-Bonjour, 007 ! Vous allez bien ?
-Oh, Camelle !
-La neige de Londres n’est pas des plus belles.
Moue.
Longue écharpe immaculée à pompons. Bonnet à mailles serrées. Gants de cuir à boucles de métal. Bottes à talons beige. Veste chaude et beige.
Les pommettes sont roses. Le sourire, éclatant. Quelques flocons perdus dans les mèches folles.
-Vous par contre, vous l’êtes bien.
-Tss…
Le rose fonce.
-Vous ne m’avez pas répondu. Vous n’avez plus de migraine ?
-Plus aussi violente que lors de notre mission conjointe…
-Dîtes tout de suite que c’est de ma faute !
Rire.
Cette femme n’est que moquerie et défi. Perpétuellement. Innocente ?
-L’agitation du MI6… Je n’avais encore jamais vu ça.
Ton rêveur.
Les gants sont tirés, les doigts remués, le froid chassé.
-M m’a nouveau convoqué. Et vous ?
-Je viens lui faire un rapport.
-Une fin et un début… Nous formons un beau symbole.
-Me permettez-vous de vous accompagner ?
-Ce serait un plaisir.
Cillements moqueurs. Bras proposé. Pris.
Quelques pas en bonne compagnie. Mais les gens sont pressés.
-Héléna !
Camelle se retourne. Cille.
-Oui, Gladys ?
-Tu as entendu ce qui se passe ?
-Non, je viens à peine d’arriver.
Délibérément ignoré, James écouta.
-Suis-moi, je vais t’expliquer en même temps.
Sans lâcher James, Camelle emboîta le pas de Gladys.
-Le grand patron a organisé une réunion générale. Une mise à l’info, quoi.
-Pardon ?
-Il a besoin de mettre le plus de services au courant.
-Mais de quoi ?
-Une menace, j’imagine… M’étonnerait que cela soit pour organiser une surprise-party !
La bulle de chewing-gum éclate à nouveau.
Les corps se pressent, se frôlent. Les interpellations sont nombreuses. Le brouhaha fait vibrer.
-James, vous survivez ?
Les lèvres ourlées frôlent l’oreille.
-Je pense avoir aperçu Q. Et vu les agents l’entourant, nos statuts nous permettent sûrement d’éviter de mourir écrasé.
-Je me remets à vous, James.
Frisson. Les lèvres quittent l’oreille. Au revoir Gladys. Et bonjour.
-Q.
-007. K.M.L.
-Bonjour Q !
Ton enjoué. Sourire.
-Quelle est dont la raison de cette agitation ?
-Q n’a pas le droit de le dire.
Arrivée de M. Ça fait quelque mois que son bras a retrouvé sa mobilité. Mais son caractère reste le même.
L’arrivée du « boss » calma la foule amassée.
N’importe qui pourrait faire exploser une bombe ici-même, le MI6 serait anéanti. Littéralement.
-Une menace, M ?
-Vous verrez, 007.
Q pianote toujours à un ordinateur. L’écran suspendu se couvre d’informations.
Camelle semble interpellée, écarquillant les yeux, mais ne montre plus rien la seconde d’après.
-Tout va bien ?
-Évidemment, James ! Pourquoi cette question ?
Parce que vos réactions m’étonnent.
-Koda Kali.
Gros plan sur une photo tirée d’un article du journal.
Homme de la vingtaine tirant sur la trentaine. Peau mate. Bouc noir. Yeux bleus.
-Ce jeune homme d’origine grecque est un requin de première. Il se trouve que ce monsieur s’amuse à nous menacer.
-C’est faux.
Murmure faible. Main serrée.
L’article est remplacé par d’autres. Une carte du monde comportant plusieurs épingles servaient de cheminement.
-Il est tel un monstrueux poulpe, avec des tentacules partout.
-Kali Koda… On dirait une comptine. Kali Koda.
Murmures, toujours.
-Pas un seul continent n’échappe à ses ventouses visqueuses.
-Même pas l’Antarctique ?
James ricane. Mais la main se resserre. Le regard se fait triste. Les épaules semblent se voûter.
-Il utilise des hackers pour s’immiscer dans les ordinateurs de dignitaires haut placés.
Pas de commentaires, cette fois.
