L'affaire Caméléon [James Bond]

L’affaire Caméléon – L’acidité te rongera le cœur 5/11

-007. Nous n’avons pas vraiment pu nous parler depuis votre retour de mission.

-Miss Moneypenny.

Surprise. Tu ne t’y attendais pas, hein ?

Mais en voilà une autre.

-007… Mademoiselle.

-K.M.L.

-Vous pouvez continuer de m’appeler Camelle.

Sourire doux. Regard de biche.

Jupe longue, blanche à pois gris. Chemisier blanc. Tresse et nœud.

Innocence. Leurre.

-Je vous présente miss Moneypenny.

-Oh ! Je vois ! C’est vous qui ne ratez jamais une cible ?

Elle ne répond pas. Serre la main tendue. Note le cordon usé autour du poignet. Et s’en va.

-L’aurai-je fait fuir ?

Visage vers lui. Mimique interrogative. Puis sourire moqueur.

-Vous semblez heureux de me voir, c’est fou !

Grimace.

-C’est parce que j’ai fait partir la demoiselle ? Bah ! Elle reviendra bien. Dans le cas contraire, elle n’en valait alors pas le coup.

Sourire espiègle. Clin d’œil. Jolie.

-Vous êtes bien jolie, aujourd’hui.

Pouffements.

Les mains gantées s’approchent du col de chemise.

-Et vous, vous avez mal mis votre cravate.

Approche discrète. Main sur la hanche.

-Vous me faîtes penser à un requin, Bond.

-Parce que je suis dangereux ?

-Parce que vous réagissez au parfum.

-La vanille.

-Je vous demande pardon ?

Étonnée. Figée. Curieuse. Questionneuse.

Poussée vers lui.

-L’odeur qui se dégage de vous. Ce « parfum » auquel vous faîtes allusion. C’est celui de la vanille.

Nez. Cou. Entêtante odeur.

-Une odeur bien douce, bien suave. Apaisante. Fourreau de velours pour une arme bien tranchante.

Petit rire. Pommettes roses. Cheveux dans les yeux.

-Vous vous faîtes charmeur, aussi.

-Je me plie à la séduction des femmes.

-Pliez-vous autant que vous le voulez, James, ce ne sera jamais assez !

Une ombre la happe. Reste la vanille. Et un foulard semblable à la jupe. Le poing se referme dessus.

Un sourire. Et au loin, un rire.

¤

-Vous devriez faire attention, agent Bond. Cette femme est dangereuse.

Sourcil haussé. Le gauche.

-Son dossier m’est passé entre les mains.

-Vous m’avez tiré dessus.

Soupir.

-Quand allez donc vous cesser de remettre ça sur le tapis ?

Énervement ? Non. Exaspération. Fatiguée.

-Allez savoir. Qu’a donc fait cette chère Camelle pour que vous lui en vouliez autant ?

-Parce que je semble vous intéresser.

Ton assuré. Regard amusé.

-M m’a convoqué. J’ai vraiment un dossier ? Je le croyais inexistant.

-Il l’est.

-Bonjour M.

-Je vous attends dans mon bureau, K.M.L.

-J’arrive, M. Jolie chemise.

La porte de bureau se referme.

-Je suis effectivement dangereuse. Mais l’humain l’est par nature.

Le mystère l’entoure, la drape.

-Miss Moneypenny. Si vous souhaitez quelque chose de la part de 007, soyez directe. C’est un conseil.

La porte se referme.

-Dois-je en conclure quelque chose ?

Sourire en coin.

-Sortez de ce bureau, 007. Vous n’avez rien à faire ici.

-Miss Moneypenny ? Faites-moi venir 007, je vous prie.

Sourire insolent. Défieur.

Regard noir, furieux. Geste sec. L’interphone grésille.

-Tout de suite, M.

Grésillements.

-Miss Moneypenny.

Visage de glace. Traits figés.

-M vous attends, agent 007.

Congédié.

-M ?

-007, vous allez être content.

-Vous m’en direz tant.

Regard vers la fenêtre. Elle est là. Sourire en coin et rire aux lèvres. Mains crispées sur la veste.

-Vous repartez sur le terrain.

-Rien de nouveau, là.

-Oh, taisez-vous, James !

Talons qui claquent. Pression sur la main. Odeur de vanille.

-007, K.M.L vous accompagnera. Son talent pourra vous être utile.

-Quel est l’ordre de mission ?

-Oh, rien que de très banal…

Laisser un commentaire