Ne me demande pas pourquoi… [Harry Potter]

Ne me demande pas pourquoi – Réanimation 4/7

Je tentai d’ouvrir les yeux mais la lumière m’éblouit, me forçant à refermer les paupières. Je sentis une sorte d’étau enserrant ma main. Je bougeai les doigts, l’étau se desserra.

-Elsa ?

Je sentais qu’une main caressait mes cheveux et j’entendais des murmures.

Je battis des paupières, luttant contre l’engourdissement et la torpeur qui engluaient mes pensées. Une main douce frôla ma joue et je tentais d’ouvrir de nouveau les yeux, mais la lumière était trop forte. Je grognai. Lorsque je pus enfin garder les yeux ouverts, je reconnus les boucles sombres de mon frère jumeau. Il souriait, mais ses sourcils étaient froncés, signe qu’il s’était inquiété.

Je reconnus assez difficilement la silhouette qui l’accompagnait.

-Potter ?

-Oui. C’est moi…

-Ouah ! Il s’est passé quoi ?

-Tu te rappelles de quoi ?

-L’enfermement dans la boîte, le manque d’air, la libération, puis le trou noir…

Je m’étais redressée et me tenais assise. Je n’avais pas lâché la main qui se révélait être celle de mon frère. Ce fut ce dernier qui me raconta que je m’étais évanouie une fois libérée de l’emprise de l’épouvantard et qu’à la fin du cours ils avaient été désigné pour me porter jusqu’à l’infirmerie.

-T’es vachement légère, commenta l’ami de mon frère.

-Merci, marmonnai-je en rougissant.

-Alors, comme ça, t’es claustrophobe ?

-Alors, comme ça, t’as la trouille des détraqueurs ?

-Tu m’avoueras qu’ils sont flippants !

-Si tu en fais référence devant les parents, je te préviens que je te coupe les…

-Ça va ! J’ai compris !

-Tu comptais lui couper quoi ? S’intéressa Potter.

-Les oreilles ou les mains, j’hésite…

-Opte pour les oreilles.

-J’y penserai…

-Euh… les gars ? Tenta de nous couper Sirius.

-Oui ?

Union de nos deux voix.

-Depuis quand vous vous entendez à ce point ?

-Cinq minutes Siri.

-Hm…

Je reconnaissais son petit sourire en coin : j’allais en baver…

-Arrête de croire aux Ronflaks Cornus, petit-frère !

-Je crois en ce que je veux, sœurette. Mais pas à ces bêtises-là.

-Mon œil ! J’entends tes rouages grincer d’ici et tes pensées sont bruyantes !

-Oups !

Il me tira la langue et me fit un clin d’œil. James passa une main dans ses cheveux et se leva.

-Je vous laisse…

-Attends !

Sirius me lâcha la main et courut derrière son ami à lunettes. Arrivé à la porte, il se retourna et me fit un signe de la main.

-Bon rétablissement Mibbou !

Je lui souris et il ferma la porte. Super, me voilà seule, maintenant. Seule avec le dragon de l’Infirmerie. Plus qu’une solution ! Dormir. Ce que je fis.

À mon réveil, je sentis deux doigts caresser mon visage et entortiller mes cheveux noir d’encre. Je battis un peu des paupières, tentant de voir distinctement. Des cheveux blonds presque blancs…

-Lucius ?

-Je suis là…

Je souris en apercevant mon possible fiancé. À ses côtés, je remarquai la présence de mon frère cadet.

-Regulus ?

-C’est moi.

Il m’accorda un de ses rares sourires. Dans ces moments-là, je le trouvais vraiment beau. Dommage qu’il ne le montrait pas beaucoup.

-C’est trop gentil de ta part, petit-frère.

-C’est normal de la part d’un petit-frère d’aller voir sa grande sœur à l’infirmerie.

-J’espère en sortir bientôt. Je déteste être dorlotée…

J’avais dis cette dernière phrase en faisant une sorte de moue. Lucius sourit et m’embrassa le front. Regulus se leva sans bruit et partit en me faisant le signe de me taire. Il était assez pudique avec tout ce qui était sentiment et les Sangs-Purs n’étaient pas réputés pour leur marque d’affection que ce soit en public ou en privé. Ce qui n’était pas le cas de mon frère ou de moi.

Lucius resta jusqu’à ce que madame Pomfresh vienne lui annoncer que je devais me reposer car j’avais insisté pour sortir le lendemain. Elle m’obligea à boire une potion de sommeil pour pouvoir me rétablir plus vite. Je n’avais fait que m’évanouir, bon sang ! Elle ne voulait pas non plus me faire un test de grossesse, tant qu’elle y était ?

Lorsque le lendemain arriva, j’étais tellement pressée de sortir que je bousculai l’infirmière alors qu’elle venait m’annoncer que je pouvais y aller. Direction les cachots et les dortoirs des Serpentards afin d’être présentable. L’apparence prime sur le reste, dans notre monde. Une fois cela fait, je n’avais plus qu’à rejoindre ma table dans la Grande Salle et mes amis. Lucius me fit signe et me montra le siège à ses côté, m’indiquant qu’il m’avait réservé une place. Elsa à ma gauche, Lucius à ma droite et Regulus en face de moi. Je pris place et leur souris, heureuse de revoir les personnes que j’aime. Elsa me raconta alors ce qui s’était passé après le cours de DCFM.

-Tu m’écoutes ?! Finit-elle par demander.

-Bien sûr ! J’aurais pensé que Arconia était au courant ! Tout le monde en parle depuis 3 mois ! Elle est lente côté assimilation…

Ma meilleure amie me sourit et continua son petit monologue, Lucius me serra la main et Regulus leva les yeux vers le plafond magique qui arborait des nuages grisâtres et détrempés. Je reniflai un peu.

-Il va pleuvoir aujourd’hui…

-La barbe…

Je me levai en même temps qu’Elsa et Lucius, enfournant dans une de mes poches un peu de nourriture pour plus tard. Je fis le tour et embrassai vite mon petit-frère avant de rejoindre mes amis pour le cours de botanique avec les Serdaigles. Durant l’heure, je m’efforçai de fixer mon attention sur la matière malgré que je sentais une présence voulant forcer mes barrières mentales. Mais je tins bon et elles ne cédèrent pas. À la fin du cours, je me tournai vers le Serpentard de derrière, un grand garçon aux cheveux mi-longs, noirs et gras, et avec un nez proéminent.

-Pourquoi tu fais ça Severus ? Lui demandai-je.

-De quoi ?

-Tu sais très bien.

-Non, je ne vois pas de quoi tu parles, continua-t-il de feindre.

-Tu utilises ta faculté d’occlumencie.

-Pas du tout !

Il ne répondit pas, se contenta de sourire. Quel casse-pied ! Je suis sûre qu’il voulait s’assurer que je ne faiblissais pas. Ou alors, juste pour passer le temps, allez savoir.

Haussant les épaules, je sortis de la serre pour rejoindre la salle de divination. Elsa avait cours d’arithmancie et rassemblait ses affaires de botanique sans m’adresser un regard. Je ne sais pas quoi dire ni faire… Je n’ai jamais été très à l’aise avec les relations extérieures à la famille… Contrairement à mes frères… Même si ils ont une manière différente d’entrevoir les relations ! Il vaut mieux en parler à Sirius. Il saura quoi faire, lui… Je suis sûre que Regulus rejetterait la faute sur mon jumeau et ne serait pas d’une véritable aide. Le mot « ami » n’existe pas dans le vocabulaire qu’il utilise. Ou du moins sa véritable définition dans son langage ! Non, vraiment, j’en parlerai à Sissy…

Cette résolution prise, je pressai le pas. Perdue dans mes pensées, j’avais ralentie la cadence sans remarquer et je m’étais trompée de chemin. Je stoppai et me mis à sauter sur place, tout en tirant sur mes mèches noires comme celles de Sirius. Tiens, d’ailleurs… En parlant du loup… (garou), que fait mon frère et ses amis ici ? Ils sont censé être en cours !

-Mibbou, tu t’es perdue ?

-Une Black ne se perd pas, rétorquai-je. Je suis momentanément égarée. Différence.

Je croisai les bras et fronçai le nez, ce qui fit rire Potter. Je le fusillai de mes yeux multicolores.

-Et vous ? Qu’est-ce que vous faites là ?

-Je suis venue te donner un coup de main pour retrouver ton chemin. Tu as divination, c’est ça ?

-En effet. Mais rater ce cours ne me dérange pas. Vous avez quoi, vous ?

-Histoire de la magie…

-Ah… Ok. Je comprends un peu mieux pourquoi vous êtes tous là… ricanai-je.

-Pas tous, il manque Queudver. Il est resté en classe.

-C’est le surnom de Peter, m’indiqua Remus suite à mon regard curieux.

-Toi c’est Lunard, lui Queudver… Et vous deux ?

Je me tournai vers eux deux.

-Patmol, murmura mon frère.

-Cornedrue !

Je levai les yeux vers le plafond lorsqu’une main s’empara de la mienne. Relevant la tête, je croisai les yeux gris de mon frère. Leur couleur était particulière, comme tout les regards Black. Chacun avait sa nuance et moi j’en étais leur addition.

Lorsque je me perdais dans ce regard où quelques étincelles d’innocence brillaient encore, je ne pouvais m’empêcher de me souvenir des moments de notre enfance où nous étions presque inséparables, ce qui était presque encouragé par notre famille qui nous laissait souvent tout les deux.

Je repris mes esprits grâce au mouvement d’une main passant à plusieurs reprises devant mon visage. L’envie de mordre l’impudente me prit aux tripes mais je la repoussai.

-Médora ? Tu es encore avec nous ?

-Non, je suis partie, répondis-je, sardonique.

-Tu m’enverras un hibou, alors, s’esclaffa ma copie masculine.

Je lui fis un petit sourire pendant qu’il se calmait, bien qu’assez difficilement. Remus souriait lui aussi, adossé contre un mur, tandis que James souriait, bien que ses yeux s’étaient mis à lancer des éclairs envers Sirius, les bras croisés sur son torse. Je glissai au sol et m’assis en tailleur.

-Bon, ça va aller Siri ?

-Presque…

Il était essoufflé, tout rouge, et il peinait à retrouver son souffle. Je tapotai le sol pavé à mes côtés. Il s’y installa et nos épaules se frôlèrent à chaque mouvement. Son meilleur ami se mit à ma droite, et croisa les jambes et les bras.

-Eh, Rem ! Tu comptes t’asseoir ?

-Bien sûr !

Ses yeux, à l’éclat habituellement ternes, pétillaient toujours d’amusement. Par Merlin, y aurait-il une blague à laquelle je ne participe pas ?

Je levai les yeux vers le plafond et entrepris de me caler plus confortablement contre le mur froid. Ce n’était pas vraiment une position agréable, mais on faisait avec les moyens du bord. De plus, je ne maîtrise pas vraiment les sortilèges de coussinage ou ceux de chauffage.

Le regard de Potter commençait à se faire lourd sur moi et, plus particulièrement, sur mon visage.

-Tu veux ma photo, peut-être ? Grinçai-je.

-C’est ta vraie couleurs d’yeux ? Voulut-il savoir.

-Ça dépend, tu les vois comment, toi ?

-Pour moi, ils sont… noisettes.

-Et, demandai-je à Remus, toi, tu les vois de quelle couleur ?

-Bah… On dirait des saphirs…

-Quand à moi, lâcha Sirius, je les vois de la couleur de l’obsidienne.

-Et bien, en fait, avouai-je, c’est les couleurs de qui veut !

-Pardon ?

Si James et Remus avaient les yeux écarquillés, Sirius avait un petit sourire.

-J’ai toutes les couleurs, expliquai-je, et en fonction de la lumière, de mon humeur ou de la personne, elle change. Dans la famille, nous avons tous les yeux gris, mais nous possédons quelques petits reflets qui changent la couleur en moins de deux. Il se trouve que je possède plus de nuance que d’ordinaire.

-C’est marrant !

Remus affichait un grand sourire.

-Et toi Patmol ? T’as toujours vu la même couleur ? Demanda James.

-Bah… non, bien sûr ! J’en ai vu de toutes les couleurs, si on peut dire !

Je souris un peu et calai un peu plus ma tête. On était vraiment fou de rester ainsi dans les couloirs, séchant des heures de cours et risquant de se faire surprendre par Rusard et sa chatte maléfique.

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