Situation d'urgence [Hetalia - Axis Power]

Situation d’urgence – 9/14

– Des deux. Ça vient des deux. Au fond, je pense que notre présence attire les conflits. Ils n’ont pas besoin de nous pour se mettre sur la gueule, bien sûr. Mais ils peuvent voir sur notre corps, lire dans nos esprits, l’avancée des combats. Nous sommes un rapport vivant de l’état actuel sur les champs de bataille. Ça doit fouetter leur soif de sang, j’imagine.

Fataliste, il haussa les épaules et soupira. Il avait eut quelques supérieurs qui ne se dérangeaient pas pour lui faire ôter sa chemise afin d’avoir des nouvelles fraîches du front. Quand ce n’était pas un autre vêtement, évidemment. Tous les humains n’étaient pas délicats.

– Si j’en ai marre ?

Il soupira de nouveau, mais la fatigue, la lassitude, se sentait. Ses épaules paraissaient porter un fardeau bien trop lourd.

Il releva la tête, les yeux fixés sur ce ciel bien vide et bien trop bleu pour une ambiance pareille. Un sentiment d’injustice lui prit au ventre alors qu’il prenait conscience qu’une trop grande partie du pays, du monde même, continuait leur petite vie bien rangée alors que lui souffrait d’une perte dérisoire.

En réaction, ses poings se resserrèrent de nouveau, le marquant une fois de plus.

– Bien sûr que je n’en peux plus… Lutter n’est pas une partie de plaisir. J’ai beau faire le fort et avoir des muscles, si tu me connais aussi bien que je le crois, tu sais que je préfère mille fois flâner dans les champs que devoir porter à nouveau un uniforme militaire.

Il marmonna quelque chose sur son propre uniforme, d’ailleurs, ayant soupé des commentaires au sujet de la futanelle.

– Pourquoi nous faut-il toujours nous battre ? Ne pouvons-nous tout simplement pas cohabiter sans forcément râler sur l’étendue du territoire du voisin ? Ou juste profiter des bénéfices que nous faisons sans baver sur celui que se fait tel membre de la famille ?

Il soupira de nouveau mais cette fois-ci son regard croisa celui de son frère de cœur. Son visage de guerre était loin derrière, il avait repris son apparence habituelle entre temps.

– Je ne peux pas rester là et croiser les bras le temps de compter les points, tu me comprends ? Si je ne prends pas dès maintenant le partit d’un camps, on va penser que je ne suis bon qu’à retourner ma veste, mettant le bien-être de mon peuple en une priorité ridicule. Ce n’est pas que ce que les autres disent me touchent, mais…

De nouveau, son corps se raidit mais il reprit sa phrase :

– Ce n’est pas le moment de paraître faible. Il ne faut pas laisser croire que je ne suis qu’un paillasson sur lequel n’importe qui peut se permettre d’essuyer ses chaussures.

Ses yeux brillaient d’un éclat nouveau, prouvant sa détermination. Mais, au fond de lui, il n’y avait que du vide.

Laisser un commentaire