Sans peur ! [Hetalia - Axis Power + Le Cygne et la Princesse]

Sans peur ! – 7/30

Le cœur battant à toute allure, Héraklès jouait nerveusement avec son arc et ses flèches, marchant avec attention, évitant les racines et les trous, au contraire de son frère qui semblait vouloir alerter toute la population forestière de leur présence.

– Neo, tu n’as qu’à aller par là, moi je vais de ce côté, okay ?

Il se donnait une fausse apparence d’assurance, mais il savait à peine ce qu’il cherchait ou comment. En tout cas, ce n’était pas avec un homme orchestre qu’il allait parvenir à débusquer quoique ce soit.

– Désolé, grand frère… marmonna-t-il piteusement.

– Ce n’est pas grave, va, tente de faire au mieux, c’est à moi de trouver, ne te mets pas en danger ou maman aura ma peau !

Ils rirent silencieusement, se séparant et disparaissant parmi les frondaisons.

Nettement moins à l’aise, Héraklès scrutait le moindre buisson, des fois qu’un abominable criquet s’y cache. On ne sait jamais, au fond.

Il sourit un peu sadiquement en entendant le couinement de peur de son frère qui, bien que pas du tout peureux, était légèrement sensible en situation de crise. Et, au vu du son, il avait dû tirer une flèche par erreur.

Ses oreilles perçurent le vol proche d’un oiseau et il commença alors à bander son arc, dans l’idée de s’offrir un repas. Mais sa décision fut réellement prise lorsque des lumières étranges nimbèrent ce qui semblait être un cygne. Il ne devait pas être un simple cygne.

Les traits crispés, il tira.

– Pour Francesca, cracha-t-il.

Mais il rata, ce qui l’étonna. Comme il était hors de question de laisser ce monstre s’en tirer, il le suivit alors qu’il était accompagné d’un… c’était quoi, cet animal ? Bref, toujours est-il qu’il les traqua, ne prêtant pas attention à son stock de flèches s’amenuisant. Il était le meilleur archer du pays, par les dieux ! Il devrait bien réussir à les avoir !

Mais, malgré tous ses efforts, il passa plus de temps à leur courir après qu’à les toucher. Décidant d’économiser ce qui lui restait de traits, il les traqua, alors, le souffle court.

Ce fut presque hors d’haleine qu’il arriva à une propriété en ruine et, plus précisément, au bord d’un lac, alors que la lune montait haut dans le ciel.

Héraklès était en train d’observer les environs, autant en quête d’un propriétaire que de sa proie actuelle qui finit d’ailleurs par voler en sa direction, bien qu’elle se posa plutôt sur la surface de l’eau, l’air étrangement peiné. Mais il n’en avait cure. Ce monstre lui avait ravi sa bien-aimée, il n’allait sûrement pas l’épargner !

… Bon, il avait aussi tué l’homme qui tentait de courtiser sa mère, alors il allait au moins faire vite et abréger ses souffrances…

Prenant tout son temps, il banda une fois de plus son arc et assura sa visée. Ce n’était pas le moment de rater.

Ce qu’il faillit faire, dérangé une fois de plus par cet oiseau vraiment trop bizarre qui ne devait pas être originaire de leurs contrées. Tant pis, cette flèche allait lui être destinée !

Mais il cessa tout geste lorsqu’une vive lumière lui vint de derrière lui, du lac.

Se retournant, il fut le spectateur d’une scène à laquelle il ne s’attendait pas. Du cygne, nulle trace. De sa princesse, par contre…

« Bonsoir Hellas … »

Hypnotisé et le cœur battant à tout rompre, il abandonna ses armes, n’y faisant aucunement attention, et se dirigea vers sa fiancée, écartant les bras pour la prendre dans une étreinte qu’il espérait ne jamais avoir à défaire.

Accessoirement, l’eau était froide.

– Tu… tu étais vivante… chuchota-t-il.

Des larmes coulaient sur ses joues sans même qu’il tente de les arrêter. Il avait mieux à faire.

– J’en étais sûr ! S’exclama-t-il. Personne ne voulait me croire, mais j’en étais sûr !

Il était tellement dans sa joie qu’il faillit rater sa demande de s’en aller.

– M’en aller ? Pourquoi donc ? Tu… tu ne m’aimes plus ? Balbutia-t-il.

Il la relâcha lentement, l’esprit bourdonnant, le cœur serré. Mais il eut tôt fait de rebattre normalement lorsque sa promise lui expliqua la situation.

– Demain… Ma mère organise un bal… Elle te croit morte, au château, que je puisse te prouver mon amour aux yeux de tous…

Il l’embrassa sur le front avant de s’en aller, lui rendant son collier.

– Je ne l’ai jamais quitté. Mais c’est à toi de le reprendre.

Sur ces mots, il la quitta, non sans difficulté, disparaissant derrière les buissons.

Bon, maintenant, la partie allait être ardue. Il était où ?

Il finit par retrouver son cheval mais nulle trace de son petit-frère. Il avait dû rentrer au château, sa monture était absente elle aussi. Après tout, il avait disparu un bon moment.

– Mère !

Entrant dans la salle de bal, il oublia sa tenue dérangée et la boue sur ses sandales, courant jusqu’auprès de sa mère qui elle-même était en compagnie de Gupta, lui donnant diverses directives.

– Mère ? Qu’est-ce donc ?

– Eh bien, des violettes, trésor ! Que veux-tu que ce soit d’autre ?

La surprise dans sa voix était légitime. Depuis quand son fils ne reconnaissait-il pas l’emblème floral du royaume ?

– Mais elles sont… violettes !

Le regard blasé de la souveraine ne le troubla pas plus que ça.

– D’où penses-tu que provient leur nom ?

– Mais je ne veux pas de fleurs violettes ! Je les veux blanches ! Comme un cygne~

Sa mère soupira à cette lubie, arrangeant les bouquets par automatisme.

– Quelqu’un a-t-il vu Neoklos ? Il est rentré, j’espère ?

Héraklès n’attendit pas de réponse, arrêtant un serviteur avec un plateau recouvert de ces friandises exagérément sucrées, comme il aimait tant.

– Donnerais-tu ça à manger à un cygne ? Je n’en veux pas. Je veux quelque chose de frais…

Bien que ça ne l’empêcha pas d’en récupérer pour son propre compte, avant qu’il n’aille déranger Néfret qui dirigeait la troupe de musiciens.

– Pour ce soir, je veux que la musique soit légère, que vous jouiez allegro.

Elle se contenta d’hausser les sourcils, esquissant un petit sourire en coin. Quelle était donc cette lubie ? Mais bon, pourquoi pas ? Elle échangea un regard avec sa reine et acquiesça, donnant un nouveau rythme au morceau.

– Où est Neoklos ? Personne ne l’a vu ? Reprit-il.

– Personne ne l’a vu, Hellas, lui répondit Gupta en arrivant à sa hauteur.

– Vraiment ? Mais dans ce cas, qui sera mon témoin ?

Par réflexe, son ami d’enfance lui enfonça son coude dans les flancs avant de comprendre ses propos.

– Témoin ? Tu comptes enfin te marier ? Ne me dis rien… Tu as trouvé une femme assez désespérée pour vouloir d’un pervers comme toi !

Un tantinet vexé, le prince se contenta d’un taquet de la main. Mais l’information n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd et sa mère s’empressa auprès de lui.

– Vraiment ? Tu as fait ton choix ?

– Oui, mère ! Tu la verras, ce soir, au bal !

Il appuya sa déclaration d’un clin d’œil avant de rejoindre sa chambre, ignorant la joie qu’il avait créée.

Ce soir, Vlad était bien en peine avec toutes ces princesses qui affluaient des royaumes les plus proches afin de ravir le cœur du prince. Il y avait trop de noms à retenir et, assurément, la reine mère ne laisserait passer aucune erreur. L’avenir du trône en dépendait !

Les jambes flageolantes, il relisait la liste fournie plus tôt. Que les dieux lui viennent en aide…

– Trésor, tu as intérêt à me signaler sa présence à l’instant exact où elle apparaîtra.

– Ne vous inquiétez pas mère, vous n’en aurez même pas besoin, j’en suis sûr.

Elle gloussa lorsqu’il l’embrassa sur la joue en un signe d’affection qui se faisait bien rare ces derniers temps.

– Mon bébé est devenu grand ! Déclara-t-elle avec une fausse larme à sa conseillère.

– Ton bébé te dépasse depuis quelques années, se moqua cette dernière. On dirait son père, tu ne trouves pas ?

En effet, pour l’occasion, Hellas avait opté pour la tenue que son père avait portée le jour de ses fiançailles, bien qu’elle fut revisitée afin d’être mise au goût du jour.

– Sadiq me manque, souffla Eurydice en regardant son fils qui lui tournait le dos.

En un soutien muet, Néfret lui serra la main de la sienne, les cachant entre les plis de leurs robes.

Ensemble, ils apparurent en haut des escaliers royaux, descendant chaque marche sous l’attention accrue des invités. Ce soir n’était pas n’importe quel soir.

– Rois et reines. Princes et princesses. Ducs et duchesses. Marquis et marquises. Comtes et comtesses. Barons et baronnes. Je vous remercie d’avoir répondu à l’invitation. Ce soir, mon fils aîné Héraklès va choisir parmi vos filles celle avec qui il dirigera le royaume. Espérons que son choix soit judicieux !

Malgré qu’elle l’ait dit avec humour, les esprits les plus aiguisés remarquèrent la pique acide. Il n’était pas question de titres, ce soir, juste d’un choix correct pour l’avenir. D’une reine ou d’une princesse avec une tête bien faite et bien remplie.

Son discours ne fut pas bien long, tenant plus d’une mise en garde qu’autre chose, son fils bouillant d’impatience à ses côtés, avant qu’elle fasse signe au chambellan qui s’éclaircit la gorge et sortit sa liste. C’était parti.

Gardant son visage impassible avec difficulté, Héraklès lutta contre l’ennui et l’impatience de voir des filles qui n’étaient pas sa Francesca tenter de le séduire. Elles étaient venues pour rien, mais comment le leur dire ?

C’était presque avec désespoir qu’il scrutait la foule, maintenant, cherchant à apercevoir la chevelure blonde et les yeux bleus de son aimée qui se faisait attendre.

Puis, enfin, elle fit son entrée. Tout en discrétion, évidemment, arrivant après tout le monde et la voie royale, faisant s’étouffer Vlad qui ne savait plus où se mettre face à cet impair. Mais ce n’était pas comme si la reine allait le balancer aux chacals. Surtout lorsque l’identité de la nouvelle se fit savoir.

– Francesca… Te voilà enfin… souffla Héraklès.

Le silence était tel que tout un chacun put l’entendre.

Les deux soupirants étaient plongés dans le regard de l’autre, ignorant la souveraine qui s’évanouissait presque dans les bras de Néfret, bien en peine face à son gabarit voluptueux.

– Serait-ce… Elle est donc vivante ? Couina Eurydice, n’osant y croire.

La valse commença.

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