrapa par les épaules pour l’empêcher de sauter à son tour.

– Du calme, bouillonnant prince, t’as déjà failli te noyer deux fois dans la semaine. On va éviter la troisième, hein ?

Héraklès n’eut pas le temps de lui répondre qu’il se fit embarquer pour sa cabine où l’attendaient déjà Gupta et Neoklos qui lui tendirent alors sa tenue de tous les jours

– Si tu crois qu’on va te laisser salir ta tenue de mariage, tu te trompes, grinça son conseiller avec sa tête des mauvais jours.

Il aurait pu gagner un concours de vitesse, tellement il se changea vite, ce qui amusa son frère malgré la situation peu joyeuse. Une fois prêt, il lui attrapa la main et le tira jusqu’à l’un des canots de sauvetage.

– Tu es peut-être bon nageur, grand-frère, mais je pense que ta présence n’aura pas grand-intérêt. Alors, si tu veux le rejoindre, tu rames. Nous, on va rejoindre le port afin de mettre les invités en sécurité. Ils sont venus faire la fête, pas mourir.

Poussant son aîné dans l’embarcation, il ne lui laissa pas vraiment le choix, tirant sur les cordages.

– Bonne chance !

Il attrapa la lance de ses deux mains avant de commencer à ramer en direction de… de quelque part. Il n’avait pas la moindre idée ou indication de l’endroit où pouvait se trouver Francis et Ekaterina -pour peu que ce soit son vrai nom- mais il ne pouvait pas non plus rester là à attendre.

Ses efforts furent récompensés par une tache de lumière parmi les eaux sombres. Plissant les yeux, il plongea la tête pour apercevoir la créature de cauchemars (trop de tentacules, vraiment) qui semblait menacer Francis et… une algue. Ouais, d’accord.

Dans le doute, il arma son bras et jeta la lance comme on le ferait d’un harpon, croisant les doigts pour que le courant marin ne la fasse pas dévier de sa trajectoire, ce qui ne fut pas le cas. Mais elle se contenta d’érafler le sorcier des mers et de détourner l’attention sur sa présence. Depuis la surface, il aperçut les murènes foncer sur lui alors il attrapa les rames mais n’eut pas le temps de s’éloigner, tombant à l’eau de nouveau.

Râlant comme un chat mouillé, il eut juste le temps de prendre une gorgée d’air avant de se retrouver tiré vers le fond. Les actions qui suivirent furent désordonnées, mais il finit quand même par crever la surface, accroché à… un montant de couronne ? En compagnie de Francis qui tentait de le raisonner. Malheureusement pour le triton, non seulement il était trop tard, mais en plus Hellas était plus en train de savourer sa voix que ses paroles. On était foutus.

Ce qui le fit reprendre pied avec la réalité, ce fut lorsqu’il rencontra de nouveau la surface de l’océan en un plat douloureux. Mais il n’en avait pas fini, se faisant ballotter par les vagues sous les désirs de l’ancienne fiancée qui semblait bien décidée à les tuer.

Sa tête cogna le pont de l’antique navire dans lequel il avait atterri, le rendant confus un instant, mais il se reprit bien vite en percevant les cris de Francis. Se relevant, il nota les mâts brisés, mais surtout le tourbillon dans lequel il était pris. Tourbillon qui passait par le corps gigantesque de monsieur pieuvre qui était parti dans un trip mégalo.

Il jeta un œil rapide en direction du fond du tourbillon, des fois qu’il y apercevrait Charybde mais ce fut la silhouette frêle de Francis qui s’y trouvait, lui donnant une motivation supplémentaire.

Manœuvrant l’épave comme il pouvait, il réussit à percuter le corps flasque et y faire pénétrer l’extrémité d’un des nombreux mâts, tuant sur le coup ce monstrueux poulpe, ce qui entraîna l’arrêt brutal des vagues, la mer redevenant d’huile, mais pas sans accroc, faisant passer Héraklès par-dessus bord, une fois de plus.

Il n’atteint le rivage que par chance, rampant à quatre pattes sur la plage, épuisé et le souffle court.

– Pourquoi je suis toujours mouillé ? Râla-t-il avec le peu de force qui lui restait.

Il se tourna sur le dos, observant les nuages passer. Ses poumons lui faisaient mal et il expulsait de l’eau salée en toussant, se sentant comme vidé. Il se força tout de même à s’asseoir pour ne pas s’étouffer.

Mais, lorsque Francis quitta son rocher et s’avança vers lui, un air semblable à celui de son petit-frère les jours de fête sur le visage, il sentit comme un regain de force et se leva, chancelant quelque peu. Et puis, il se rendit compte de ce que voyaient ses yeux.

Des jambes -et un costume très bizarre. Francis avait de nouveau des jambes. Mais au vu de son air ravi, il n’y aurait pas de sorcière à tentacules dans le processus.

Sans même réfléchir, Héraklès courut vers lui, l’attrapa par la taille et le souleva un peu pour le faire tournoyer avant de -enfin- l’embrasser.

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