Le silence de la pièce bleue ne fut plus troublé que par la respiration régulière des petits et de la plus grande.
Doucement, la belle Irlandaise se libéra de leur étreinte et les porta dans leur lit, leur enfilant leur pyjama, sans les réveiller. Elle referma la porte délicatement et fonça… dans le ventre de son meilleur ami.
-Je te cherchai.
-Tu m’as trouvé, on dirait.
Elle avait utilisé un ton ironique.
-Viens. Suis-moi.
-Où ?
-Dans ma chambre. On y sera au calme.
-D’accord.
Docilement, elle lui emboîta le pas. En parfait gentleman, L lui ouvrit la porte et la laissa passer. Ils s’assirent tous deux sur le lit fait, froissant la couverture bleue. Le jeune brun se tourna vers son amie et lui prit la main. Il n’arrivait pas à la regarder, alors il fixait le mur derrière elle.
-France…
-L ?
-Sache d’abord que je n’ai pas choisi ça. C’est Roger qui me l’a annoncé.
-…
-Je vais devoir partir.
-Quand ?
Il baissa la tête et observa la main de sa meilleure amie.
-Le lendemain de mon anniversaire.
-Dans trois jours…
Elle l’avait dit dans un souffle.
-Oui. Je te répète, ce n’est pas mon initiative, mais ce…
-Mais je m’en fous de savoir qui a choisi !
-Je reviendrai te voir, je te le promet.
-Je… je ne veux pas que tu partes. Pas tout de suite, je t’en supplie !
Elle avait éclaté en sanglots, et penché la tête en avant. Le futur détective la prit dans ses bras et lui caressa les cheveux, tentant de la bercer, peu habitué à ce genre de gestes. Il nicha son visage dans le cou blanc de la pleureuse. Avec toute la tendresse qu’il pouvait, il l’y posa des petits baisers. Il repoussa les cheveux de l’autre côté du cou et le mordilla lentement. Il remonta un peu et lui lécha le lobe de l’oreille. Sa main droite glissa dans le dos de Flora et la passa sous son T-shirt violet, lui caressant les côtes, puis le ventre. Cette même main glissa sous le pantalon, mais une poigne autoritaire la retira.
France se détacha de l’étreinte de son ami. Elle plongea ses yeux noirs rougis par les pleurs dans ceux de son vis-à-vis. Mais ce dernier pouvait apercevoir l’air sérieux et ferme de Flora.
-Dé… désolé… Je ne sais pas ce qui m’a pris…
Flora relâcha la main et soupira. Elle posa sa tête sur l’épaule gauche de L et passa de nouveau ses bras autour du cou de ce dernier. Sagement, celui-ci ne fit que croiser ses mains dans le dos de la jeune fille. Il approcha sa bouche de l’oreille de cette dernière.
-Joyeux anniversaire Flora…
-Merci…
Elle se serra plus fort contre lui, frotta son nez contre le cou pâle et… s’endormit. Ce qui fit sourire L. Il l’embrassa délicatement sur le front, s’adossa contre le mur un peu plus confortablement et fit de même. Au réveil, ce fut un Roger étonné et un peu choqué de cette promiscuité qui réveilla les deux amis.
L s’étira doucement. France étouffa un bâillement.
-Ouah… Pardon. Bien dormi ?
-J’ai la nuque raide, mais sinon, tout va bien ! Et toi ?
-Mof…
Le garçon sentit son cœur se serrer en se disant qu’il l’avait peut-être empêché de dormir.
-Comment ça ?
-J’ai fait des cauchemars…
Malgré lui, il soupira d’aise, heureux de savoir qu’il n’y était pour rien.
-Heureuse de voir que ça te fait plaisir…
-J’ai cru que c’était de ma faute.
Il l’enlaça tendrement par derrière et l’embrassa avec la même tendresse sur la joue. Elle se releva.
-Bon, je vais dans ma chambre. À tout à l’heure.
-À tout à l’heure.
