Sous l'océan~ [Hetalia - Axis Power + La Petite Sirène]

Sous l’océan~ – 10/14

Lorsque son petit moment félin s’acheva, Héraklès alla souhaiter une bonne nuit à son petit-frère bien qu’il dormait déjà. Il souriait largement, ce qui, malgré sa coutumière bonne humeur, n’était plus si fréquent.

En rejoignant sa propre chambre, il salua Gupta qui paraissait presque gêné d’être vu.

– Demain, si tu le souhaites, tu pourrais emmener ton nouvel ami visiter un peu la capitale. C’est jour de marché. Peut-être n’en a-t-il jamais vu auparavant.

Cette idée lui plut -ainsi que le fait de ne rien faire, soyons francs- et il alla se coucher avec ce projet en tête, un petit sourire sur les lèvres, ne faisant plus attention à son conseiller qui poursuivait son chemin d’un pas rapide, dépassant la porte de sa chambre.

Le lendemain, il eut la surprise de voir ce mignon inconnu avec des fleurs dans les cheveux et une toge qui avait sans doute appartenu à Gupta au vu de sa silhouette. Son cœur cogna dans sa poitrine de manière étrange, alors qu’il ratait la dernière marche de l’escalier.

– Vous… Oh, tiens, vous vous êtes rasé ?

Le visage sans doute rouge, il se frotta la nuque, essayant d’accaparer son attention ailleurs, mais peine perdue.

Avec les joues glabres, ses yeux bleus n’en ressortaient que plus, comme mangeant son visage, une invitation à s’y perdre. Et il le fit, durant ce qui parut être de longues minutes.

– Erm. Bref, êtes-vous prêt ? Nous avons la journée pour nous deux, Gupta a réussi à obtenir du chef de garde que nous ne soyons pas encadrés militairement. C’est une bonne chose, j’imagine ?

Une fois encore, il remplissait le silence avec des banalités, mais là ce ne fut pas comme ça, c’était parce qu’il sentait que s’il se taisait, il oublierait de regarder la route, absorbé par la vision de son voisin qui observait le paysage comme si il n’en avait jamais vu de tel.

Comme l’avez prévu son conseiller, c’était jour de marché. C’était une foule de personnes inconnues, de couleurs et d’odeurs, de bruits. Il avait insisté pour que le blond lui tienne la main, au moins le bras, afin de ne pas le perdre. Déjà qu’il ne connaissait pas son nom, et que lui ne pouvait pas crier… Ils auraient été bien, tiens !

C’est donc ainsi qu’ils purent visiter la capitale qui tenait plus de la petite ville aux maisons blanches et aux toits en terrasses, avec des enfants courant partout, tentant de les mettre par terre. Heureusement, les réflexes foudroyants de Héraklès étaient toujours présents et ils ne churent pas.

Ce qui faillit être différent lorsqu’il lui donna les rênes et put ainsi découvrir le relief des routes.

Afin de terminer la journée en beauté, il avait organisé une petite virée sur un lac non loin, en barque. Ça virait en une ambiance étrangement douce, avec le soleil couchant.

Alors qu’il ramait énergiquement, tout en blaguant, Hellas fut troublé. L’embarcation avait viré de sorte que le blond avait le soleil dans le dos, l’auréolant presque. Mais, ce qui causait réellement sa confusion, c’était que cette image lui était familière. Elle datait de son sauvetage. Pouvait-il vraiment espérer ?

Le cœur battant à tout rompre, il entendait à peine ce qui se passait autour, ce qui fit que lorsqu’il reprit ses esprits, il perçut une douce musique qu’il ne connaissait pas. À croire que c’était la semaine.

La mélopée, en plus d’être douce, collait un peu trop bien avec l’intimité qu’ils semblaient partager.

Dans l’idée de briser un peu tout ça et mal à l’aise, il cessa de ramer et se cala de son côté de barque, se grattant la nuque.

– Je me demande bien comment vous vous appelez, finit-il par déclarer. Je peux peut-être deviner ? Est-ce que ce serait… William ? Geoffroy ? Henry ?

Les refus étaient nets, mais la liste de noms étrangers s’amenuisait dans sa petite tête et il comptait laisser tomber lorsqu’il perçut un son étrange, porté par le vent, tel un bruissement de feuilles. Ne le comprenant pas, il tenta de le répéter.

– Fraaaan… Cisse ?

Mais le hochement de tête énergique le convainquit de répéter ce son, de se l’approprier, de le faire rouler sur la langue jusqu’à s’y habituer. C’était son nom.

Sans y faire attention, il était sorti de sa réserve et avait attrapé sa main dans la sienne, tenant fermement mais sans lui faire mal, les prunelles bleues l’ayant de nouveau happé, le rendant oublieux du monde extérieur.

Il se rendait bien compte que leurs visages s’approchaient, mais il n’en avait cure. Leurs lèvres se rapprochaient, allaient s’effleurer et…

Ils tombèrent dans l’eau, leur barque s’étant renversée.

Perçant la surface en crachant de l’eau, il toussa, scrutant l’eau limpide afin de retrouver celui qui l’avait accompagné, mais nulle trace. Inquiet, il replongea pour le trouver coulant vers le fond, luttant contre l’inconscience. Nageant rapidement jusqu’à lui, il l’attrapa et ressortit de l’eau, prenant la direction de la rive du lac.

Dans ses bras, Francis n’avait toujours pas repris son souffle, ce qui l’inquiéta grandement. Il l’allongea sur l’herbe et souffla de l’air dans ses poumons, frictionnant son torse, jusqu’à le voir recracher l’eau avalée.

– Vous allez bien… souffla-t-il, soulagé. J’ai eu si peur…

Il colla son front au sien, yeux clos, la main serrant l’étoffe trempée de la toge au niveau du cœur.

Puis il se reprit et s’écarta, rougissant légèrement en se rendant compte de cet écart de conduite, avant que son cœur ne fasse un bond en se rendant compte de l’état dans lequel il était.

En effet, bien que large, la toge blanche collait parfaitement au corps du jeune homme et était en plus humide, la rendant ainsi transparente.

Il n’était pas le premier corps d’homme qu’il voyait, évidemment, mais celui-ci était… différent. Il s’en échappait une espèce de grâce… Ce fut avec une force de caractère qu’il s’ignorait qu’il refréna ses élans, se rendant bien compte que lui faire subir les derniers outrages, juste après avoir failli se noyer n’était pas l’idée du siècle, et se leva, le portant jusqu’à la carriole afin de rejoindre le château où on ne manquera pas de se moquer de leur déconfiture.


Très loin d’ici, un certain sorcier des mers fulminait devant sa boule de cristal, hors de lui à l’idée que le prince des océans aille si vite en besogne ! Attrapant des flacons bien précis, il les cassa dans sa marmite, bien déterminé à être de la partie.


De nouveau sur le balcon, Héraklès jouait de sa lyre, mais de façon nostalgique, cette mélopée qui était l’indice sur l’identité de sa sauveuse.

Il soupira lourdement alors que son ami d’enfance s’approchait de lui, son air neutre oublié pour un plus soucieux. Cette attitude fut encore plus soulignée lorsqu’il posa sa main sur l’épaule musclée du prince en un réconfort silencieux.

– Hellas… Si tu veux mon avis, mieux vaut abandonner cette quête insensée. Il est préférable que tu te focalises sur des gens qui existent que sur des chimères créées par la fièvre… Tu as ton frère, Sadiq, moi… Tu as même ton petit blond tout trempé, le taquina-t-il.

Il n’arrêtait pas depuis qu’il les avait vus arriver, Francis dans les bras de son ami, tenant sa toge fermement contre lui, l’air gêné.

Il disparut sur un petit sourire en coin, le laissant seul, après avoir montré la fenêtre où le profil de Francis se devinait aisément. Héraklès garda les yeux dessus quelques minutes avant de revenir sur la mer face à lui. Sa lyre dans ses mains pesait lourd et l’envie de la jeter lui traversa l’esprit. Mais, au lieu de le faire, il la serra encore plus contre lui, telle une ancre dans la tempête de son cerveau.

Allant pour faire demi-tour, le visage fouetté par le vent qui venait de se lever, ses oreilles perçurent un son étrange. C’était… c’était si familier. Comme… comme une berceuse de son enfance, c’était…

C’était elle.

Se précipitant contre la balustrade, Héraklès s’y pencha au point d’en tomber, scrutant l’obscurité dans le projet d’apercevoir (enfin !) la silhouette de celle à qui il devait la vie.

Et là, foulant le sable mouillé de ses pieds nus, une jeune femme assez… gironde chantait, mettant des paroles sur ces notes qui le tourmentaient. Enfin…

Sans réfléchir, il descendit à la plage, comme hypnotisé, se plantant devant la demoiselle.

– Cette voix… Cette chanson…

Ces nichons…

– Vous êtes celle que je cherchais partout…

Mettant un genou à terre il lui tendit la main.

– Mademoiselle… Accepteriez-vous de m’épouser ?

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