Je me levai d’un coup et courus rejoindre le groupe de Serpentard qui m’attendait patiemment à côté de la porte. Lucius me prit dans ses bras et m’embrassa, puis il passa son bras autour de mes épaules et me plaqua à lui dans une étreinte possessive. Je lançai un clin d’œil vers Elsa qui me fit un signe de la main, alors que Regulus se dressa devant moi.
-Qu’est-ce que tu faisais avec la honte de la famille ?
-Je lui faisais comprendre que nous étions dans la même année, et ce depuis quatre ans.
-Mmh…
On commença à marcher, Regulus avançait à ma gauche et Lucius me tenait toujours. Je posai ma tête contre son cou. Mon frère dût nous quitter. Arrivée en classe, je lâchai mon petit ami après l’avoir embrassé sur le nez, et allai m’asseoir aux côtés d’Elsa.
-Alors ? Attaqua-t-elle.
-Alors quoi ?
-Cette conversation avec Potter ?
-Avec mon frère, tu veux dire. Sympa et animée…
-Hm…
-Oh ! El ! Fais pas la tête !
-Mademoiselle Black veut sûrement commenter le cours !
Je grinçai des dents sous la voix stridente de la professeure.
-Pas du tout madame…
-Alors taisez-vous !
-Oui madame.
Je me cachai derrière le livre du cours. « Les Animagi« . Pff… Long mais très facile à faire, d’après Regulus et mes parents.
Je soupirai… et reçus le coude de ma voisine dans les côtes. Relevant la tête, je croisa le regard de la prof… Cette dernière se massa la nez en fermant les yeux et me fit comprendre de prendre mes affaires, de sortir et d’aller en classe de défense contre les forces du mal (DCFM). Sauf que ce n’est pas mon professeur de maison qui s’y trouvait, aux dernières nouvelles. Alors, pourquoi ? Enfin, je préfère encore rater un cours que de faire perdre des points à Serpentard. Alors, je me contentai de prendre la porte, comme demandé, et d’aller saluer l’ancien Auror qui nous servait de professeur. J’inspirai, fermai les yeux et toquai.
-Entrez. Mademoiselle Black ! Que voulez-vous ?
-Je me suis faite virer de cours de métamorphoses, couinai-je.
-Asseyez-vous, soupira-t-il. Je ne veux pas vous entendre.
-Bien professeur.
Je m’installai à une table du fond et ouvris un livre de cours au hasard. Je levai les yeux et croisai le regard furieux de Regulus. Je me recroquevillai un peu plus sur ma chaise sous la puissance dudit regard. Ce n’est pas qu’il avait une quelconque ascendance sur ma personne, après tout c’était notre frère cadet, mais notre mère, si. Et elle portait plus d’importance aux propos des garçons qu’à ceux des filles.
J’inspirai un coup et commençai mon devoir de potion, grattant le parchemin avec ferveur, voulant à tout prix effacer les problèmes de ma mémoire. À la fin du rouleau, je remarquai qu’avoir retrouvé Sirius ne m’avait pas aidé. Au contraire… Mais il le fallait.
Je rangeai le devoir de potion dans mon sac et sortis le livre de divination, espérant m’y perdre, une fois pour toute. Alors que j’apprenais les diverses manières de lire le futur et sur toutes matières (main, marc de café…), la porte s’ouvrit et j’eus un voisin. Je le regardai. Lui aussi.
-Qu’est-ce que tu fous là, Sirius ? Murmurai-je entre mes dents.
-Chahuté en cours.
Je relevai les yeux et remarquai le regard perçant de mon cadet.
-Et toi ?
-J’écoutais pas madame métamorphose.
Il pouffa de rire silencieusement et je me mordis la lèvre un peu trop violemment, le goût ferreux du sang m’emplit la bouche.
-Je suis heureux que tu as pris l’initiative de venir me voir.
-Moi aussi, j’en suis heureuse.
Il fit le sourire que j’aimais tant : un sourire d’ombre et de lumière, un sourire complice et espiègle, un sourire gamin, un sourire beau à en pleurer… Ce que je fis, d’ailleurs. Il me lâcha la main et elle retomba sur mes genoux. Je battis des paupières pour chasser ces larmes traîtresses. J’allai les essuyer d’un revers de manche, quand la main de mon frère les chassa à ma place, du bout des doigts. Il me plaqua contre lui et me serra fort.
Sauf que le professeur semblait nous avoir regardé tout du long car nos maisons se trouvèrent délestés de quelques points. Bon, c’est définitif, mère va m’envoyer une Beuglante. Ou l’équivalent en version Black. Plus stricte, plus classe, plus modéré. Plus Sang-Pur.
Il me relâcha et se plongea dans ses devoirs. Je me replongeai dans le livre divinatoire. Sa main gauche s’empara de la mienne, et son pouce me caressa la paume de la main. Je pressai cette main réconfortante. Depuis tout petit, ce geste est un signe de réconfort, de soutien et de notre attache mutuelle.
Je rangeai le livre de divination et optai pour celui de métamorphose. J’ouvris le livre à la page des Animagi et sentis Sirius se raidir un bref instant.
-Tu t’intéresses à ce sujet ?
Il chuchotai, à deux centimètres de mon oreille.
-Oui, en quelque sorte, répondis-je dans un souffle.
-Ah…
L’heure de fin de cours finit par retentir et Regulus vint se planter devant moi.
-Si je te vois encore une fois avec Sirius, je te bannis. Compris ?
-Compris, rétorquai-je d’une voix froide.
J’avais revêtu un visage impassible et froid. Un visage qui plut à mon frère cadet qui me sourit et me caressa la joue doucement, avant de partir.
Je me levai, relâchant la main de mon jumeau, et avançai d’un rang, pendant que les Gryffondors et Serpentards de quatrième année se pressaient.
Elsa s’assit à mes côtés, mais ne dit pas un mot. Je soupirai.
-Vous pouvez ranger vos livres. Laissez vos sacs ici, prenez vos baguettes et suivez-moi.
Je me levai en vitesse. Le prof nous mena dans une pièce adjacente où un placard bougeait sur ses bases.
-Se trouve dedans un épouvantard.
Je pâlis.
-Vous allez tous passer et l’affronter. Des questions ? Oui, mademoiselle Black ?
-Avez-vous une bonne raison pour m’y obliger ?
-Avez-vous une bonne raison pour ne pas le faire ? Rétorqua-t-il.
-Oui. Mes peurs ne regardent que moi et cette créature est au programme de 3e année.
-C’est un travail noté. Tous le monde passera.
-Même vous ? S’étonna une Gryffondor quelconque.
-Même moi.
-Honneur aux plus âgés… fis-je, à la limite de l’insolence.
Il ouvrit le placard d’un geste. Un énorme serpent glissa hors de de l’armoire.
–Riddikulus !
Le serpent se changea en ficelle.
-Maintenant, formez une file droite !
J’allai au bout, histoire de ne pas être première, mais pas non plus la dernière. Je fermai les yeux et essayai de trouver ce dont j’avais le plus peur… Mais je ne voyais pas.
-Et toi ?
-Pardon ?
J’ouvris les yeux. Mon frère était juste devant.
-Je disais que je ne savais pas quoi me ferait peur. Et toi ?
-Je ne sais pas non plus… Et toi James ?
-Ça sera ma surprise..
Je le regardai. Il souriait comme d’habitude, mais je sentais que ce n’était qu’une façade.
De nous quatre, Sirius passa le premier. De la fumée forma un squelette noir, portant une faux dorée. Perdant toute retenue, Potter hurla, figé. Ni une ni deux, je le giflai, ce qui lui rendit ses esprits. Personnellement, et très puérilement, je me sentis satisfaite de mon geste alors qu’il décidait de se venger de cette faiblesse momentanée.
–Riddikulus !
Le squelette tomba en pièce ce fut le tour de Sirius. Un détraqueur apparut.
–Riddikulus !
Le détraqueur explosa en confettis de toutes les couleur.
-Pas mal, petit-frère…
-Merci, petite-sœur.
Mon tour arriva. Mais rien ne se passa. Voulant me retourner pour demander au professeur où était passé l’épouvantard, je remarquai que j’étais enfermée. Je me mis à taper contre les parois. Je paniquai avant de remarquer avec horreur que l’air se raréfiait. Cette découverte ne me calma pas malgré tout les efforts que je faisais.. J’attrapai ma baguette et luttais contre l’évanouissement.
–Riddikulus…
Ça ne marcha pas.
–Riddikulus !
La cage fondit alors que je vacillais sous l’abondance d’oxygène. Je finis par m’évanouir dans les bras de je-ne-sais-qui et tout vira au noir…
