L'affaire Caméléon [James Bond]

L’affaire Caméléon – Cette geôle où tu aimais tant oublier 7/11

-Migraine, James?

-Avec deux sucres, merci.

-Vous avez bu hier ?

L’agent releva la tête. Yeux rouges, traits tirés. Encore séduisant. L’essentiel est donc sauf.

-Tenez, buvez, ça devrait passer. Et je ne l’ai pas empoisonné.

-Je n’en doute pas.

-Vous avez fait commander et monter le petit-déjeuner ?

-Je ne me sentais pas la force de descendre…

Sourire en coin. Les cloches laissent place au petit-déjeuner façon anglais.

-Oh, des toasts !

La robe de chambre s’ouvre jusqu’à la cuisse, dénudant la jambe à la peau mate. Le décolleté s’écarte tout autant, laissant apercevoir le haut de la poitrine.

Et l’agent profite de la vue.

-J’espère qu’elle vous plaît.

-Beaucoup.

-Votre migraine est partie ?

-Elle est en train.

Voix rêveuse. Absorbée.

La jambe remonte, le tissu glisse. Le regard avec.

-Vous êtes un ignoble pervers, James.

-Et vous une horrible tentatrice, Camelle…

Une main sur la peau dorée, qui monte, qui monte. Stop. Une autre main.

-Déjà guéri ?

-J’ai lu il y a bien longtemps qu’un orgasme pouvait équivaloir à une aspirine.

-Tss, vous êtes irrécupérable.

-Je suis malade.

Sourire moqueur. Grimace de douleur feinte.

Une autre main prend le visage en coupe. Les lèvres se frôlent. S’amusent. Se moquent.

Se font désirer.

-Et il est vrai que je fais très bien l’infirmière…

-Votre attention envers vos malades est des plus exemplaires…

Elles s’attrapent. Ne se lâchent plus. Se répondent et s’aiment.

La langue sort. Goûte l’air. La peau. Sel.

Chemin de feu. Sentier brûlant.

Les lèvres se referment. Engloutissement. Happent. Dévorent.

Gare aux dents.

Les mèches cuivrées se froissent. S’emmêlent. Une main rejoint l’autre.

Et l’extase. Le plaisir.

L’aspirine réclamée.

La robe de chambre glisse des épaules, s’écrase au sol. La nudité dorée capte les rayons froids du soleil. Resplendit.

Et il l’admire. La caresse. La frôle.

Les dents se referment sur la clavicule. Se resserrent. Marquent.

Grognements de douleur. De plaisir. Extase. Étoiles.

Mais le téléphone sonne. Les coupe.

Frustration. Masculine.

Sourire en coin. Féminin.

-Camélia, j’écoute. Oh ! Bonjour, Q ! Comment vous portez-vous ?

La voix mêle douceur et fraîcheur. Un côté enfantin et poli.

La jalousie croque un toast. Ses yeux observent le ballet occasionné par le mouvement des jambes. La robe de chambre de soie blanche s’enroule. Tourne. Caresse. Glisse.

Le toast craque, se fend, sous les dents. Rythme nerveux.

-D’accord. Oui, Q, j’ai compris, je vais lui transmettre. Merci.

Un grand sourire plein de dents blanches étincelantes.

Et un cœur qui est étreint.

-Oui, Q. Encore merci. C’est ça, je vous embrasse.

Le téléphone est raccroché. Le toast est tombé. Les traits du visage sont crispés.

-James ? Votre migraine vous suit encore ?

La chaise reprend sa propriétaire. Une main chaude se dépose sur la cuisse musclée.

-Repartez vous coucher, James.

Inquiétude sincère.

Canine dans lèvre.

Papillon sur la joue. Sucré. Doux.

-Et, avant que vous ne me le proposiez, non, je ne compte ni vous rejoindre, ni vous accompagner.

Grimace dépitée.

-Je vous connais suffisamment, James.

Moqueries douces.

Une main caresse les cheveux blonds, puis la joue.

-James, un peu raisonnable ?

La porte se referme.

-Un vrai gamin.

Se levant, elle s’approche de la porte-fenêtre.

Il fait beau. Le soleil luit. Les oiseaux ont fuit.

Téléphone.

-Allô ? Oui, c’est moi.

-…

-Non, il ne se doute encore de rien.

-…

-Non plus. Pas de soupçons. En tout cas, il ne m’en a pas fait part.

-…

-Oui, ça commence.

-…

-Exactement. Les effets secondaires se font sentir. Dois-je tout de même continuer ?

-…

-Si je vous le demande, c’est bien parce que je ne souhaite pas en prendre la responsabilité.

-…

-Non, ce n’est pas mortel ! C’est juste que si nous devions continuer à travailler en partenariat, j’ai peur des réactions physiques occasionnées par une trop grande accoutumance.

-…

-Non, aucun risque d’addiction.

-…

-Le bonjour chez vous.

Le téléphone claque. Tombe.

Insulte.

La porte se ferme sans bruit.

Un sourire rêveur naît derrière la vitre.

Une grimace d’incompréhension et du sentiment de trahison naissant derrière la porte.

Oh, Camelle…

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