-007. Nous n’avons pas vraiment pu nous parler depuis votre retour de mission.
-Miss Moneypenny.
Surprise. Tu ne t’y attendais pas, hein ?
Mais en voilà une autre.
-007… Mademoiselle.
-K.M.L.
-Vous pouvez continuer de m’appeler Camelle.
Sourire doux. Regard de biche.
Jupe longue, blanche à pois gris. Chemisier blanc. Tresse et nœud.
Innocence. Leurre.
-Je vous présente miss Moneypenny.
-Oh ! Je vois ! C’est vous qui ne ratez jamais une cible ?
Elle ne répond pas. Serre la main tendue. Note le cordon usé autour du poignet. Et s’en va.
-L’aurai-je fait fuir ?
Visage vers lui. Mimique interrogative. Puis sourire moqueur.
-Vous semblez heureux de me voir, c’est fou !
Grimace.
-C’est parce que j’ai fait partir la demoiselle ? Bah ! Elle reviendra bien. Dans le cas contraire, elle n’en valait alors pas le coup.
Sourire espiègle. Clin d’œil. Jolie.
-Vous êtes bien jolie, aujourd’hui.
Pouffements.
Les mains gantées s’approchent du col de chemise.
-Et vous, vous avez mal mis votre cravate.
Approche discrète. Main sur la hanche.
-Vous me faîtes penser à un requin, Bond.
-Parce que je suis dangereux ?
-Parce que vous réagissez au parfum.
-La vanille.
-Je vous demande pardon ?
Étonnée. Figée. Curieuse. Questionneuse.
Poussée vers lui.
-L’odeur qui se dégage de vous. Ce « parfum » auquel vous faîtes allusion. C’est celui de la vanille.
Nez. Cou. Entêtante odeur.
-Une odeur bien douce, bien suave. Apaisante. Fourreau de velours pour une arme bien tranchante.
Petit rire. Pommettes roses. Cheveux dans les yeux.
-Vous vous faîtes charmeur, aussi.
-Je me plie à la séduction des femmes.
-Pliez-vous autant que vous le voulez, James, ce ne sera jamais assez !
Une ombre la happe. Reste la vanille. Et un foulard semblable à la jupe. Le poing se referme dessus.
Un sourire. Et au loin, un rire.
¤
-Vous devriez faire attention, agent Bond. Cette femme est dangereuse.
Sourcil haussé. Le gauche.
-Son dossier m’est passé entre les mains.
-Vous m’avez tiré dessus.
Soupir.
-Quand allez donc vous cesser de remettre ça sur le tapis ?
Énervement ? Non. Exaspération. Fatiguée.
-Allez savoir. Qu’a donc fait cette chère Camelle pour que vous lui en vouliez autant ?
-Parce que je semble vous intéresser.
Ton assuré. Regard amusé.
-M m’a convoqué. J’ai vraiment un dossier ? Je le croyais inexistant.
-Il l’est.
-Bonjour M.
-Je vous attends dans mon bureau, K.M.L.
-J’arrive, M. Jolie chemise.
La porte de bureau se referme.
-Je suis effectivement dangereuse. Mais l’humain l’est par nature.
Le mystère l’entoure, la drape.
-Miss Moneypenny. Si vous souhaitez quelque chose de la part de 007, soyez directe. C’est un conseil.
La porte se referme.
-Dois-je en conclure quelque chose ?
Sourire en coin.
-Sortez de ce bureau, 007. Vous n’avez rien à faire ici.
-Miss Moneypenny ? Faites-moi venir 007, je vous prie.
Sourire insolent. Défieur.
Regard noir, furieux. Geste sec. L’interphone grésille.
-Tout de suite, M.
Grésillements.
-Miss Moneypenny.
Visage de glace. Traits figés.
-M vous attends, agent 007.
Congédié.
-M ?
-007, vous allez être content.
-Vous m’en direz tant.
Regard vers la fenêtre. Elle est là. Sourire en coin et rire aux lèvres. Mains crispées sur la veste.
-Vous repartez sur le terrain.
-Rien de nouveau, là.
-Oh, taisez-vous, James !
Talons qui claquent. Pression sur la main. Odeur de vanille.
-007, K.M.L vous accompagnera. Son talent pourra vous être utile.
-Quel est l’ordre de mission ?
-Oh, rien que de très banal…
