Le lendemain, Flora se réveilla dans sa chambre. Elle ouvrit grand ses yeux noirs et fonça dans la chambre de son meilleur ami. Elle passa comme un éclair, bousculant les gens sans les voir et ouvrit la porte. La chambre était vide. Elle se laissa tomber à terre et un torrent de larmes secouèrent ses épaules. Des mains malhabiles, voulant être réconfortantes, la serrèrent maladroitement.
-C’est toi L ?
-Oui.
-Il est parti… sans nous dire au revoir !
-Flora…
-Pourquoi il m’a rien dit ?
-Flora, remonte te changer. Ça ne sert à rien de pleurer. Il ne reviendra pas.
-B… est… parti…
L la souleva doucement et l’aida à aller dans sa chambre. Elle était aussi docile qu’une poupée de chiffon. Elle était hébétée… Elle entra dans la salle de bain et, mécaniquement, se lava et se changea. En sortant de la pièce d’eau, elle aperçut L qui était assis sur le lit.
-Ça va mieux ?
-Un peu.
-Reprends-toi. C’est la règle dans ce pensionnat. Un moment à l’autre, il faut tout quitter…
-L…
-Flora ?
-Jure-moi de ne pas me quitter sans raison valable ! Sans explication !
-Je te le jure Flora… tu viens manger ?
-Tu es encore en pyjama Lawli.
Quand Flora vit le regard triste de L, elle remarqua qu’elle avait parlé comme B.
-Oh ! Je suis désolée… On était proche, très proche, j’ai pris ses réflexes et ses intonations.
-Il va te falloir du temps…
-…
-Je vais me changer, vas-y, je te rejoins.
Mais Flora n’avait pas faim. Comme la tradition le voulait, personne ne lui souhaita un joyeux anniversaire. La « star » du jour avait le regard vide et n’avait pas l’air heureuse. Sentant les regards sur elle, elle se composa un visage enthousiaste. Mais son meilleur ami était parti…
En se servant un bol de lait, elle se rappela son premier anniversaire.
Elle était en train de pleurer dans une salle abandonnée. Personne ne lui avait souhaité un bon anniversaire et elle n’avait pas d’ami…
La porte s’était soudain ouverte sur un petit garçon avec des cheveux noirs et des yeux rouges. Il s’était approché d’elle.
-Pourquoi tu pleures ?
-Aujourd’hui c’est mon anniversaire et personne me l’a fêté…
-Personne ?
-Personne !
-Ici, on fait comme ça. T’inquiètes pas !
-Tu veux bien être mon ami ?
-Pardon ?
-J’ai pas d’amis et tu es gentil.
-Pourquoi pas ? Après tout…
Elle s’était levée et l’avait serré dans ses bras.
-T’es le plus beau cadeau d’anniversaire que j’ai jamais eu !
-Joyeux anniversaire… Comment tu t’appelles ?
-On m’appelle France.
-On m’appelle Backup.
-C’est pas un nom, « soutien ».
-Bah c’est le mien. Tu peux m’appeler B, aussi.
-D’accord…
