L'affaire Caméléon [James Bond]

L’affaire Caméléon – Et l’oubli est si tendre 8/11

-Bonjour, 007 ! Vous allez bien ?

-Oh, Camelle !

-La neige de Londres n’est pas des plus belles.

Moue.

Longue écharpe immaculée à pompons. Bonnet à mailles serrées. Gants de cuir à boucles de métal. Bottes à talons beige. Veste chaude et beige.

Les pommettes sont roses. Le sourire, éclatant. Quelques flocons perdus dans les mèches folles.

-Vous par contre, vous l’êtes bien.

-Tss…

Le rose fonce.

-Vous ne m’avez pas répondu. Vous n’avez plus de migraine ?

-Plus aussi violente que lors de notre mission conjointe…

-Dîtes tout de suite que c’est de ma faute !

Rire.

Cette femme n’est que moquerie et défi. Perpétuellement. Innocente ?

-L’agitation du MI6… Je n’avais encore jamais vu ça.

Ton rêveur.

Les gants sont tirés, les doigts remués, le froid chassé.

-M m’a nouveau convoqué. Et vous ?

-Je viens lui faire un rapport.

-Une fin et un début… Nous formons un beau symbole.

-Me permettez-vous de vous accompagner ?

-Ce serait un plaisir.

Cillements moqueurs. Bras proposé. Pris.

Quelques pas en bonne compagnie. Mais les gens sont pressés.

-Héléna !

Camelle se retourne. Cille.

-Oui, Gladys ?

-Tu as entendu ce qui se passe ?

-Non, je viens à peine d’arriver.

Délibérément ignoré, James écouta.

-Suis-moi, je vais t’expliquer en même temps.

Sans lâcher James, Camelle emboîta le pas de Gladys.

-Le grand patron a organisé une réunion générale. Une mise à l’info, quoi.

-Pardon ?

-Il a besoin de mettre le plus de services au courant.

-Mais de quoi ?

-Une menace, j’imagine… M’étonnerait que cela soit pour organiser une surprise-party !

La bulle de chewing-gum éclate à nouveau.

Les corps se pressent, se frôlent. Les interpellations sont nombreuses. Le brouhaha fait vibrer.

-James, vous survivez ?

Les lèvres ourlées frôlent l’oreille.

-Je pense avoir aperçu Q. Et vu les agents l’entourant, nos statuts nous permettent sûrement d’éviter de mourir écrasé.

-Je me remets à vous, James.

Frisson. Les lèvres quittent l’oreille. Au revoir Gladys. Et bonjour.

-Q.

-007. K.M.L.

-Bonjour Q !

Ton enjoué. Sourire.

-Quelle est dont la raison de cette agitation ?

-Q n’a pas le droit de le dire.

Arrivée de M. Ça fait quelque mois que son bras a retrouvé sa mobilité. Mais son caractère reste le même.

L’arrivée du « boss » calma la foule amassée.

N’importe qui pourrait faire exploser une bombe ici-même, le MI6 serait anéanti. Littéralement.

-Une menace, M ?

-Vous verrez, 007.

Q pianote toujours à un ordinateur. L’écran suspendu se couvre d’informations.

Camelle semble interpellée, écarquillant les yeux, mais ne montre plus rien la seconde d’après.

-Tout va bien ?

-Évidemment, James ! Pourquoi cette question ?

Parce que vos réactions m’étonnent.

-Koda Kali.

Gros plan sur une photo tirée d’un article du journal.

Homme de la vingtaine tirant sur la trentaine. Peau mate. Bouc noir. Yeux bleus.

-Ce jeune homme d’origine grecque est un requin de première. Il se trouve que ce monsieur s’amuse à nous menacer.

-C’est faux.

Murmure faible. Main serrée.

L’article est remplacé par d’autres. Une carte du monde comportant plusieurs épingles servaient de cheminement.

-Il est tel un monstrueux poulpe, avec des tentacules partout.

-Kali Koda… On dirait une comptine. Kali Koda.

Murmures, toujours.

-Pas un seul continent n’échappe à ses ventouses visqueuses.

-Même pas l’Antarctique ?

James ricane. Mais la main se resserre. Le regard se fait triste. Les épaules semblent se voûter.

-Il utilise des hackers pour s’immiscer dans les ordinateurs de dignitaires haut placés.

Pas de commentaires, cette fois.

Laisser un commentaire