Héraklès pelletait tranquillement, travaillant sur ce chantier de fouilles depuis quelques mois, déjà. À force, il avait pris certaines habitudes, conversant avec les gens avec un naturel inhérent aux nations.
C’est donc sous le soleil chaud de Grèce, éloigné de son gouvernement que ça arriva.
Au début, il ne comprit pas trop, se retrouvant par terre, les quatre fers en l’air, sa pelle lui ayant échappé des mains, le dos douloureux.
Lorsque son cerveau fut de nouveau opérationnel, il bondit sur ses pieds et courut. Courut comme il ne l’avait jamais fait, en direction de… de quoi, d’ailleurs ? Du palais présidentiel ? Ou de l’épicentre de cette pseudo secousse sismique ?
Les paysages se succédaient par vagues floues alors qu’il les passait, ne leur jetant pas la moindre regard.
Il n’était pas là pour ça.
Le souffle court, le cœur battant la chamade, il finit par ralentir le pas, laissant le monde s’ouvrir de nouveau devant lui.
Et le désastre se présenter.
Devant ses yeux, il y avait des ruines de maisons et de magasins, des gens -son peuple- qui pleuraient les pertes humaines et matérielles, des médias qui rapportaient les faits.
Et puis, il y avait lui. Planté comme un piquet, les yeux grands ouverts sur le… rien de ce qui avait été une partie d’un quartier calme, dans la ville de Pireas.
Comment cela avait-il été possible ?
Bien vite, trop vite, les yeux vides et humides se tournèrent vers lui. Des voix éraillées et cassées réclamèrent des raisons, des explications qu’il n’avait pas. Parce qu’ils voulaient savoir pourquoi ils souffraient, pourquoi ils venaient de tout perdre à cause des humeurs de la mer, sans avoir été prévenu.
Elle était bien loin l’époque où il aurait pu mettre tout ça sur le dos des divinités…
Il ne chercha même pas la blessure relative à la situation. Ce n’était sans doute qu’une plaie minime, un bleu, une estafilade… Un poignée de morts sur un pays de dix millions d’habitants… C’était une broutille.
L’esprit coupé de la réalité, Héraklès rendait ce regard vide à ceux qui lui hurlaient dessus, souhaitant des réponses.
Il sentit à peine cette présence non loin, cachée dans l’ombre et derrière la foule de citadins voyeurs. Que venait-il donc faire là ?
Bien déterminé à le savoir, il serra les poings et se détourna de ce spectacle morbide, plantant son regard sinople sur la silhouette en retrait.
– Pourquoi es-tu là ?!
