Il ne put s’empêcher de sourire alors qu’il se rencognait contre lui, sentant son corps, appréciant la sensation sous sa main des légers muscles. Bon, le défaut de cette position, c’est qu’il avait ses cheveux soyeux dans les yeux et qu’il les mangeait légèrement, mais il n’allait pas se plaindre pour si peu. Ce n’était vraiment, ni le lieu, ni le moment de râler.
– Oui, navré. Je devais remettre certaines personnes à leur place, déclara-t-il tranquillement. Et, certes, ma mère ne reculerait sans doute pas devant une telle initiative, mais j’ose te rappeler que ça reste ma chambre, à l’origine.
Normalement, il aurait dû emménager dans la chambre royale, tout comme ses parents et les parents de leurs parents, etc. Mais il était juste hors de question qu’il dorme dans le même lit que celui où lui et son frère avaient été conçus.
Même si, selon sa mère, Neoklos aurait plutôt été engendré dans les écuries suite à une campagne des plus éprouvantes.
Bref.
Lorsqu’il lui fit face, il repoussa les mèches de son visage, le dégageant.
C’était étrange de reconnaître les traits fins de Francesca qu’il avait mémorisés d’un été à l’autre, alors que son cerveau lui rappelait que c’était Francis.
– Doux ? Tu trouves que je suis doux ? Je suis juste moi-même, Francis. Ce n’est, évidemment, pas facile de passer outre les derniers événements, et je fais au mieux, je t’assure, mais… Je ne peux pas non plus cracher sur l’attirance que j’éprouve pour toi. Il m’a juste fallu un peu de temps pour dépasser préjugés et réflexions ancrées au plus profond de moi.
De ses cheveux, il passa à son visage, caressant le nez, la mâchoire, les lèvres, puis le cou, la pomme d’Adam, le torse… pour ne s’arrêter qu’à la taille, la caressant légèrement.
– Alors, oui, je sais, je n’ai pas été très présent, ces derniers temps, et j’en suis profondément navré, mais… Accepterais-tu mes excuses ? J’imagine que je ne suis pas le seul à avoir du mal à me faire à la situation actuelle, évidemment…
Ses mots résonnaient à ses oreilles, faisant vibrer la literie sous les accords graves.
Il sentait qu’en ce moment, il se déroulait une scène encore plus importante que tantôt, lors des échanges de promesses ou d’alliances. Nul besoin d’user de magie ou de religion. Juste de mots.
