Genres : Fantastique – Suspense – Romance / One-shot
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Résumé : Une nouvelle arrive. Elle est hypnotisante… C’est une panthère, et je ne suis rien… Tout pour un regard !
Bonne lecture !
La porte s’ouvrit, grinçant un peu. Tous firent silence et retinrent leur souffle.
Le directeur entra et parla un peu au professeur qui hocha la tête. Le directeur passa la tête par l’entrée et appela quelqu’un d’un simple : »viens, toi ! ».
C’est à ce moment que ma vie bascula.
Une splendide créature entra. Sa peau était un peu dorée, ses yeux étaient de charbon et ses cheveux étaient roux flamboyants. On aurait dit qu’un feu était allumé sur sa tête.
Elle nous fit face et nous jaugea du regard. Je remarquai que je ne respirai plus.
« Voici votre nouvelle camarade de classe. Saloméa va intégrer cette école pour raisons familiales et… »
Le directeur continuait son petit monologue, je surveillai la nouvelle venue. Elle leva les yeux vers le plafond et passa sa main sur le visage, comme pour effacer une tache. Je notai qu’elle portait une mitaine noire un peu déchirée et un bracelet émeraude avec des lacets de cuir entrelacés.
Elle croisa mon regard et sourit un peu, ce qui dévoila ses dents blanches et magnifiques.
« -Bref, je vous laisse continuer votre cours.
-Tu peux aller t’asseoir à côté de la fenêtre. »
Le directeur sortit et la rousse, d’une démarche chaloupée, rejoignit sa nouvelle place. Elle était de l’autre côté de la classe et je devais me tordre le cou pour pouvoir l’apercevoir.
Je ne me lassai pas de l’observer. Le soleil se reflétait sur ses cheveux et donnait encore plus l’impression de feu. Elle me sourit une nouvelle fois.
Le cours se poursuivit, mais j’attendais avec impatience sa fin pour la récréation. Une fois la sonnerie retentit, je rangeai mes affaires à la va-vite et l’attendis devant la porte.
Elle passa devant moi et je la pris par le bras. Elle me regarda, une lueur de surprise dans les yeux, la bouche un peu entrouverte laissait voir ses dents d’ivoire.
« -Euh… Je me suis dis que… tu voulais peut-être visiter ?! »
Je lui lâchai le bras, elle se redressa un peu, une main sur la lanière droite qu’elle avait enfilée, et l’autre avec le pouce passé dans l’un des passants de son jean bleu clair. Ses cheveux étaient attachés en une sorte de tresse un peu lâche que je n’avais pas vu faire. Ses yeux noirs me sourirent et sa bouche dévoila de nouveau ses dents.
« -Je veux bien. »
Sa voix chantait un peu et elle était faite de carillon et de flûte.
Je l’emmenai aussitôt visiter l’établissement, lui racontant du mieux que je pus certains mystères (pourquoi l’escalier se coupe en deux ?) que tous nouveaux se demandent la raison. Mais les cours reprirent et nous furent éloignés l’un de l’autre.
Je lui lançai quelques coups d’œil et elle souriait à chacun puis reprenait sa leçon ou ses devoirs. À la fin des cours, je l’attendis et nous sortîmes ensemble.
Je faisais toute la conservation, elle ne faisait que sourire, me regarder ou hocher la tête.
Puis, elle s’arrêta devant le portail forgé d’une grande et luxueuse propriété.
« -Je suis arrivée chez moi, m’annonça-t’elle.
-Ah. À demain alors !
-À demain… répondit-elle. Tu t’appelles comment ?
-Loan de Marolann. Avec deux n à Marolann, ajoutai-je. Et toi ?
-Saloméa Sofia Claudiane Toledo y León. Mais je préfère Salomé, précisa-t’elle.
-Ok.
-À demain. »
Elle poussa la porte forgée, marcha dans le jardin, gravit les degrés et poussa la porte du plat de la main. Elle se retourna et me salua de la main avant de disparaître dans la demeure.
Je continuai mon chemin et rentrai chez moi. Ma sœur de 17 ans était dans sa chambre en train d’apprendre je-ne-sais-pas-quoi de « trop complexe pour nos cerveaux hypertrophiés » pour la semaine, mon frère de de 12 ans jouait à Prince of Persia III sur la wii et ma jumelle me salua de la cuisine où elle se préparait un goûter. Je la rejoignis vite et mangeai le gâteau au chocolat qu’elle avait fait en rentrant.
Nous sommes très proche l’un de l’autre, malgré le fait que nous soyons faux-jumeaux. Nous sommes tous deux bruns mais ses cheveux sont plus foncés et nos yeux ne sont pas de la même couleur. Je les ai vert, tandis qu’elle les a noisette.
Sinon, nous avons la même morphologie : grand et élancé.
Nous sommes tous deux en 3°, mais dans deux établissement différents. Nos parents pensent qu’il faut éviter de trop s’attacher, car ils ont peur que plus tard on ne puisse plus se détacher « l’un de l’autre ».
« -Tu as passé une bonne journée ? Lui demandai-je.
-Bof… La prof de latin était absente et celle d’allemand nous rempli l’agenda.
-Pas de chance ! Tu veux de l’aide Cilia ? »
Nom de « code ». Elle s’appelle Gwendoline. Quand nous étions petits, c’était les noms qu’on utilisait. Depuis, on ne les prononce qu’une fois seuls ou dans nos messages… codés la plupart du temps !
« -Avec plaisir Jonathan. Et toi ?
-On a une nouvelle, annonçai-je.
-Elle s’appelle comment ?
-Saloméa Sofia Claudiane Toldo y León.
-Assez long.
-Elle préfère Salomé.
-Je la comprends, dit-elle en hochant la tête. Elle est comment ?
-Rousse, avec des yeux noirs de chez noirs et la peau un peu dorée.
-Je vois.
-Elle est très grande et sourit beaucoup, continuai-je les yeux rêveurs pendant que je la revoyais dans ma tête. Elle a des dents très blanches, aussi. Elle ne parle pas beaucoup, sinon elle a une voix assez… musicale.
-Hin hin…
-Elle est à côté de la fenêtre, elle ne parle à personne.
-Tu me la présenteras ?
-Bien sûr ! Assurai-je, trop ravie de pouvoir la présenter.
-Petit frère…
-Hm ? Demandai-je d’un ton léger.
-Tu es amoureux ! »
Je m’étouffai et bus aussitôt mon verre de grenadine. Puis je me levais, sans répondre, la tête droite, et débarrassai mon assiette, sous le regard amusé de mon double féminin qui sirotait tranquillement son verre de jus d’orange, ses yeux noisettes étaient cachés par les verres bleutés de ses lunettes fantaisies. Je sortis de la cuisine sans prononcer un seul mot. Je partis dans ma chambre faire mes devoirs que j’expédiai aussitôt.
Au repas, Gwendoline et moi, nous nous échangeâmes des regards. Je lui faisais signe de ne rien dire et d’arrêter de comprendre des choses fausses qui ne la concernent nullement sur des gens qu’elle ne connait guère. Je la fusillai du regard et elle me sourit mystérieusement. Mais elle ne pipa mot avant la fin du repas pour souhaiter le bonsoir et d’annoncer qu’elle allait se coucher. Passant derrière moi, elle me tapa la tête gentiment.
« -Ouvre tes yeux devant la réalité ! »
Et elle partit après m’avoir cela dans le creux de l’oreille d’un ton sentencieux. Je levai les yeux vers le plafond en soupirant. Mais enfin ! Ça se voit, non, que je ne suis pas amoureux d’elle ! De plus, je ne la connais que depuis ce matin. On ne peut pas avoir un coup de foudre aussi vite, voyons ! Tout le monde sait ça ! Surtout les filles ! Quoique…
Comme ma jumelle, je me levai et proclamai que j’étais rassasié et que j’étais trop crevé pour rester à table, donc que j’allai me coucher.
Je fermai ma porte et enfilai mon pyjama, constitué d’un jogging noir et d’un large T-shirt violet. Puis je m’allongeai sur mon lit à couverture vert d’eau et posai ma tête sur l’épais oreiller, fixant le plafond. Dans le noir, la lumière rassurante du lampadaire changea la couleur habituellement blanc cassé du plafond en la couleur rousse des cheveux de Salomé. C’est avec cette superbe couleur dans les yeux que je m’endormis, les songes peuplés du visage de la nouvelle fille…
Au réveil, je dus accepter l’ultime vérité : je suis fou de cette ado aux cheveux de feu et aux yeux onyx… Me levant, j’allai prendre une douche et en profitai pour coincer ma tête sous l’eau gelée pour me remettre les idées en place. Je descendis dans la cuisine et saluai Gwendo’ qui n’avait pas l’air plus réveillée que moi. Je lui fis un salut de la tête auquel elle répondit d’un cillement. Le petit-déjeuner se passa dans un silence seulement troublé par nos respirations, l’engloutissement de nourriture et le bruit du frigo.
En sortant de la maison, l’air frais s’engouffra dans mon manteau, ce qui acheva de me réveiller. Je passai devant la porte forgée au moment-même où la rousse qui m’avait hanté toute la nuit sortait. Elle me fit un large sourire et me salua tout en fermant le portail à clé.
« -On fait le trajet ensemble ? Me proposa-t’elle.
-Je n’osai pas te le proposer, avouai-je en rougissant. »
Je suis enclin à rougir facilement, ce qui ne rend pas ma vie facile, objet de moquerie des garçons pour mon teint tomate ou commentaires des filles du genre : « il est tellement mignon quand il rougit…! », commentaires que je déteste, au passage…
C’est dans le silence que le trajet jusqu’à l’établissement se fit. Étonnamment, ça me combla plus qu’autre chose.
La semaine passa ainsi, nous faisons nos trajets ensemble, ne nous parlant que si nécessaire. Et j’appréciais ces moments de calmes. Un mois passa sans se faire remarquer, et la rouquine et moi passions de plus en plus de temps ensemble. Je n’avais toujours pas osé me déclarer, mais j’avais l’impression qu’elle avait deviné mes pensées envers elle…
« -Loan ? Ça te dis de venir chez moi samedi ?
-Ouais !?
-Par contre, il ne faudra le dire à personne !
-Bien sûr ! »
J’étais très heureux. Trop heureux, même ! J’étais invité par la plus belle fille au monde… Je n’avais qu’une envie : courir, sauter et embrasser tout le monde ! Mais au lieu de tout ça, je restai planté là.
En regardant ses yeux, je remarquai qu’ils étaient dilatés. Ses dents étaient sortis de la bouche, dans un sourire un peu carnassier.
Samedi arriva. Prétextant un devoir à faire avec un ami, je sortis et rejoignis Salomé chez elle. Je sonnai. Elle ouvrit la porte et un sourire éclaira son visage et ses yeux. Mais un vrai sourire chaleureux, elle qui d’habitude préférait des sourires un peu plus… discret.
J’entrai. Elle ferma la porte derrière moi, à clé.
Elle m’emmena jusqu’au salon, me tirant par les poignets et me fit tomber sur le canapé avant de se laisser tomber à mes côtés.
Je la regardai. Elle avait pris mes mains dans les siennes et son visage était trop proche du mien par rapport à l’ordinaire. Nos pieds et nos jambes s’emmêlèrent. Son visage s’approcha encore un peu plus. Finalement, ses lèvres se posèrent sur les miennes.
J’écarquillai les yeux, surpris et ne répondis pas. Mon cœur débordait de joie ! Je ne fis pas un geste, tellement ma surprise et mon bonheur m’engourdissait et me paralysait… Mon esprit était focalisé sur ces lèvres si douces au goût de miel.
Elles me relâchèrent et Salomé me regarda dans les yeux. Je vis dans les siens de la tristesse, mais je ne compris pas pourquoi sur le coup. Elle me lâcha les mains et baissa la tête. Je les passai dans son dos et l’embrassai à mon tour. Un éclair de surprise passa dans ses yeux aussi sombres que la nuit. Sa bouche se détacha de la mienne pour dériver vers mon cou. Je l’embrassai alors sur le front avant de me raidir d’un coup.
Je sentis comme une morsure. Sa tête se releva et son regard croisa le mien. Je vis sa bouche articuler le mot « désolée », badigeonnée de sang.
Je perdis connaissance, regrettant de n’avoir pu me déclarer avant…
