Droit dans les yeux [Death Note]

Droit dans les yeux – Promenade dans les bois 6/6

-Eh bien ! Vous avez l’air pleinement en forme les garçons ! S’exclama Flora.

Aussitôt, les oreillers tombèrent au sol et les garçonnets se tortillèrent, mal à l’aise et rouges de honte. Le sourire de leur grande sœur était lumineux, mais un peu psychotique.

-Bref ! Vu que votre taux d’énergie m’a l’air assez débordant… commença-t-elle.

Un frisson parcourut le corps des petits, accompagné d’une sueur froide.

-Une promenade à travers champs avec L et moi, ça vous dit ? Termina la fillette.

Les garçonnets sautèrent de joie en poussant des cris d’allégresse.

-Du calme les garçons ! Au lieu de faire les lutins, habillez-vous ! Tenta de les raisonner la jeune fille. Sauf si… sauf si vous préférez vous balader quasi-nus !

Mello piqua un fard et il disparut dans son placard, en quête d’habits plus ou moins sortables, tandis que Matt récupérait son T-shirt vert d’eau rayé de bleu marine. Il plaça ses goggles dans ses cheveux en bataille et s’assit sur le lit, le temps d’enfiler ses baskets éculées. Le blond sortit du meuble, habillé d’un jean gris-bleu et d’une chemise parme à manches courtes. Une ceinture vert foncé entourait son bassin et ses baskets blanches étaient déjà mises en place.

Tous les trois, ils allèrent prendre place dans le réfectoire, le temps de se rassasier convenablement. Voyant leur empressement, Flora éclata de rire et leur fit gentiment remarquer qu’ils pouvaient prendre tout leur temps… Les garçonnets rougirent et mirent un frein à leurs impatiences, mais ils ne purent s’empêcher de gigoter et de se trémousser sur place, accentuant la crise de rire de leur grande sœur.

Cette dernière rejeta la tête en arrière pour rire à son aise. Des bras nerveux s’enroulèrent autour de sa gorge et la plaqua contre un torse maigre, mais musclé. Un visage se pencha sur le sien, faisant frôler leurs nez et loucher la jeune fille. Les cheveux courts et noirs pendaient autour du visage fin.

-Alors, murmura-t-elle, la réponse de Roger ?

-Il accepte… À condition de ne pas se faire remarquer plus que de raison…

-Cool, chantonna Flora en se redressant et en poursuivant son petit-déjeuner.

-L ? Commença la petite voix hésitante de Matt.

-Hm ? Répondit celui-ci en prenant place auprès de sa meilleure amie et en prenant d’assaut le pot à sucres pour construire une cabane avec ces matériaux improvisés.

-Pourquoi cette soudaine envie de te balader à l’extérieur de la Whammy’s ? Toi qui n’aime pas montrer ton visage…

-Eh bien… Ça fait partie des choses inexplicables… Une soudaine envie de passer cette journée avec ma petite famille adorée…

Bien que la phrase avait été énoncée sur un ton léger et joyeux couronné par un sourire éclatant, Flora frissonna en comprenant le sous-entendu et en captant la lueur de tristesse dans les pupilles charbons de son presque-frère… Elle se força tout de même à sourire chaleureusement tout en se serrant contre L, imperceptiblement plus qu’à l’ordinaire. Cette proximité soudaine fit se sentir mal à l’aise le plus vieux. Cette étreinte trahissait la crainte de ne plus se revoir et l’amour qu’elle lui portait. Un ombre de tristesse passa sur son visage et dans ses yeux rapidement, alors que son cœur se déchirait. Ses phalanges blanchirent sur l’anse de la sucrière, trahissant le cafouillage intérieur du jeune homme. Une main fine recouvrit les doigts longs et noueux.

Relevant les yeux, il croisa deux feuilles et deux gouttes d’eau. Les deux petits étaient tellement impatients qu’ils avaient fait fi des conseils de leur grande sœur et avaient engloutis en un temps de record leur ration nourricière, et maintenant ils le fixaient, une lueur d’espoir grandissant dans leurs pupilles brillantes. Les deux plus vieux soupirèrent en cœur, mais ils finirent par se lever, suivis de l’angelot et du diablotin qui sautillaient sur place, des étoiles dans les yeux, lâchant de petits cris de bonheur qui faisaient sourire la jeune fille.

Une fois la grille dépassée et le bâtiment derrière eux, les M & M’s se mirent à courir partout, monter dans les arbres, poursuivre les papillons, cueillir des bouquets qu’ils allaient porter à Flora, se laisser tomber dans l’herbe, s’échanger des coups pour rire, tourner autour des adolescents…

Flora les poursuivit un instant, les faisant rire tous les quatre. Matt et Mello n’étaient pas en reste, ils se prenaient au jeu, jouant les effrayés, lâchant des hurlements de peur plus vrais que nature faisant douter certaines fois à France de la personne qui devait avoir peur. L les observait de loin et souriait devant une France aux cheveux ébouriffés, aux joues rougies et au souffle court qui s’écroula auprès de lui. Il passa son bras sur ses épaules, cherchant à la rapprocher de lui innocemment.

Laisser un commentaire