Sans peur ! [Hetalia - Axis Power + Le Cygne et la Princesse]

Sans peur ! – 3/30

C’est en traînant des pieds que Héraklès suivit sa mère dans ce pays étranger. Il avait pas envie d’être là, lui… Pourquoi il devait venir voir un bébé ? Il savait à quoi ça ressemblait lui, son petit-frère n’avait que deux ans, après tout !

Il s’approcha du berceau en gonflant les joues et se pencha dessus, se demandant un instant si vomir sur le poupon serait mal vu. Sans doute. Dommage, ç’aurait été drôle. De toutes façons, c’était qu’une fille. Les garçons, c’était mieux.

Sur le chemin, sa maman lui avait pourtant dit que c’en était un. Qu’il était peut-être plus jeune que son frère, mais qu’ils pourraient jouer tous ensemble dans quelques années. Mais, ce n’était qu’une fille.

En renâclant, il embrassa la joue du bébé et se laissa tomber sur les pieds pour vite vite rejoindre sa maman qui se faisait importuner par un grand monsieur qui lui plaisait pas. Il était beaucoup trop proche de sa maman pour ça.

– Hé, toi, monsieur, tu t’en vas ! Y a que mon papa pour faire ça !

C’est vrai, quoi, on n’avait pas idée d’être aussi proche de sa maman !

Mais cette dernière se contenta de lui sourire avant de faire face à ce monsieur trop proche.

– T’épouser ? Je préfère encore embrasser un pestiféré. J’en ressortirais sans doute plus saine. Quant à l’union entre mon fils et ta fille… c’est à voir. Elle est plutôt mignonne et je n’ai encore rien signé pour Héraklès. Nous pouvons toujours tenter.

Elle avait capté le regard de Néfret qui hochait la tête à cette idée. Bien qu’elles n’appréciaient pas Lucius, lier leurs deux royaumes n’était pas une affabulation.

– À croire que devenir père t’a mis le cerveau dans le bon sens. Tu viens trésor ?

Elle le salua et lui tourna le dos dans un mouvement de sa toge, son fils lui prenant sa main et se retournant pour fusiller le vilain monsieur du regard. On touchait pas sa maman !


– Tiens-toi droit, Hellas.

– Mais j’ai pas envie.

Eurydice appuya sur le dos de son fils pour le forcer à se redresser. Entourée de sa garde et épaulée par sa fidèle amie, elle attendait la venue de cet emmerdeur et de sa petite fille qui devaient arriver d’une minute à l’autre. Et depuis leur arrivée, elle devait rouspéter sur son fils qui faisait tout pour ne pas être présentable, la forçant à lisser la toge immaculée qu’il portait et s’entêtait à froisser.

– La question n’est pas d’avoir envie ou non. La question est de faire bonne figure. Alors, tu te redresses, tu souris et tu utilises plus de bonnes manières que tu ne l’as jamais fait de toute ta courte vie !

Des gloussements secouèrent les soldats et les serviteurs en entendant leur souveraine. Le petit, bien que de caractère docile, était plutôt têtu et n’en démordait jamais. Enfin, si, mais seule sa mère arrivait à le faire ployer.

– Les voilà, déclara Néfret de sa voix égale.

Les torses se redressèrent et se bombèrent, les têtes se levèrent et les visages se firent neutres. Première visite, premier contact. Il fallait être irréprochable.

– Roi Lucius, je vous accueille chez moi, déclara Eurydice de sa voix de souveraine. Que vous vous y sentiez comme chez vous.

Elle plia les genoux à peine, en une révérence délicate, alors que tous les autres se fendaient en une révérence plus profonde.

Une fois le protocole passé, elle sourit doucement en apercevant la petite fille.

– Francesca, n’est-ce pas ? Tu es devenue très jolie. Sois la bienvenue dans cette demeure qui sera la tienne à chacun de tes séjours ici.

Elle poussa Héraklès devant elle, c’était à lui de prendre la parole. Mais il garda le bec fermé, les traits crispés. Ils ne se détendirent pas plus lorsqu’elle lui pinça la nuque qu’elle savait fort sensible.

– Je vous souhaite la bienvenue, princesse Francesca, grommela-t-il.

Dès qu’il put, il lui fit une grimace qui, l’espérait-t-il, passerait inaperçue aux yeux des adultes. De toutes façons, sa mère évitait autant qu’elle pouvait de croiser le regard de Lucius, comme si il était un basilic, se contentant des politesse d’usage.

– Hellas, et si tu allais présenter le château et le jardin à ta fiancée ? Gupta, je compte sur toi pour garder un œil sur eux.

Neoklos ne chercha même pas l’autorisation et les suivit alors que son aîné tentait surtout de mettre de la distance entre lui et son boulet aux cheveux blonds.

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