Lorsqu’ils arrivèrent au palais, le visage plutôt boudeur de Francis se transforma en véritable hymne à la joie. Bien entendu rien de tout cela était sincère, mais il avait réussi à développer au fil du temps une capacité à mentir tout bonnement incroyable. Une fois descendus de leurs montures, Lucius poussa légèrement son enfant en avant. Le brave homme s’inclina devant la souveraine, un sourire charmeur collé aux lèvres.
« Nous vous remercions pour votre accueil, mais aussi d’avoir la gentillesse de nous accueillir chez vous durant tout l’été. »
On voyait clairement que le roi était aux anges d’être ici, il allait passer tout l’été avec deux femmes à la beauté presque surnaturelle. Francis sourit lorsque la reine l’interpella, elle était vraiment jolie et il n’avait rien contre elle. Alors il fit une révérence avant de hocher la tête en répondant positivement à la question d’Eurydice. Son sourire se fana presque aussitôt lorsque le prince s’adressa alors à lui. Son père le bouscula discrètement dans le dos et un regard lanceur d’éclairs plus tard Francis retrouva son sourire bien que crispé.
« C’est un honneur pour moi d’être ici. »
Francis rendit sa grimace à Héraklès, il n’allait pas se laisser faire par ce petit prince prétentieux ! Si il réussissait parfois à mater certains de ses frères, il pourrait le mater lui. Dès qu’ils reçurent l’autorisation, le blond se mit en marche, suivant les deux princes, tentant de le rattraper à coups de grandes enjambées. Alors que Lucius parlait gaiement du futur mariage des deux enfants avec la souveraine, Francis lui s’appliquait à faire vivre un véritable enfer à Héraklès, qui, il faut bien l’avouer, le lui rendait bien. Croche-pieds ou même bagarres étaient de mise. L’été fut long, mais l’année qui suivit à tenter de convaincre Lucius d’abandonner son idée de mariage fut encore plus longue. Au moment de partir, le blond sortit toutes les excuses possibles et imaginables pour ne pas partir, malheureusement pour lui cela ne marcha pas. Cet été-là fut encore pire, Héraklès et Neoklos furent tout bonnement infernaux avec ce pauvre Francis. Plus il grandissait, plus il était difficile pour Lucius de traîner son fils tout l’été.
D’autant plus qu’à présent Francis devait porter des vêtements supplémentaires qui lui donnaient une poitrine légère ainsi qu’un culotte faisant paraître ses hanches et son postérieur un peu plus développés. Régulièrement, le jeune prince devait changer la taille de ses prothèses. Les étés étaient un peu moins désagréables et lui et Héraklès commençaient à s’entendre un peu, même si ils trouvaient encore le moyen de se faire des crasses. L’occupation principale de la fausse princesse était de draguer les gardes, il ne se cachait même pas. Séduire l’amusait.
Bien que les relations soient un peu moins tendues, Francis refusait toujours catégoriquement le mariage. Hors de question qu’il se lie à jamais avec cet… cet énergumène de première ! Lucius, bien que toujours heureux de voir ses deux plus grands fantasmes tout l’été, commençait à douter de la possible réussite de son plan. Durant l’hiver, il écrivit à Eurydice pour partager ses craintes tout en essayant de convaincre le blond d’entendre raison. Finalement, un été, le miracle eut enfin lieu. La jeune « princesse » ignorait encore comment elle en était venue à penser que le sourire du brun était si beau, si chaleureux qu’ils s’étaient tous les deux rapprochés. La douceur et la tendresse avaient remplacé les bagarres d’autrefois. Un bal fut même organisé. Lors de ce bal, Héraklès prit la décision d’annoncer à tous leur volonté de se marier. Cependant, un doute prit le jeune homme.
« Attendez s’il vous plaît … »
Héraklès tenta de le rassurer, malheureusement pour lui le blond tiqua sur ses paroles. Le prince semblait ne voir en lui qu’une belle jeune femme, son amour se limitait à cela ?! Il avait besoin de savoir, d’être sûr.
« Ne suis-je rien de plus à tes yeux ? »
