Francis attrapa le collier, il le regarda presque avec tristesse, il s’agissait d’un présent de Lucius pour son dixième anniversaire. Ce souvenir était d’autant plus douloureux car à présent son père était mort. Bien sûr, avec la révélation du sorcier, Francis était perdu quant à l’attitude à adopter face à son paternel… Mais malgré tout, il l’aimait encore. Après tout il l’avait élevé et aimé, comme une fille certes mais il avait été aimé. Il caressa doucement le pendentif, on lui avait toujours dit que la fleur de lys était son symbole, sa fleur à lui. Il redressa la tête juste à temps pour voir Héraklès s’enfoncer dans les bois. Il aurait voulu lui crier qu’il l’aimait mais Kenneth déboula de l’autre côté.
Le blond, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, s’apprêtait à tenter de leurrer le sorcier. Il fallait qu’il puisse partir demain pour rejoindre son prince au bal. Il dissimula le collier dans sa manche et s’approcha du beau roux. Le sorcier, lui, titillait l’homme cygne en lui disant qu’il avait cru entendre des voix, il cherchait partout où elles pouvaient être. Dissimulant tout son dégoût Francis se jeta dans ses bras.
« Kenneth… Je… Si vous avez cru entendre des voix, il s’agissait de moi. Je m’entraînais à anticiper votre réaction lorsque je vous dirais que j’accepte de vous épouser. Je veux être votre reine ! »
Ludwig, Feli et Lovino non loin se regardèrent désespérés, alors que Francis usait de son arme secrète : le battement de cils et les grands yeux bleus pleins d’étoiles pour tenter de séduire l’ancien mage royal et lui faire oublier ses idées.
« Oh c’est.. C’est vrai ?! Tu verras, je serai un bon roi ! Je porterai de beaux vêtements et je m’épilerai les sourcils ! Tu me rends si heureux, Francis, tu ne peux pas savoir à quel point ~ «
Un court instant Francis crut qu’il avait réussi à le berner, malheureusement pour lui ce n’était pas le cas.
« Mais dis-moi… À qui appartient cette arme monstrueuse ? »
Le blond poussa un petit cri choqué en voyant que le sorcier tenait dans sa main, l’arc de son fiancé. Il s’avança par réflexe et voulut le prendre mais le roux l’écarta, le mettant hors de portée du blond. Il contempla un instant son captif, se disant que c’était du gâchis qu’il ne veuille pas accepter sincèrement son offre, car il avait appris à véritablement aimer le jeune homme. Il n’était cependant pas prêt à abandonner sa soif de vengeance pour ses beaux yeux. Il répéta mot pour mot les dernières paroles de Héraklès sur un ton moqueur avant d’ajouter.
« Tu croyais réellement pouvoir me berner, moi ?! Pauvre idiot ! Je crains fort que demain tu ne puisses pas aller au bal ~ »
« Si vous voulez m’en empêcher vous aller devoir me tuer d’abord ! »
Kenneth, qui s’était retiré après avoir volé le collier dans la manche du blond, se retourna, horrifié à cette idée.
« Non ! » Pourquoi son joli petit cygne tenait tant à mourir ? » C’est juste que, tu vois… Demain il n’y a point de lune mon mignon ~ »
Francis se retourna alors et vit que la lune était à son dernier croissant, il comprit alors que le lendemain serait une nuit sans lune et qu’il ne pourrait reprendre forme humaine. Il se laissa tomber à genoux, laissant des larmes de rage couler sur son visage alors que le sorcier, lui, disparaissait en ricanant. Kenneth, accompagné d’Arthur son assistant, mirent en place un plan diabolique, Arthur, grâce à la magie, prendrait la place de Francis. Il porterait même son collier en guise de preuve, il se rendra au bal et tous leurs problèmes seraient réglés. Le sorcier cacha cependant son trouble de condamner le beau blond à la mort. Il devait mourir sinon son plan n’aboutirait jamais. Et pour être sûr qu’il fonctionne, il devait enfermer Francis.
« Francis je t’en prie, je n’aime pas te voir comme cela. Je ne supporte pas te savoir en colère contre moi… Oh, je suis bête. Écoute, si tu n’es pas heureux, je ne le suis pas non plus. Pour me faire pardonner nous allons organiser un bal ici, et bien sûr il te faut un jeune homme pour cavalier. »
Le cygne, qui s’était contenté de tourner le dos au sorcier au fond de la tour inondée, se retourna alors, craignant le pire. Neoklos apparut alors dans son champ de vision, le pauvre se débattait pour ne pas tomber dans l’eau tandis qu’Arthur le poussait de toutes ses forces. Alors que le jeune homme bascula enfin et s’écrasa dans l’eau, Francis plongea pour le remonter à la surface et le tirer vers un endroit où il pourrait s’accrocher.
« Ne me jette pas ce regard méprisant. C’est TOI qui as mêlé ton prince à notre affaire, ça me convient bien, très bien même ! »
Arthur ainsi que Kenneth les enfermèrent dans la tour. Francis commençait à désespérer, mais c’était sans compter sur Ludwig qui utilisa de nouveau son génie afin de créer un plan permettant à Francis de retrouver son aimé. Lovino s’occuperait de distraire les crocodiles tandis que Feliciano lui chercherait un trou dans la muraille de la tour qui permettrait à Francis de fuir. Ludwig, lui, aiderait Lovino. En moins de temps qu’il ne faut pour dire « abracadabra », l’homme-cygne se retrouva en dehors de sa prison. Sans perdre de temps il prit son envol pour retrouver le château de son bien aimé.
Il vola aussi vite qu’il le pouvait et arriva dans la nuit au château. Malheureusement pour lui tout était fermé, aucune porte, aucune fenêtre ne le laisserait passer et il manquait cruellement de force pour briser une vitre. Il faisait le tour de la salle de bal frénétiquement, cherchant à entrer. Arthur le surprit et fit tout pour que Héraklès ne le voit pas aux fenêtres. Tapant du bec sur les carreaux, il tentait d’attirer l’attention mais en vain. C’est avec horreur qu’il entendit Héraklès énoncer son vœu devant toute l’assemblée sans pouvoir rien faire. Il cria de toutes ses forces le nom du prince, mais ce dernier ne l’entendit pas. Il clôtura son discours, scellant le destin du blond.
Francis avait mal, son cœur allait exploser dans sa poitrine. Ses forces commençaient à l’abandonner, voler devenait de plus en plus difficile alors qu’il prenait le chemin du retour. Plusieurs fois, il crut qu’il allait s’écrouler et dégringoler, mais il tint bon. Le plus difficile fut lorsque le château de Kenneth fut en vue, la pauvre princesse ne tenait plus. Il butait souvent sur la cime des arbres ou dans quelques branches. Finalement il s’écrasa au bord du lac, il souffrait comme jamais encore il n’avait souffert. Il voulait juste mourir pour avoir enfin la paix.
