L'affaire Caméléon [James Bond]

L’affaire Caméléon – Oublie-moi 9/11

-Cette histoire semble vous marquer.

-Pas plus que ça.

Le manteau glisse le long des bras fins. Les mains le rattrapent in extremis.

-Camelle…

Le sofa s’affaisse. Deux fois.

-Champagne, Milady ?

-Avec plaisir, my lord.

Les bulles pétillent. Les verres tintent.

Le jade semble fluorescent dans l’ambiance tamisée. La flamme des bougies s’y reflète.

-Vous le connaissez, n’est-ce pas ?

La fourchette s’arrête à mi-chemin. Une seconde. Deux secondes. Parvient à la bouche.

-Non.

-Camelle.

Une main s’empare tendrement de l’autre, frôlant les doigts du pouce. Des lèvres les caressent. Une bouche est essuyée. Un regard, douloureux.

-Ce n’est pas une histoire intéressante. Et elle a été classée, il y a longtemps.

-Avant les six ans?

-Bien avant.

-Ce n’est donc même pas la raison de votre départ…

-Absolument pas. Je suis partie soigner mes nerfs… et mon cœur.

-Oh…

Les sourcils se haussent.

-Vous préférez que l’on parle des raisons qui vous ont fait quitter le MI6, pour ne pas s’ouvrir sur le sujet du sieur Kali ?

-Ce n’est pas un homme mauvais. Le vrai, en tout cas. Celui de M n’est que mystification. Un leurre. Un faux. Un voleur d’identité.

-Et M est au courant ?

-Je me suis arrangée pour que le vrai Koda ne soit pas importuné. Rien ne pourra monter jusqu’à lui. Pas même vous. Ni Q. Et je l’ai fait suite à notre rencontre.

-La nôtre ?

-Non celle de Koda et moi.

-Vous n’avez pas peur d’en dire autant ?

-Nul n’est en position de me faire peur. À chacun ses tentacules, James. Les miens me permettent mille stratagèmes pour retomber sur mes pattes.

-Vous semblez sûre de vous…

-Je ne peux me fier qu’à moi.

-Même pas moi ?

-Vous êtes pareil à moi. Le devoir avant le reste.

Sourires complices. Les mains reprennent leurs places. Le repas se poursuit.

-Vous dîtes ça, mais ces informations n’ont pas été partagées avec M.

-Je sais ce qui risque de se passer. L’innocent paiera le prix du coupable. Et le tribut n’est pas vraiment plaisant.

-Vous l’aimez ?

-Koda ?

-Oui.

La fourchette donne du temps à réfléchir.

-Je n’en suis pas amoureuse, si c’est ce que vous sous-entendez.

-Je n’ai aucunement prétendu cela.

Le sourire se fait moqueur. Puis disparaît au contact d’autres lèvres.

¤

-Koda. Ne fais pas ça.

-Qui pourrait m’en empêcher ? Qui le souhaiterait ? D’une certaine manière, c’est ça qu’on attend de moi.

-Et les faire mentir, ça ne t’intéresse pas ?

-Ce sera fait en temps voulu. Pas avant. Pas après.

-Mais…

-Chut, Lilia. Pas un mot.

Un baiser doux. Quelques caresses…

-Ce n’était qu’un rêve.

Regret… ou remord ?

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